La CAN 2025, organisée au Maroc, était présentée à grand renfort de déclarations comme « la meilleure CAN de l’histoire ». Cette promesse, répétée à plusieurs reprises par certains responsables de la CAF avant le début du tournoi, se heurte aujourd’hui à une réalité bien différente. À l’issue de la phase de groupes, les lacunes sont nombreuses : billetterie chaotique, stades vides, incidents techniques et frustration des supporters et des équipes.
Billetterie et stades vides : Le paradoxe
Avant même le coup d’envoi de la CAN 2025, plusieurs matchs étaient affichés « complet » par la CAF, mais la suite des événements soulève de nombreuses interrogations. Comment se fait-il que la billetterie soit ensuite réouverte ou que certains billets soient attribués gratuitement à des fédérations, alors que le statut « sold out » laisse entendre que toutes les places ont été réellement vendues ?
Si chaque billet était associé à un FAN ID, comme c’est le cas pour sécuriser et contrôler l’accès aux stades, il devient encore plus illogique de rouvrir la billetterie ou de redistribuer des places. Cette situation pose question : les billets affichés comme vendus l’étaient-ils vraiment ? Et si oui, pourquoi prive-t-on certains supporters d’entrer au stade malgré leur billet, tandis que d’autres accèdent aux tribunes grâce à des billets gratuits ou réémis ?
Cette contradiction entre le « sold out » officiel et la réalité sur le terrain reflète un manque de transparence dans la gestion de la billetterie, et contribue largement à la frustration des fans, tout en posant des doutes sur l’efficacité et l’équité de l’organisation de la CAN 2025.
Hugo Broos tire à boulets rouges
À Agadir, pour remplir le stade, l’accès a été rendu gratuit, mais cette mesure a rapidement conduit à une anarchie quasi incontrôlable, frôlant la catastrophe.
Le coach de l’Afrique du Sud a relaté sa frustration :« Ma famille a assisté au match contre l’Égypte, et c’était déjà le chaos avant même le coup d’envoi. La police a empêché certaines personnes d’entrer malgré leurs billets, tandis que des foules sans billet pénétraient dans le stade. Ma femme avait peur. L’organisation est catastrophique. Ce n’est pas comparable aux Coupes d’Afrique des Nations au Gabon ou en Côte d’Ivoire. Là-bas, on avait l’impression de véritablement participer à un tournoi. »
Selon lui, si l’entrée au stade n’est pas gratuite, peu de supporters se déplacent, comme l’ont montré les matches Afrique du Sud – Égypte et Afrique du Sud – Angola, largement désertés.
La Var a buggé
Les défaillances ne se limitent pas aux tribunes. La VAR a été indisponible pendant une quinzaine de minutes lors du match RDC – Bénin, entraînant des situations litigieuses. Par exemple, un penalty aurait pu être accordé au Bénin pour une main de Chancel Mbemba dans la surface, mais l’arbitre, privé de l’assistance vidéo, a laissé passer l’action. Cette absence a provoqué l’ire des joueurs béninois et accentué le sentiment d’injustice et d’amateurisme autour de l’organisation.
Une CAN en demi-teinte
Entre stades vides, billetterie chaotique et incidents techniques, la CAN 2025, s’éloigne des promesses répétées de Motsepe et de la CAF, qui annonçaient un tournoi historique et parfait. Si les équipes sur le terrain offrent un spectacle de qualité, l’organisation montre que la réussite d’une CAN ne se limite pas au jeu, mais repose aussi sur une logistique solide et une expérience des supporters irréprochable.
Le Maroc grand bénéficiaire économiquement
Le Maroc apparaît comme le grand bénéficiaire économique de la CAN 2025. Les prix des hôtels, logements, transports et services annexes ont flambé, ce qui a permis au pays hôte de maximiser ses revenus.
Pourtant, cette manne économique s’est faite au détriment des supporters. Beaucoup ont été acceptés dans les villes et autour des stades, mais se sont retrouvés privés de billet ou empêchés d’entrer, malgré leurs FAN ID, créant frustration et confusion.
Ainsi, alors que l’expérience des fans et l’organisation générale ont laissé à désirer, le profit financier pour le Maroc est incontestable, illustrant un paradoxe majeur : un tournoi vanté comme exceptionnel, mais qui a surtout servi les intérêts économiques du pays organisateur, plutôt que ceux des spectateurs venus vivre l’événement.



