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Equipe nationale – Algérie : A la recherche d’une âme, d’un équilibre et d’une identité de jeu

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Algérie Foot – C’est l’heure de faire le vrai bilan pour le sélectionneur national Vladimir Petkovic après les deux stages de mars et juin et les quatre matchs disputés, notamment les deux derniers, officiels, dans le cadre des éliminatoires du Mondial 2026.

Maintenant que les lampions sont éteints et que les caméras sont cachées dans leurs étuis, le sélectionneur national, Vladimir Petkovic, devra se poser pour établir le vrai bilan de ses quatre mois passés à la tête des Verts. En attendant de connaître, le 4 juillet prochain, les adversaires de l’équipe nationale dans la course aux éliminatoires de la CAN 2025 au Maroc, Petkovic et son staff sont appelés à passer au peigne fin tout ce qui s’est déroulé lors de cette période, notamment sur le double plan technique et management (choix de l’effectif, entraînements, …).

Sur ce dernier point, celui de l’effectif, l’ancien sélectionneur de la Suisse n’a pas tout vu puisque plusieurs éléments n’ont pas pris part aux stages et encore moins aux matchs disputés jusqu’ici, à l’image du capitaine Riyad Mahrez dont on annonce le retour prochainement et surtout une rencontre entre ce dernier et le coach national. L’occasion d’aplanir le moindre différend, si différend il y a, et la moindre incompréhension, afin de faire en sorte que la suite des événements soit en faveur et dans l’intérêt seul de la sélection, loin des clivages et autres règlements de compte.

Comparer Petkovic à Belmadi, pour avancer et non pas pour offenser

Force est de constater que depuis 2019, les Verts n’ont eu aucune peine à se qualifier aux phases finales des CANs (2019, 2021 et 2023). Sous la houlette de Djamel Belmadi l’équipe a toujours décroché son billet qualificatif une à deux journées avant la fin de la phase qualificative. Même lors des éliminatoires du Mondial 2022 au Qatar et mis à part le match-retour fatidique des barrages contre le Cameroun, les Verts ont souvent assuré un sans-faute.

Ce qui n’est pas le cas pour la campagne des éliminatoires du Mondial 2026 où le faux-pas, de surcroit à domicile contre la Guinée, est venu remettre en cause beaucoup de choses. Certes, l’équipe s’est ressaisie trois jours après à Kampala face à l’Ouganda (2 à 1), mais elle a laissé paraître plusieurs lacunes que le président de la fédération, Walid Sadi, a voulu tout de suite mettre sur le dos de la dernière déconvenue de la CAN 2023 en Côte d’Ivoire.

Un raccourci que Sadi a pris juste pour enfoncer davantage l’ex-sélectionneur auquel il voue, apparemment, une rancune tenace car le ‘’traumatisme’’ dont il parle n’est pas forcément la raison de la défaite face à la Guinée ni la première mi-temps catastrophique contre l’Ouganda.

Et pour cause, après l’élimination face au Cameroun, en mars 2022, la sélection n’avait pas une date FIFA pour disputer des matchs amicaux afin de panser ses ‘’blessures’’, comme ce fut le cas en mars dernier, bien au contraire elle a dû rentrer de plain-pied dans la phase qualificative de la CAN 2023 en juin de la même année (2022). En effet, les hommes de Djamel Belmadi avaient enchainé trois victoires d’affilée : l’Ouganda à Alger (2 à 0) et la Tanzanie à Dar Essalam (2 à 0), et l’Iran en amical à Doha (2 à 1). Ce qui a permis à la machine de redémarrer de nouveau, avec cet esprit de revanche et cette envie retrouvée de mieux faire. 

De plus, toute l’agitation faite autour des sorties des Fennecs dans le cadre du tournoi FIFA Séries en mars contre la Bolivie (3 à 2) et l’Afrique du Sud (3 à 3) ne présageaient pas, selon les mêmes responsables de la fédération, une déconvenue face à la Guinée et la perte de trois précieux points qui auraient pu mettre davantage l’équipe nationale à l’abri des calculs et des mauvaises surprises. Bien au contraire, plusieurs relais et sous-traitants médiatiques se sont évertués à annoncer trop vite un renouveau de la sélection sous la conduite d’un Petkovic qualifié d’homme de la situation.   

Retrouver les vertus et améliorer le contenu

Dans un groupe de quatre où les deux premiers seront qualifiés pour la phase finale de la CAN chez le voisin de l’ouest, l’Algérie ne devrait pas éprouver de grandes difficultés, même si elle est condamnée à se redresser rapidement avant le mois de mars 2025 où deux autres journées (5ème et 6ème) des éliminatoires de la Coupe du Monde 2026 l’attendent avec au menu une double confrontation contre le Botswana. L’objectif étant de faire mieux lors de la phase finale des deux dernières éditions (2021 et 2023) où la sélection n’a pu dépasser le premier tour. Cela ne peut être atteint que si l’on retrouve les vertus d’un passé récent et améliorer le contenu, pour le rendre plus efficient.

Conscient certainement de cette vérité, Petkovic serait probablement tenté de mettre à profit les six matchs des éliminatoires de la CAN 2025 prévus en septembre, octobre et novembre prochains, pour redonner une âme à son équipe, retrouver les équilibres qui faisaient sa force il n’y a pas si longtemps et surtout une identité de jeu qui lui permettrait de performer de nouveau. Car c’est sur le plan tactique que de grosses interrogations restent légitimement posées.

Si l’on se réfère aux rapports Wyscout des deux derniers matchs officiels, les débuts de Vladimir Petkovic, que certains ont vite voulu comparer à ceux de son prédécesseur ne sont pas aussi meilleurs (4 points pour Belmadi, soit un nul en Gambie et un succès contre le Bénin lors des éliminatoires de la CAN 2019, et 3 points pour Petkovic, une défaite face à la Guinée et une victoire contre l’Ouganda, sur la route du Mondial 2026), et ses choix, restés sur un 4-3-3 de base. C’est avec ce schéma que les Verts ont joué contre la Guinée à Nelson Mandela, durant toute la partie. Le même dispositif est reconduit face à l’Ouganda durant toute la première mi-temps à Kampala, où l’équipe est passée à côté. De retour des vestiaires, les coéquipiers d’Ismaël Bennacer sont passés à un 4-4-2, phase durant laquelle ils ont renversé la vapeur (2 à 1), avant de passer à un 4-3-2-1 de la 74ème à la 85ème minute pour finir carrément la rencontre avec un bloc défensif renforcé en 5-4-1.

Du coup, les choix de mars, ceux de construire autour de Yacine Brahimi et Yacine Benzia essentiellement, se sont avérés non-concluants en juin, où Petkovic semblait plus enclin à revenir aux fondamentaux laissés par Belmadi que de révolutionner l’équipe, mais avec toutefois l’obligation de trouver des solutions dans l’animation offensive à partir d’un milieu de terrain à repenser, et dans le secteur défensif, où la stabilité et la sérénité ne sont pas au encore rendez-vous, surtout en l’absence d’une pièce aussi importante : Bensebaïni.

C’est dire le chantier ouvert qui attend toujours Vladimir Petkovic, d’autant que lors des éliminatoires de la CAN 2025, son équipe peut hériter d’un groupe relevé avec de sacrés clients si on considère la composante des autres chapeaux autres que celui des têtes de série. Des adversaires comme le Ghana, la Guinée (encore !), l’Angola, le Cap Vert ou bien la Zambie, pour ne citer que ces nations, risquent de croiser la route des Verts et ne seront pas forcément une partie de plaisir, même si cette adversité est nécessaire pour grandir.  

Le fait également que le calendrier international ne laisse plus la place à des dates FIFA pour des joutes amicales, les idées que voudrait mettre en place Vladimir Petkovic auront désormais comme cadre les rencontres officielles où la moindre erreur est impardonnable et peut être payée cash dans le décompte final.

Si l’équipe nationale a réussi à sortir la tête de l’eau, lors de la seconde mi-temps contre l’Ouganda, une phase qu’il faudra vraiment garder dans le logiciel, elle le doit plus à la mobilisation de ses joueurs et à une prise de conscience collective, à son milieu de terrain (Bennacer, Aouar, Zerrouki) et à une verticalité retrouvée par la grâce d’une équipe ougandaise figée sur un 4-3-3 de départ et un bloc-équipe passé de bas à médian.

Des données assez suffisantes pour permettre à Vladimir Petkovic de reprendre sérieusement et sereinement les rênes d’une sélection, loin de toutes ‘’influences’’ ou ‘’recommandations’’, car il aura eu suffisamment le temps d’évaluer le potentiel dont il dispose malgré plusieurs absences (Mahrez, Belaïli, Slimani, Chaïbi, Belloumi, Bensebaïni) dont les retours s’imposent d’eux-mêmes pour espérer retrouver de la solidité, la voie du succès et assurer parfaitement cette transition générationnelle qui tenait vraiment à cœur à l’ancien sélectionneur, freiné dans son élan par les résultats de la dernière CAN 2023 en terre ivoirienne.

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