Stars de Côte d’Ivoire : Yeo Martial

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Derrière, Youssouf Fofana, Ben Badi, Gadji Celi et autres Alain Gouaméné, il était celui qui tire les ficelles. En 1992 à Dakar, l’artisan de la première victoire Ivoirienne à la CAN : Yéo Martial.

Yéo Martial en club

Avant même de commencer les études, il jouait au football. Venu au monde le Samedi 29 Juin 1946 à Ferkéssédougou, à 7 heures, Yéo Martial « faisait partie des enfants qui attachaient des bouts de tissus pour en faire un ballon ». “Corvée” qui prendra fin lorsqu’à 5 ans, il recevra son premier ballon des mains de son père, grand cuisinier.

Ceci dit, dans cette “Afrique qui joue pieds nus”, Yéo Martial ne sera pas un grand footballeur. Débutant en attaque pour finir devant les buts, entre le Primaire et le Secondaire, il participe à des tournois qui à 15 ans, l’enverront à l’AS Fonctionnaires de Bobo-Dioulasso. Un bobo aux genoux et tout s’arrêtera…

Cependant, touché, M. Yéo ne quittera pas le sport. En 1967, il entrera même à l’INJS (Institut de la Jeunesse et des Sports) pour en ressortir 3 ans plus tard, Major de sa promotion : professeur d’EPS (Éducation Physique et Sportive). 3 années durant lesquelles il essayera en vain de cacher ses qualités de portier :

« Lors de la formation, j’ai tout fait pour qu’on ne sache pas que je suis un bon gardien de but parce que mon problème de genou persistait, surtout que j’ai rechuté sur les haies. Je ne voulais plus jouer au football, je jouais au handball », se souvient-il lors d’une interview retranscrite par Lebanco.net le 9 Février 2021 :

« Malgré les précautions que je prenais, en 3e année à l’Institut, un professeur a su que je suis gardien de but. Parce qu’à l’examen, j’avais tiré au sort, « La technique du gardien de but ». Et quand j’ai fait un exposé vraiment bien, il m’a demandé si je suis un gardien de but. Et je lui ai dit la vérité ».

Yéo Martial en sélection

En devenant enseignant de la discipline sportive à tout juste 24 ans, Yéo Martial a posé les bases de sa vie de technicien. C’est le retour à une passion qui adolescent, le démarquait déjà de ses contemporains :

« Depuis mon jeune âge, j’avais les prédispositions pour être entraîneur plus tard. Quand on jouait nos compétitions de quartier, en effet, c’est moi qui organisais le classement, le jeu etc. De tout temps, depuis ma tendre jeunesse, j’ai toujours été un meneur de groupe très écouté ».

Conclusion, le tacticien qui considère le football comme le sport collectif le plus facile, n’a fait que devenir ce qu’il a été. Passé par le Réveil Club de Daloa, l’USC Bassam, l’Africa Sports d’Abidjan et EFYM, un parcours qui le mènera droit sur le banc du Niger, après celui de la Côte d’Ivoire, évidemment.

En effet, Yéo Martial a été le sélectionneur des Éléphants à la Coupe des Confédérations 1992 et à 2 Coupes d’Afrique des Nations. Maroc 1988, où il sort au premier tour sans perdre, et Sénégal 1992, qu’il remporte haut la main sans concéder le moindre but.

Dans la Terranga, sa formation battra notamment le tenant du titre Algérien (3-0), la Zambie de Kalusha Bwalya (1-0), le Cameroun quart-de-finaliste du Mondial 1990 (0-0, 3-1 aux t-a-b), et le Ghana d’Abedi Pelé (0-0, 12-11 aux t-a-b). Une sublime réponse à ceux qui ont tenté de l’écarter :

« Avant la CAN, on voulait que ce soit (Philippe) Troussier qui prenne ma place. Mais les joueurs ont fait un sit-in pour qu’on me maintienne. Imaginez ce que ça fait, une compétition sans encaisser de but. On me limoge après pour reprendre le même Troussier », conclut le héros national, invaincu à la CAN, selon des propos relayés par le site Ami Sportif.

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