Le report de la Coupe d’Afrique des Nations féminine 2026 place le Maroc au centre des interrogations. Officiellement, il ne s’agit pas d’un retrait. Mais la décision de repousser la compétition pour des « raisons organisationnelles » suscite incompréhension et scepticisme.
Il est incompréhensible que le Maroc reporte l’organisation de la CAN Féminine. Car, il y a un peu plus d’un mois, le royaume accueillait la Coupe d’Afrique des Nations 2025. Une compétition d’envergure, lourde sur le plan logistique, sécuritaire et financier.
Un Prétexte tiré par les cheveux
Dans ces conditions, comment justifier aujourd’hui des difficultés organisationnelles pour une CAN féminine, structurellement moins exigeante en termes de volume, de pression médiatique et de coûts ? Le matériel est là, les installations et les équipes techniques aussi. Mais où se situe donc le problème ?
L’argument avancé par Rabat paraît d’autant plus fragile que l’appareil organisationnel mobilisé pour la CAN masculine est encore en place. Les stades n’ont pas disparu. Les partenaires logistiques non plus. Si le pays a été capable de gérer une compétition plus complexe, plus coûteuse et plus scrutée à l’échelle mondiale, il semble incohérent qu’il ne puisse maintenir le calendrier d’une édition féminine programmée de longue date.
Cette dissonance nourrit les soupçons d’un malaise plus profond. Problème de priorités ? Réajustement stratégique ? Calcul politique ? Le silence sur les détails précis alimente le doute.
Un précédent qui pèse lourd
Le Maroc n’en est pas à sa première controverse. En 2015, le royaume s’était déjà désisté de l’organisation de la Coupe d’Afrique des Nations 2015, provoquant une crise majeure avec la Confédération africaine de football. La répétition d’un épisode perturbant une compétition continentale renforce l’image d’un pays qui peine à tenir ses engagements sur la durée. Une récidive qui pose inévitablement la question d’éventuelles sanctions, mais aussi celle de la crédibilité organisationnelle : avec un tel précédent et un nouveau report entouré de flou, le Maroc peut-il encore prétendre accueillir sereinement de grandes compétitions internationales ?





