Le tirage au sort de la Coupe du monde 2026, censé être un moment de fête et d’unité autour du football, est aujourd’hui au cœur d’une polémique diplomatique qui met la FIFA dans une position inconfortable.
L’Iran a annoncé son boycott de la cérémonie après que plusieurs membres de sa délégation se sont vu refuser un visa d’entrée aux États-Unis, pays co-organisateur de la compétition et dans lequel se déroule le tirage.
Alors que l’affaire prend de l’ampleur sur la scène internationale, une question revient avec insistance : où est la FIFA ? Depuis l’annonce du boycott, l’instance dirigeante du football mondial, pourtant saisi par l’Iran, se mure dans un silence qui étonne, interroge et alimente les critiques.
Un silence qui dérange
Le refus de visas, un sujet hautement sensible dès qu’il touche un État souverain, a logiquement déclenché la colère de la fédération iranienne. Pour celle-ci, il s’agit d’une entrave directe à sa participation à un événement officiel de la FIFA, censé garantir l’égalité de traitement entre toutes les nations qualifiées. Face à un tel incident, nombreux sont ceux qui attendaient une réaction immédiate et structurée de l’instance: une explication, un cadrage, un message, quelque chose pour situer les uns et les autres. Mais la FIFA n’a pour l’instant rien dit. Ce mutisme est d’autant plus surprenant que la fédération internationale ne manque jamais de communiquer lorsqu’il s’agit de rappeler la neutralité politique, les règles de participation ou les principes de non-discrimination. Ici, l’absence de position est perçue par beaucoup comme une forme de renoncement.
Une crise qui expose les contradictions de la FIFA
Le football mondial aime se présenter comme un espace où les tensions géopolitiques se dissipent au profit du jeu. Pourtant, lorsque ces tensions s’invitent dans l’organisation même d’un événement majeur, la FIFA ne peut simplement se réfugier derrière une neutralité abstraite. Car le problème est clair : Comment garantir l’intégrité d’un tirage au sort si une nation qualifiée ne peut pas être représentée? Comment assurer l’égalité de traitement si les considérations diplomatiques d’un pays hôte peuvent entraver le fonctionnement normal de l’événement ? Le silence de la FIFA ne répond à rien et crée un vide dangereux.
Un boycott aux répercussions symboliques lourdes
Le boycott iranien n’est pas seulement un geste de protestation. C’est un acte politique qui met en lumière les fragilités d’un système d’organisation réparti entre trois pays hôtes aux règles migratoires distinctes. En s’abstenant de réagir, l’instance mondiale laisse le débat dériver. Certains y voient un précédent inquiétant, d’autres une faillite organisationnelle, ou encore un aveu d’impuissance face aux décisions souveraines d’un État. Mais dans tous les cas, la FIFA apparaît passive.
Clarifier, encadrer, assumer
Il ne s’agit pas pour l’instance de prendre position dans un conflit diplomatique. Il s’agit de défendre la seule chose qu’elle est censée garantir : l’équité du football mondial. Un tirage au sort du Mondial ne peut pas se dérouler sous tension, dans le brouillard et dans l’absence totale de communication officielle. La FIFA doit parler, clarifier et assumer son rôle. Plus elle attend, plus son silence prend une dimension politique qu’elle prétend pourtant vouloir éviter.
Le boycott iranien du tirage du Mondial 2026 n’est pas un simple fait divers administratif. C’est un test de crédibilité pour la FIFA. Un révélateur de ses limites. Un rappel que l’universalité du football n’est pas un slogan, mais une responsabilité. Et pour l’instant, face à l’un des épisodes les plus sensibles de la route vers le Mondial 2026, l’instance dirigeante choisit de se cacher derrière un mutisme qui ne fait qu’aggraver la situation.






