Et si le fiasco de la CAN 2025 venait à se reproduire lors de la CAN U17 ? Le Maroc souhaite afficher l’image d’un pays capable d’organiser des événements continentaux d’envergure, avec l’engouement et les infrastructures nécessaires. Mais le royaume enchaîne les échecs…
Une CAN 2025 encore au centre des débats
La CAN 2025 reste dans les esprits comme une compétition marquée par plusieurs dysfonctionnements. Stades vides, ambiance jugée en décalage avec les attentes et gestion globale contestée : autant d’éléments qui ont alimenté l’idée d’un rendez-vous en dessous des standards espérés. Ces difficultés ont laissé une impression durable et nourrissent aujourd’hui les interrogations autour des compétitions suivantes.
L’Académie Mohammed VI comme solution de contrôle
Dans ce contexte, la CAN U17 apparaît comme une nouvelle échéance à risque, venant s’ajouter à une série d’organisations déjà critiquées. Cette accumulation d’échecs renforce les doutes sur la capacité à garantir une organisation fluide, cohérente et à la hauteur des attentes internationales.
Le choix de concentrer les rencontres sur les installations de l’Académie Mohammed VI (exception pour le match d’ouverture, les demi-finales et la Finale qui auront lieu au Stade Moulay El Hassan) est ainsi perçu comme une réponse de précaution. Une manière de mieux encadrer l’événement, de limiter les risques logistiques et organisationnels, mais aussi un signe d’organisation sous pression après plusieurs expériences ratées.
Un climat de défiance qui s’installe
Au-delà de l’aspect sportif, les interrogations dépassent le cadre strictement footballistique. La grogne sociale persistante autour des priorités économiques et des investissements dans les grands événements nourrit un débat de fond sur leur impact réel pour la population. Avant la CAN 2025, le Maroc a connu une vague de manifestations réclamant davantage de moyens pour la santé, l’éducation et les hôpitaux, tout en critiquant l’organisation des compétitions de football.
Mais c’est surtout la question de la sécurité qui s’impose comme le point central des inquiétudes. Ces derniers mois, les stades marocains ont été le théâtre de plusieurs débordements : envahissements de terrain, bagarres en tribunes et tensions entre supporters. La finale de la CAN 2025 a notamment été marquée par un envahissement de terrain et des scènes de désordre, tandis que des incidents ont également été signalés lors de rencontres de Coupe de la CAF, avec notamment des agressions visant des supporters de l’USMA par des supporters de l’OC Safi.
Dans le championnat national aussi, les tensions se sont multipliées. Des affrontements ont éclaté entre supporters de l’ASFAR et du Raja de Casablanca, entraînant des dégradations importantes et plusieurs arrestations. Par ailleurs, l’autocar de l’Ittihad de Tanger a été caillassé après un match face à l’Olympique de Safi, provoquant des dégâts matériels et des blessures parmi le staff technique. Ces épisodes alimentent l’idée d’un environnement parfois difficile à maîtriser lors des grands rendez-vous sportifs.
Dans ce contexte, le choix de disputer des matchs de la CAN U17 sur les installations de l’Académie Mohammed VI apparaît comme une réponse à la fois sécuritaire et organisationnelle.
À l’approche de la Coupe du monde 2030, coorganisée avec l’Espagne et le Portugal, ces interrogations prennent une dimension encore plus importante. Car au-delà de l’image, c’est la capacité réelle du pays à organiser des événements internationaux dans des conditions optimales qui est aujourd’hui scrutée de près.
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