La nomination tardive de l’arbitre mauritanien Dahane Beida pour diriger le quart de finale de la CAN 2025 entre le Cameroun et le Maroc ne laisse personne indifférent. À la veille d’un choc explosif face au pays hôte, ce choix cristallise les tensions et place l’officiel FIFA au cœur d’un duel d’influence entre deux figures majeures du football africain : Fouzi Lekjaa et Samuel Eto’o.
Un revirement arbitral qui met le feu aux poudres
Initialement, l’Égyptien Amin Mohamed Omar était pressenti pour officier ce quart de finale très attendu, programmé le vendredi 9 janvier 2026. Cette désignation semblait alors suivre la logique habituelle de la CAF pour les matchs à forts enjeux.
Mais dans la soirée du 8 janvier, à moins de 24 heures du coup d’envoi, la Confédération africaine de football annonce un changement de dernière minute. Dahane Beida est finalement nommé arbitre central, avec la confirmation de ses assistants et du VAR, confié notamment au Ghanéen Daniel Laryea.
Ce changement brusque fait suite à une réclamation officielle de la Fédération Royale Marocaine de Football (FRMF). Le Maroc proteste d’abord contre le retard inhabituel dans l’annonce des arbitres, puis soulève des réserves sur certaines désignations initiales, jugées sensibles sur le plan géographique et potentiellement sources de tensions.
Lekjaa contre Eto’o : duel d’influence au sommet
Selon plusieurs sources journalistiques, la journée du 8 janvier a été marquée par un bras de fer intense en coulisses entre les deux camps. Fouzi Lekjaa, président de la FRMF et vice-président influent de la CAF, plaide pour un arbitrage qu’il estime capable de garantir la sérénité d’un match capital pour le pays hôte.
De son côté, Samuel Eto’o, président de la Fecafoot, s’oppose à certains choix initiaux. Il fait valoir qu’un arbitre issu d’une zone géographique proche de l’Afrique du Nord pourrait être exposé à des pressions et réclame davantage de garanties d’impartialité.
Au final, la désignation de Dahane Beida est interprétée comme une victoire politique de Fouzi Lekjaa. Dans le camp camerounais, la décision provoque de la frustration et nourrit un sentiment de méfiance, certains dénonçant l’influence jugée excessive du dirigeant marocain au sein des instances de la CAF.
Dahane Beida, un arbitre réputé… mais sous haute surveillance
Âgé de 34 ans, Dahane Beida n’est pourtant plus à présenter sur la scène africaine. Arbitre international FIFA depuis 2018, il a dirigé la finale de la CAN 2023 entre la Côte d’Ivoire et le Nigeria, officié lors de plusieurs rencontres de la CAN 2025, et figure parmi les arbitres retenus pour le Mondial des Clubs 2025.
Sa compétence et sa rigueur font de lui l’un des officiels les plus respectés du continent. Toutefois, sa nationalité mauritanienne, la Mauritanie étant voisine du Maroc, alimente les craintes de partialité chez une partie des supporters camerounais.
Sous pression entre Fouzi Lekjaa et Samuel Eto’o
Dans ce contexte explosif, Dahane Beida se retrouve sous une pression double. D’un côté, l’attente du camp marocain avec à sa tête Fouzi Lekjaa après un lobbying assumé. De l’autre, la vigilance extrême du Cameroun de Samuel Eto’o, prêt à scruter et contester la moindre décision litigieuse.
Bien au-delà de l’enjeu sportif, ce Cameroun – Maroc apparaît ainsi comme un véritable test pour l’arbitrage africain. Entre Fouzi Lekjaa et Samuel Eto’o, Dahane Beida devra prouver que, sur le terrain, seule la loi du jeu prévaut.





