Le football centrafricain entre dans une nouvelle ère avec l’arrivée de Rigobert Song à la tête des Fauves.
Nommé sélectionneur national dans des conditions controversées, l’ancien capitaine des Lions Indomptables du Cameroun fait face à une double mission : redresser une équipe en quête de résultats et apaiser les tensions liées à sa nomination. Alors que la Centrafrique vise une qualification historique pour la Coupe du monde 2026, les premiers pas de Song dans ce nouveau rôle sont scrutés avec autant d’espoir que de scepticisme.
Une nomination qui divise
La désignation de Rigobert Song, intervenue dans la nuit du 13 au 14 janvier 2025, a immédiatement suscité des réactions contrastées. Alors que le ministère des Sports centrafricain a officialisé sa nomination par décret, la Fédération centrafricaine de football (FCF) a exprimé sa « consternation » et sa « surprise ». Dans un communiqué, la FCF a dénoncé une décision « unilatérale », prise sans consultation préalable, et rappelé que la sélection des entraîneurs relève traditionnellement de ses prérogatives.
Cette polémique administrative met en lumière les tensions entre les instances sportives et le pouvoir politique en Centrafrique. La FCF, qui avait confié l’intérim à un staff technique local dirigé par Eloge Enza Yamissi, ancien capitaine des Fauves, se sent dépossédée de son rôle. Pour beaucoup, cette nomination est perçue comme une décision politique, d’autant que Rigobert Song a été reçu par le président Faustin-Archange Touadéra dès son arrivée à Bangui.
Un défi sportif de taille
Sur le terrain, les attentes sont immenses. Rigobert Song hérite d’une équipe classée cinquième de son groupe dans les éliminatoires de la Coupe du monde 2026, avec un objectif clair : redresser la barre et se rapprocher d’une qualification historique. Son premier match à la tête des Fauves, face à Madagascar, s’annonce comme un test décisif. Une victoire est impérative pour relancer les espoirs de qualification et rassurer un public centrafricain en quête de résultats.
L’ancien sélectionneur du Cameroun arrive avec une réputation solide, forgée lors de son passage à la tête des Lions Indomptables. Sous sa direction, le Cameroun s’est qualifié pour la Coupe du monde 2022, marquant notamment une victoire mémorable face au Brésil. Cependant, son bilan contrasté lors des éliminatoires de la CAN 2023, ainsi qu’une élimination précoce des Lions Indomptables en huitièmes de finale face au Nigeria, ont laissé des doutes sur sa capacité à gérer des équipes en reconstruction.
En Centrafrique, Song devra faire preuve de pragmatisme. Avec un vivier de talents limité et des infrastructures modestes, il lui faudra miser sur une stratégie adaptée et un travail de fond pour développer le football local. Son expérience et son leadership pourraient toutefois constituer des atouts majeurs pour insuffler une nouvelle dynamique à l’équipe nationale.
Un appel à l’unité
Dans ses premières déclarations, Rigobert Song a insisté sur l’importance de l’unité. « C’est avec une immense fierté que je m’adresse à vous aujourd’hui », a-t-il déclaré, soulignant son engagement total pour cette nouvelle mission. Il a également lancé un appel aux supporters, aux anciens joueurs et aux dirigeants du football centrafricain : « Unissons nos forces pour relever ce défi ensemble. »
Son discours, porteur d’espoir, vise à apaiser les tensions et à rassembler toutes les parties prenantes autour d’un objectif commun. Cependant, la réussite de son projet dépendra en grande partie de sa capacité à naviguer entre les attentes sportives et les réalités administratives du football centrafricain.
Une aventure à suivre
Les débuts de Rigobert Song à la tête de la Centrafrique s’annoncent complexes, entre défis sportifs et polémiques administratives. Alors que le pays rêve d’une première qualification pour la Coupe du monde, l’ancien sélectionneur camerounais devra faire preuve de tactique, de diplomatie et de résilience pour transformer cette ambition en réalité.
Le match de ce mercredi face à Madagascar marquera le premier chapitre de cette nouvelle ère. Pour Rigobert Song, c’est l’occasion de montrer que sa nomination, bien que controversée, peut être un tournant positif pour le football centrafricain.