Après avoir rejoint les Etats-Unis et le club de New England Revolution en MLS, Bilal Bejaoui, ancien préparateur physique des U19 au PSG et champion de France avec la catégorie en 2024, occupe désormais Sport Performance Coach pour l’équipe réserve en MLS Next Pro.
Le coach français a eu le plaisir d’être présent lors de l’opposition entre les remplaçants des Bleus et les jeunes de la New England Revolution Academy le lendemain du match contre le Sénégal. Il raconte à AFU cette rencontre et confie de sa joie de croiser à nouveau Warren Zaïre-Emery, croisé au PSG.
Un mot sur cette opposition contre l’équipe de France, ces derniers jours, à Bentley avec votre club américain, l’auriez-vous imaginé un jour ?
Je n’aurais pas imaginé, je pensais un petit peu… Je pensais à ça un petit peu au début, avant que les groupes sortent de la Coupe du Monde. J’étais déjà installé depuis quelques mois aux États-Unis et je me suis dit que ce serait quand même énorme que la France joue dans nos stades, sachant qu’il y a sept matchs, dont un quart de finale. J’y pensais, mais très vaguement. Et quand les groupes sont sortis et que j’ai appris que la France allait jouer à Boston, je suis quand même assez chanceux parce que sur une Coupe du Monde à trois pays, la France vient jouer là où je me suis installé. Donc, c’était quand même une chance qui était assez inattendue. Et ensuite, à la base, ils ont envoyé un mail au club pour savoir si c’était possible de jouer contre nous avec l’équipe qui n’a pas joué ou qui a eu peu de temps de jeu. Et en fait, à la base, moi, je suis avec l’équipe réserve. Donc, les joueurs pros n’étaient pas forcément prévus… Ce n’était pas le plan, que ce soit eux qui aillent. C’étaient plutôt les joueurs de l’académie.
Et comme le club sait que je suis français, ils sont venus vers moi et ils m’ont demandé si je voulais y aller et accompagner les jeunes. Et j’ai trouvé ça hyper sympa de la part du club. Du coup, j’ai de suite accepté. Après, on est partis là-bas. On a été très bien accueillis. Il y a énormément de sécurité. On a tendu un peu les demandes de la part de l’équipe de France sur les joueurs qu’ils voulaient au poste, etc. Et derrière, on a dû faire une composition avec les joueurs qu’on avait. C’était une top expérience. Et au final, vous terminez à 0-0. C’est ça. En fait, c’était une équipe mixte. Ils ont pris des joueurs de l’équipe de France dans les deux équipes et on a intégré les joueurs de l’Académie à certains postes qui leur manquaient.
Vous avez pu échanger un peu avec Didier Deschamps ou les joueurs de l’équipe de France ?
Au début du match, les joueurs qui commençaient la première demi-heure sont venus sur le banc pour nous saluer. Ils ont rapidement vu que j’étais français. On a échangé quelques mots, quelques poignées de main et derrière, on a vite commencé le match. Après le match, j’aurais voulu peut-être échanger un petit peu plus avec le staff, mais je suis resté tout le long avec Warren parce que ça faisait un moment qu’on ne s’était pas vu et puis on a discuté pas mal à la fin du match avant qu’il ne retourne au vestiaire.
Vous avez revu, à cette occasion, Warren Zaïre-Emery avec qui vous avez travaillé au PSG, quels souvenirs gardez-vous de lui et êtes-vous surpris de son évolution jusqu’au aujourd’hui ?
Je l’avais déjà vu en mars lors de la tournée des Bleus en Amérique. L’avant-dernier rassemblement, il me semble, avant la Coupe du Monde, quand ils sont venus ici jouer contre le Brésil. Oui, quand ils ont fait la tournée contre la Colombie et tout. C’est ça, exactement. Quand ils sont venus en mars, à J-1 du match, ils sont venus utiliser notre centre d’entraînement pour s’entraîner. Et je l’avais déjà vu à ce moment-là. Le club m’avait demandé si je voulais voir l’entraînement. Encore une fois, comme ils savent que je suis français, j’ai accepté. J’avais déjà envoyé un message à Warren à la veille pour lui dire que je serais dans le coin. Et du coup, à la fin de l’entraînement, on avait déjà discuté. Et après, on s’est revus ici, donc c’est top de le revoir et de pouvoir se remémorer des souvenirs qu’on a eus quelques années avant.
Après, pour répondre à votre question, je ne suis pas vraiment surpris qu’il soit là. J’ai rencontré Warren, il avait, il me semble, 11 ans. Oui, c’est ça, 11 ans. Il était U12. Et il commençait déjà à faire des tournois et des matchs avec le centre de préformation du PSG. Après, quand il a intégré le centre, on a évolué en même temps. Moi, j’ai évolué sur les catégories et lui, on a évolué en même temps. Quand il est passé en U14, j’étais déjà là. Ensuite, quand il est passé en U15, il jouait déjà avec les U17. Moi, j’étais passé avec les U17. Après, il est vite allé chez les pros. On a eu quelques années au centre de formation. Et honnêtement, je ne suis pas très surpris de le voir à ce niveau-là parce qu’il a toujours été très rigoureux. Il a toujours été au-dessus de sa catégorie d’âge. Il a toujours été très travailleur, très talentueux. Et en fait, finalement, on l’a juste accompagné. On savait quasiment tous déjà qu’il allait aller au très haut niveau.
C’est assez impressionnant, c’est des records vraiment incroyables et il a toujours été, un joueur mature en fait. Depuis qu’il est dans les catégories jeunes, il n’a quasiment jamais joué avec sa catégorie d’âge, il a toujours joué au-dessus. Il me semble qu’il jouait déjà l’UEFA Youth League, je crois qu’il avait 15 ans quand il jouait déjà la Youth League avec Paris. Et après, il a toujours été très mature, donc c’est une habitude pour lui de casser tous ses records de maturité.
Comment s’est faite votre arrivée en avril 2025, puisque j’ai vu la date, dans le club de MLS et le fait de venir aux Etats-Unis ? Est-ce que ça faisait partie de vos ambitions ou de votre parcours professionnel ?
J’ai toujours été intéressé un peu par les Etats-Unis et la MLS. Je trouvais que la MLS, cette ligue, un peu privée, était assez attractive. Et je suivais un petit peu de loin. Quand j’étais en France, et, si vous voulez, à Paris, j’ai quasiment tout fait, tous les postes de la performance, j’ai fait toutes les catégories, j’ai fini champion de France en U19 avec Zoumana Kamara. Je suis arrivé à un stade où je me suis dit en fait si je veux plus et si je veux plus d’opportunités, je pense qu’il est temps peut-être de s’ouvrir à quelque chose d’autre. Et j’ai vu ce post qui s’ouvrait sur LinkedIn simplement, j’ai postulé. On m’a contacté et derrière ça s’est fait naturellement. Ils m’ont fait une proposition 24 heures après l’entretien. C’était assez rapide. Ce n’est pas encore la MLS, c’est la MLS Next Pro. C’est une ligue qui reste professionnelle. Je me suis dit que pour moi, c’était une bonne opportunité de commencer et de mettre un pied aux États-Unis, de pouvoir m’améliorer. Je parlais déjà anglais, mais d’être meilleur en anglais, de m’imprégner un peu de la culture. de savoir comment ça fonctionne et pourquoi pas être derrière, trouver d’autres opportunités.
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