À l’approche de la Coupe du monde 2026, l’Algérie affiche des signaux contrastés. Si le potentiel technique et l’envie sont bien présents, un point noir persiste et inquiète, la gestion des nerfs. Trop souvent, les Fennecs tombent dans l’excès d’agressivité lorsqu’ils sont mis en difficulté, une tendance qui se traduit par une accumulation de cartons jaunes.
Le dernier match amical face à l’Uruguay en est une illustration frappante. Les Algériens ont écopé de quatre cartons jaunes, avec des situations particulièrement limites pour Mohamed Amoura et Ramy Bensebaini, tous deux proches de l’expulsion. Un avertissement sans conséquence immédiate, mais lourd de sens à quelques mois d’un tournoi où la moindre erreur peut coûter cher. Ce problème n’est pas nouveau. Lors de la dernière Coupe d’Afrique des nations, l’Algérie avait déjà montré des signes d’indiscipline face à des adversaires plus rugueux. En quart de finale contre le Nigeria, les Fennecs avaient récolté cinq cartons jaunes dans un match sous haute tension. En huitièmes de finale face à la RDC, le constat était similaire avec trois avertissements, parfois à la limite du rouge.
Ces chiffres traduisent une difficulté à faire la part des choses entre engagement et excès d’agressivité. Dans les grandes compétitions, cette ligne est pourtant essentielle. Un tacle mal maîtrisé, une contestation excessive ou un geste d’humeur peuvent rapidement faire basculer une rencontre, surtout face à des équipes expérimentées qui savent exploiter ces failles. Face à l’Argentine par exemple, ces genres d’action pourraient coûter cher à l’équipe.
Le sélectionneur Vladimir Petković est donc face à un chantier prioritaire. Au-delà du travail tactique et technique, il devra insister sur la maîtrise émotionnelle de ses joueurs. Car si l’envie de bien faire et l’intensité sont des qualités indispensables au haut niveau, elles ne doivent jamais se transformer en handicap.
À l’échelle d’une phase finale de Coupe du monde, l’accumulation de cartons peut avoir des conséquences directes. Suspensions, désorganisation de l’équipe et perte de cadres dans des moments décisifs, sont entre autres les conséquences que cela pourrait avoir sur le fonctionnement de l’équipe. L’Algérie, qui ambitionne de jouer un rôle important en 2026, ne peut se permettre ce type de fragilité.
Les Fennecs devront apprendre à canaliser leur énergie. Car entre combativité et précipitation, il n’y a parfois qu’un pas, et dans un Mondial, ce pas peut faire toute la différence.


