L’Algérie allume Petkovic : entre critiques de la presse et colère des supporters

5 min de lecture

C’est une désillusion brutale pour l’Algérie. Éliminés dès les seizièmes de finale de la Coupe du monde après leur défaite face à la Suisse (2-0), les Fennecs quittent la compétition sous une vague de critiques. Et au centre de toutes les tensions : Vladimir Petković.

Dans un contexte déjà tendu, cette élimination prématurée est vécue comme un énorme coup d’arrêt. Pour une sélection qui espérait franchir un cap dans ce Mondial, le constat est sévère. Et très vite, les regards se sont tournés vers le sélectionneur.

Dans la presse algérienne, le ton est particulièrement dur. Les choix tactiques sont largement remis en cause, notamment une animation offensive jugée trop floue, l’absence d’un véritable numéro 9, ou encore des repositionnements incompréhensibles, à l’image de Chaïbi et Maza, utilisés dans des rôles qui ne leur ont pas permis d’exprimer pleinement leur talent sur ce match. La défense, déjà pointée du doigt, a également été au cœur des débats, avec une impression de fragilité persistante tout au long du tournoi, notamment autour du duo Mandi–Bensebaïni.

Le quotidien El Khabar évoque notamment des choix tactiques difficiles à comprendre :

« Le sélectionneur Vladimir Petkovic a également suscité la polémique avec ses choix de composition d’équipe, en optant pour une formation sans attaquant de pointe. Tout au long du match, il a semblé difficile de comprendre l’approche tactique que l’entraîneur souhaitait mettre en oeuvre, car l’équipe paraissait fragile en défense et incapable de représenter une réelle menace pour le but adverse, ce qui soulève de nombreuses questions quant au style de jeu que Petkovic voulait instaurer lors de cette rencontre.»

Même constat du côté de TSA, qui insiste sur un manque d’automatismes et des ajustements trop fréquents :

« La Nati, qui paraissait être un adversaire plutôt facile pour les Verts, a frappé à deux reprises, contre le cours du jeu. Excellent lors des trois premiers matches, Fares Chaibi a été l’ombre de lui-même. Il illustre parfaitement les errements tactiques de Vladimir Petkovic qui a testé de nombreux joueurs durant cette Coupe du monde, alors que l’équipe manque d’automatismes nécessaires dans une telle compétition. Le sélectionneur doit trouver des solutions pour la défense qui a étalé ses limites durant cette compétition et travailler davantage l’efficacité en attaque. Il peut prendre l’exemple de la Suisse qui a transformé ses deux véritables occasions de la rencontre. »

Une fracture grandissante avec les supporters

Mais la colère ne se limite pas aux médias. Sur les réseaux sociaux, les supporters expriment leur frustration, et la cible est une nouvelle fois très claire : Vladimir Petković. Comme dans la presse, c’est l’incompréhension qui domine autour de ses choix tactiques, de la part d’un sélectionneur pourtant fort de nombreuses années d’expérience.

Par ailleurs, beaucoup retiennent également sa déclaration en conférence de presse, très mal perçue par la majeure partie du public :

« Arriver après douze ans dans une compétition de ce genre est déjà un grand succès. Et passer la phase de poules, pour la deuxième fois, j’ai toujours considéré cela comme un excellent résultat. »

Une sortie qui a accentué le sentiment de décalage entre le discours du sélectionneur et les attentes d’un pays qui espérait bien plus qu’une élimination en seizièmes de finale. Une prise de parole qui laisse même une impression de détachement chez les supporters.

Petković sous pression maximale

Dans ce climat électrique, une idée revient avec insistance : celle d’un changement sur le banc. Malgré une prolongation de son contrat jusqu’en 2028, décidée avant le début de la compétition, Vladimir Petković apparaît désormais fragilisé comme jamais. Et dans l’opinion publique, la tendance est claire : les supporters ne veulent plus le voir à la tête de la sélection.

Quelques heures après l’élimination, une chose semble donc évidente : la pression est totale autour du sélectionneur, devenu le symbole d’un Mondial manqué pour les Fennecs. Un nom qui cristallise aujourd’hui toutes les frustrations d’un peuple qui réclame désormais des décisions fortes dans les plus brefs délais.

Aucun événement.

Partager cet article
Aucun commentaire

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Quitter la version mobile