Plus les jours passent, plus les images et témoignages autour de la finale de la CAN 2025 soulèvent de sérieuses interrogations. Au-delà du résultat sportif, c’est surtout l’organisation de cette rencontre phare qui se retrouve aujourd’hui sur le banc des accusés. Manque d’autorité, laxisme flagrant et décisions incompréhensibles étaient au rendez-vous. Tout semble indiquer que la finale a été gérée avec une inquiétante complaisance.
Les scènes survenues pendant la rencontre sont tout simplement inadmissibles pour un événement de cette envergure. En pleine finale continentale, alors que le jeu se poursuivait, des ramasseurs de balle ont « envahi le terrain ». Ils ont quitté leur rôle pour s’en prendre à Yehvann Diouf, le deuxième gardien du Sénégal, coupable d’avoir conservé la serviette d’Édouard Mendy tout ça à l’intérieur du terrain ! . La scène est surréaliste. Diouf est traîné au sol, pris à partie sous les yeux de tous, sans la moindre réaction ferme de l’organisation ni des officiels. Une dérive grave qui aurait dû entraîner une interruption immédiate du match et des sanctions exemplaires. Même si Ndala n’intervenait pas, les autres officiels, comme le commissaire du match auraient dû intervenir et interrompre le match d’abord. D’ailleurs, la place des ramasseurs de balle est derrière les panneaux, pas sur la ligne de touche. Comme si cela ne suffisait pas, le joueur marocain Saibari s’est également illustré dans cette séquence confuse. Son comportement, jugé antisportif, aurait dû être sanctionné d’un carton rouge. Là encore, l’arbitre est resté étonnamment passif, renforçant le sentiment d’impunité à sens unique qui a marqué cette finale. Le commissaire du match n’a rien vu non plus. Pourtant, ces genres de scènes ne passent pas inaperçues.
Le point culminant du chaos intervient après le penalty sifflé en faveur du Maroc. Des échauffourées éclatent, des sièges sont arrachés et lancés dans les gradins. L’incident implique près d’une centaine de personnes, dans une atmosphère devenue clairement incontrôlable. Pourtant, contre toute logique et au mépris des règles élémentaires de sécurité, le match reprend. Pire encore, au moment où Brahim Díaz s’élance pour tirer le penalty, la tension est toujours extrême dans les tribunes.
Dans ces conditions, la rencontre n’aurait jamais dû reprendre. Un siège mal lancé, un projectile dévié vers l’aire de jeu, et le pire aurait pu se produire. En laissant le jeu continuer, la CAF et les organisateurs ont pris la lourde responsabilité d’exposer les joueurs à un danger réel et immédiat.
Cette finale de la CAN 2025 restera malheureusement dans les mémoires non seulement pour les décisions arbitrales contestées, mais surtout pour une organisation dépassée par les événements. À ce niveau de compétition, l’autorité ne doit jamais être optionnelle. La complaisance observée ce soir-là a terni l’image du football africain et pose une question essentielle : la CAF tirera-t-elle enfin les leçons de ce grave échec organisationnel ?






