L'incontournable du football africain

CAN-2027, c’est déjà demain !

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Mardi prochain, la CAF devrait recevoir les confirmations des « déclarations d’intérêt » pour l’organisation de la Coupe d’Afrique des Nations. Outre l’Algérie, également candidate pour la CAN-2025 en compagnie du Maroc, la Zambie et le duo Nigéria-Bénin, l’Egypte, le Botswana et le trio Kenya-Ouganda-Tanzanie ont postulé pour accueillir la 36è édition.

La CAF, qui en avait fait cette annonce sur son site le 27 avril dernier, a affiché le calendrier du processus pour l’attribution de ce tournoi. Elle a d’autre part noté que le nom du pays organisateur sera communiqué en même temps que celui qui abritera l’édition de 2025. Cela prouve que la CAF, longtemps réticente à choisir pour l’édition de 2025, veut mettre ce dossier de côté et se consacrer à d’autres affaires.

Un détail, cependant, intrigue les observateurs, celui de savoir comment se fait-il qu’un pays déjà lancé dans l’obtention de la phase finale de la CAN-2025 soit également parmi les postulants à la course pour l’organisation de l’édition suivante. Ce pays, c’est l’Algérie dont le dossier semble le plus indiqué pour obtenir le feu vert du Comex de la CAF lors de son Congrès prévu en juillet à Cotonou(Bénin).

Le passage des experts du cabinet-conseil allemand « Roland Berger Strategy » en Algérie, ainsi que dans les autres capitales candidates à l’organisation de la CAN-2025, aurait, selon diverses sources, marqué une autre étape favorable pour que le pays des Belloumi, Madjer et Mahrez soit retenu. Mais, selon d’autres affirmations, le Maroc, dont certaines infrastructures laisseraient pourtant à désirer, a tout manigancé et serait le préféré de la majorité des membres du Comité exécutif de la Confédération.

L’affaire aurait été même conclue en juillet 2022, soit bien avant que la CAF ne décide de retirer le tournoi à la Guinée choisie depuis plus de neuf ans(2014) par le Comex présidé alors par le camerounais Issa Hayatou. Et, donc, bien avant que l’Algérie ne candidate à reprendre son organisation.

Bien entendu, l’instit Faouzi Lekdjaâ n’est pas étranger à cette manipulation, l’Algérie a maintenu sa candidature malgré des informations confirmées assurant que le Maroc fut choisi en optant pour une nouvelle stratégie. En postulant pour 2027, l’Algérie veut prouver qu’« elle a réellement envie d’accueillir le continent à tout moment et à tout prix ».

La CAF se serait alors retrouvée dans ses petits souliers, dénudée même, par un tel acte de bonne foi des Algériens qui savaient que « les jeux étaient faits ». Son empressement à annoncer le nom des pays désireux d’abriter la CAN-2027, parmi lesquels l’Algérie, est un signe qui ne trompe personne.

L’instance de Motsepe ne s’y attendait même pas à ce que l’Algérie fasse acte de candidature à l’édition de 2027. Elle a surtout cherché probablement à faire monter la mayonnaise en laissant libre cours à la spéculation qui voudrait faire croire que l’Algérie a abandonné le combat de la CAN-2025 au profit du Maroc. Ce qui n’est pas le cas au grand dam de Patrice Motsepe qui semblait tellement gêné que son déplacement prévu à Alger à l’occasion de l’ouverture de la CAN des U17 a été annulé en dernière minute. Son voyage forcé ce week-end n’a pas été relayé par les circuits officiels en Algérie qui d’habitude, réservait un accueil spécial au sud-africain. La CAF s’est, quant à elle, contentée d’un communiqué annonçant le menu de la réunion des membres du Comex à Alger qui, paradoxalement, s’est tenue à huis clos.

Motsepe dans ses petits souliers

Motsepe, comme le marocain Faouzi Lekdjaâ arrivé sur la pointe des pieds en Algérie, ne souhaiterait pas se faire apostropher par les officiels algériens à qui il a promis monts et merveilles. Surtout un « traitement juste » des dossiers de candidature à la CAN-2025. Ses déclarations ultra-favorables à l’Algérie ont été contredites par des actions tout en faveur de la candidature marocaine. Le magnat sud-africain subit les pressions internes, de son comité exécutif, mais également celles de Gianni Infantino. Le patron des Mamelodi Sundowns a été contraint d’ajourner le verdict portant sur l’attribution du rendez-vous continental de 2025. Attendu en février dernier, elle a fait l’objet de plusieurs reports même si, officiellement, la CAF assurait que « le processus se poursuivait normalement ».

En réalité, le gouvernement du football africain s’est mis une balle dans la jambe le jour où il a accepté, sous le poids des pressions marocaines soutenues par le président de la FIFA, de ne pas respecter ses propres engagements, son calendrier.

La CAF avait perdu toute crédibilité le jour où elle a fait appel à un cabinet d’audit international, qui a des intérêts au Maroc, alors qu’elle avait prévu d’envoyer ses propres experts pour l’inspection des pays candidats. La Confédération a fini par suivre les recommandations de ses maitres en optant pour le « wait and see » qui a impacté ses relations avec nombre d’associations nationales du continent. Motsepe, qui préparait un long périple pour expliquer ses projets pour la CAF, n’a plus donné signe de vie depuis le CHAN organisé par l’Algérie. Sans autorité capable de montrer la voie à suivre, la CAF a fait dans la titubation. L’approximation.

C’est pourquoi elle n’a pu trancher la question en dépit du fait que les délais impartis étaient totalement dépassés. La CAF qui avait annoncé que le « verdict » serait donné en marge du CHAN, s’est rétractée en laissant la rumeur s’emparer de l’évènement et les fake news prendre le relais.

Selon la chronologie du processus de candidature à la CAN- 2025, le 11 novembre 2022 devait servir de date limite de dépôt du formulaire de déclaration d’intérêt, alors que le mercredi 16 novembre 2022 a été réservé à la date limite d’envoi par la CAF des documents d’accueil aux Associations Membres ayant déclaré leur intérêt.

Ensuite, le 16 décembre 2022 constituait la date limite pour la remise par les associations membres de leur offre finale, y compris tous les documents de candidature et d’accueil (convention d’accueil, convention des villes hôtes, garanties gouvernementales).

Entre le 5 et le 25 janvier 2023, la Confédération africaine de football devait effectuer des visites d’inspection avant l’annonce du pays hôte du tournoi prévue le 10 février 2023, soit la veille de la finale du CHAN.

Ce calendrier, respecté dans sa partie formalitaire, ne sera jamais exécuté sur le terrain de la réalité. Le Maroc a sabordé le processus en déclarant forfait au Championnat d’Afrique des Nations des locaux organisé par l’Algérie sous prétexte que sa délégation n’était pas autorisée à voyager en direction de l’Algérie à bord d’un avion de la RAM. Les responsables de la CAF se sont alors muris dans un silence de morts avant de revenir sur scène en communiquant le calendrier de passage d’un cabinet d’expertise allemand dans les pays candidats puis d’annoncer que le nom du pays organisateur de la CAN-2025 sera connu en juillet 2023 à l’occasion du 45è Congrès de la Confédération programmé à Cotonou(Bénin). Un pays concerné par la course à l’organisation dudit rendez-vous en compagnie du Nigéria.

Si bien que, cette fois, personne, surtout pas les marocains, n’a trouvé à redire à propos d’une éventuelle influence que béninois et nigérians exerceraient sur les membres du Comex/CAF pour avoir l’organisation du tournoi de 2025. Probablement que l’Algérie fait peur à Lekdjaâ et ses sbires sinon la CAF n’aurait jamais du plier l’échine en faisant machine arrière devant les pressions marocaines, il est vrai soutenues par Gianni Infantino. Mais aussi un certain Amaju Pinnick, l’ancien président de la fédération nigériane et actuel membre du Comex/FAC et du Conseil de la Fifa, qui avait poussé pour que le Nigéria se lance à l’organisation de la CAN-2025. L’hostilité du nigérian à l’Algérie ne daterait pas d’hier.

C’est l’un des pions qui ont servi à éloigner l’Algérien Mohamed Raouraoua du camerounais Issa Hayatou par crainte de le voir prendre sa place à la présidence de la CAF. L’élection des membres du Comité exécutif de la CAF en mars 2017 a été marquée par cette cabale qui a fini par mettre Raouraoua, et donc l’Algérie, « hors circuit ». Amaju Pinnick n’était pas étranger à l’élection de Faouzi Lekdjaâ, son actuel acolyte au Conseil de la Fifa.

Quand il a appris la candidature de l’Algérie à l’organisation de la CAN, il a d’abord soutenu le Maroc puis a décidé de faire écran en poussant le gouvernement nigérian à soutenir la fédération nationale pour déposer la candidature du Nigéria à l’organisation de la 35è édition. Pinnick Amaju qui savait bien que son pays n’était pas pourvu en stades homologables a proposé au Bénin de s’associer au dossier.

Ce n’est donc pas le seul Maroc de Faouzi Lekdjaâ qui s’est dressé devant la candidature de l’Algérie. Pour 2027, l’Algérie est également favorite. Sur le plan logistique, c’est le must ! Stades modernes, communications, hôtellerie, transports etc., rien ne manquera aux 23 hôtes de l’Algérie. Sur le plan réglementaire, pourtant, le dossier algérien ne devrait pas passer. La CAF ayant par le passé soutenu que l’attribution d’un tournoi panafricain doit obéir à la sacro-sainte règle de la rotation. A savoir qu’une zone géographique ne peut abriter deux compétitions de suite.

L’Algérie inéligible ?

En juillet de l’année dernière, le président de la CAF a même soutenu un projet d’organisation d’une CAN en Afrique de l’Est.

«J’ai appris, hier, que l’Ouganda et la Tanzanie souhaitent accueillir la Coupe d’Afrique des nations 2027. En tant que président de la CAF, je dois soutenir les 54 associations membres de manière égale. Et je dois dire que personnellement, je ne me contenterais pas d’accueillir favorablement mais j’encouragerais une candidature commune entre ces deux pays», avait-il confié lors de sa visite à Kampala intervenue 24 heures après une escale à Alger. L’homme d’affaires sud-africain a fait remarquer que l’attribution de cette manifestation «contribuerait énormément au développement du football en Ouganda et en Tanzanie. Cette région n’a jamais accueilli de Coupe d’Afrique des nations auparavant et ce serait une bonne chose pour l’Ouganda et la Tanzanie, non seulement pour promouvoir le développement du football, mais aussi dans d’autres domaines comme le tourisme, les investissements et le commerce».

La Co-organisation s’est élargie depuis. Le Kenya s’est joint à l’Ouganda et la Tanzanie. Du jamais vu ! Il faut dire qu’un tel projet à trois est « logique ». Contrairement aux aspects liés aux conditions d’accueil (hôtels, aéroports, etc.) et au tourisme, l’infrastructure sportive dans ces pays est loin de satisfaire les exigences de la Confédération.

Actuellement, les sélections des trois pays réunis ne sont pas autorisées à recevoir chez elles à cause de la décision de la CAF de ne pas homologuer leurs stades. Il est question de nouvelles acquisitions. Le président kenyan Daniel Ruto a confirmé la candidature des trois pays de l’Afrique de l’Est.

« Mercredi prochain, nous devrions présenter notre candidature pour la CAN 2027 en tant que ticket commun pour l’Afrique de l’Est, le Kenya, l’Ouganda et la Tanzanie, et je pense que nous l’obtiendrons », a déclaré M. Ruto lors d’une discussion à bâtons rompus dimanche dernier avec les médias à la State House, à Nairobi.

« J’ai promis aux Kényans de mettre l’accent sur le sport si je suis élu et j’ai dit que nous essaierions d’organiser la CAN. Nous lançons notre candidature mercredi, nous avons d’énormes talents au Kenya et c’est pourquoi je veux tout améliorer », a-t-il précisé. Avant de conclure : « J’ai demandé au ministre des sports de présenter un plan directeur. Vous verrez une grande différence dans le pays en termes d’infrastructures. Nous faisons quelque chose pour nos stades. Nous allons investir dans les infrastructures, investir dans la formation et investir dans le profilage positif des sports.».

Des promesses faites par un président fraichement élu (août 2022) qui sait bien qu’une telle œuvre est difficile à concrétiser par temps de crise. Lui qui a décidé de privatiser toutes les entreprises publiques après s’être aperçu qu’elles ne peuvent bénéficier éternellement soutenues par le trésor public. Or, c’est ce même trésor public qui doit s’investir dans la rénovation des stades du pays ou la construction de nouvelles infrastructures sportives.

En 4 ans, il est possible de mettre à la disposition de la CAF les six stades nécessaires à l’organisation d’une phase finale à 24 équipes, la formule à trois doit être réfléchies sérieusement sur nombre de paramètres. Le premier étant lié à la manière avec laquelle la Confédération africaine procédera pour qualifier les trois pays concernés par l’organisation. En 2000, le Ghana et le Nigéria avaient co-organisé la CAN après le désistement du Zimbabwe. Les deux équipes étaient qualifiées sur le terrain non pas en tant que pays organisateurs. En 2012, lorsque la Guinée équatoriale et le Gabon ont abrité la 28è édition, leurs sélections étant qualifiées d’office, sans passer par des éliminatoires.

Celles-ci ont été menées dans 11 groupes de 4 équipes. Seul le premier de chaque poule est qualifié. A ces 11 leaders et les deux équipes des pays hôtes, il fallait ajouter trois sélections. La première fut la Tunisie, repêchée car se trouvant dans une poule à 5(groupe G dominé par le Botswana). Les deux dernières sont la Libye et le Soudan, deuxièmes respectifs des poules C et I. Toute cette gymnastique n’aurait pas été nécessaire si la CAF avait accordé l’organisation à un seul pays. Avec une organisation à trois, tout le processus est à revoir. D’ici la semaine prochaine, l’Afrique saura. 2027, c’est déjà demain !

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