La déroute face à la Suède (5-1) n’est pas seulement un accident. Elle s’inscrit dans une dynamique alarmante qui place Sabri Lamouchi au centre de toutes les critiques. En quatre matchs, son bilan est déjà préoccupant : trois défaites, un nul contre le Canada et une courte victoire face à Haïti. Plus grave encore, la Tunisie a encaissé dix buts sur ses deux dernières sorties, face à la Belgique puis contre la Suède. Un chiffre impensable pour une sélection historiquement bâtie sur sa rigueur défensive.
Depuis son arrivée, Lamouchi n’a jamais réellement réussi à imposer une idée claire ni un schéma tactique stable. Les compositions changent, les systèmes aussi, sans qu’une identité de jeu ne se dégage. La Tunisie donne aujourd’hui l’impression d’une équipe sans repères, incapable de contrôler ses matchs ou de répondre aux temps faibles.
Face à la Suède, cette confusion a atteint son paroxysme : un bloc désorganisé, des distances trop importantes entre les lignes et une incapacité à réagir collectivement. Le constat est sévère : il n’y a ni plan de jeu lisible ni cohérence dans les choix.
Après la rencontre, le sélectionneur a évoqué des “erreurs individuelles”. Mais ces erreurs apparaissent surtout comme la conséquence directe de ses choix de liste et de ses décisions tactiques, qui ont exposé des joueurs dépassés par l’intensité et le niveau de la compétition.
Une sélection sans cap
Le plus inquiétant est peut-être là : sous Lamouchi, la Tunisie ne dégage aucune certitude. Là où les Aigles de Carthage faisaient autrefois bloc, ils apparaissent aujourd’hui fragiles, désorganisés et mentalement atteints. En quelques semaines, le sélectionneur a réussi à fissurer l’un des rares points forts historiques de cette équipe : sa solidité.
Derrière cette crise, un autre constat s’impose : la Tunisie dispose pourtant de jeunes joueurs au potentiel intéressant, mais encore bruts à ce niveau. Sans un encadrement capable de structurer ce potentiel et de lui donner un cadre clair, cette génération peine à s’exprimer pleinement sur la scène internationale.
Des tensions déjà palpables
Selon plusieurs échos venus de l’entourage de la sélection, l’avenir de Sabri Lamouchi serait déjà fragilisé. En interne, l’hypothèse d’un départ avant même la fin de la compétition commencerait à circuler, signe d’un climat particulièrement tendu après cette entrée en lice catastrophique.
Aucun événement.