Zerrouki encore, Zerrouki toujours. Peu importe le sélectionneur, son nom revient sans cesse en équipe d’Algérie. De Djamel Belmadi à Vladimir Petkovic, Ramiz Zerrouki semble traverser les époques avec un statut presque intouchable. Une constance qui intrigue, surtout au regard de ses performances.
Car sur le terrain, le constat est souvent le même : avec Zerrouki, l’Algérie donne parfois l’impression de jouer à dix, pendant que l’adversaire évolue à douze. Une image dure, mais qui résume le sentiment de nombreux observateurs.
Pourquoi ? Parce qu’au lieu d’être une solution au milieu, il devient trop souvent un problème.
Ses fameuses “passes clés” semblent bien souvent profiter… à l’adversaire. Ses pertes de balle, ses transmissions ratées et ses mauvais choix dans des zones sensibles offrent régulièrement des opportunités dangereuses. Là où un milieu doit sécuriser, orienter et accélérer le jeu, Zerrouki ralentit, recule et fragilise.
Sa dernière illustration en date reste sa passe clé pour la Jordanie, qui a conduit à l’ouverture du score.
Sur une remise en jeu depuis une touche dans sa propre moitié de terrain, au niveau de la ligne médiane, Ramiz Zerrouki se retrouve sous pression. Dans une tentative de relance, il choisit une solution risquée mais surtout mal exécutée. Une passe mal ajustée, lourde de conséquences, dont profite l’adversaire pour récupérer le ballon et prendre l’avantage.
Le plus troublant, c’est que son parcours en club semble envoyer exactement le même message. À Feyenoord, il n’a jamais réussi à s’imposer durablement. Et quand Robin van Persie décide de le renvoyer en prêt à FC Twente, difficile de ne pas comprendre le message.
Si un immense ancien joueur comme Van Persie, qui connaît parfaitement le très haut niveau, juge qu’il n’a pas sa place à Rotterdam, cela devrait forcément interpeller.
Mais en sélection, rien ne change. Zerrouki continue d’être convoqué, titularisé, protégé. Comme un héritage qui survit à tous les changements d’entraîneurs.
La vraie question aujourd’hui n’est plus de savoir ce qu’il apporte, mais pourquoi il continue d’occuper une place aussi importante malgré autant de limites visibles. À ce niveau, l’Algérie ne peut plus se permettre de jouer à dix… ni d’offrir un douzième homme à l’adversaire.
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