VIOLENCE DANS LES STADES :  LA CAF DÉCIDE DE PASSER À L’OFFENSIVE ?

VIOLENCE DANS LES STADES : LA CAF DÉCIDE DE PASSER À L’OFFENSIVE ?

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Une semaine et quelques poussières après avoir infligé deux matchs à huis clos à l’Esperance Tunis en raisons du comportement belliqueux de ses supporters lors de la finale contre le Al Ahly, la CAF a disqualifié l’Ismaïly SC de la Ligue des champions 2019 pour les mêmes circonstances. Une situation qui dévoile l’ambition de l’instance dirigée par Ahmad Ahmad de combattre la violence sur les stades du continent et périmètres assimilés.

La violence, un vieux démon qui endeuille fréquemment les stades d’Afrique depuis des lustres. Cette fois, la team Ahmad espère prendre les taureaux par les cornes et essayer de l’éradiquer définitivement.

Afin de montrer son intransigeance, la CAF à travers sa Commission de discipline sévit sans arrière-pensée. Deux clubs viennent de subir sa foudre. L’Esperance de Tunis et l’Ismaïly SC.

Peu avant leur sacre le 9 novembre dernier à Radès en finale retour de Ligue des champions, les supporters Sang et Or avaient fait usage de projectiles contre le bus du Al Ahly qui transportait les joueurs à l’entraînement du match. Blessant Hichem Mohammed et quelques membres du staff technique dirigé auparavant par le français, Patrice Carteron. Un fait qui ne restera pas impuni puisque le champion d’Afrique a été contraint de jouer le 12 février prochain contre Orlando Pirates au cours de la 4è journée de LdC sans ses fans après celui contre le FC Platinium le 18 janvier dernier. Seuls les acteurs sur rectangle vert savent à quel point c’est embêtant de jouer au foot devant des gradins vides. Cet obstacle, Mouine Chaâbani et ses garçons semblent le franchir puisqu’ils y sont parvenus à valider les trois points contre le représentant zimbabwéen (2-0). Reste à engranger contre le club sud-africain.

Et puisque les mêmes causes produisent toujours les mêmes effets, le deuxième représentant égyptien, Ismaïly SC, n’a pas été épargné par les erreurs de ses supporters. Lui paie le comportement antisportif de ses passionnés qui, frustrés par la défaite face au Club Africain (1-2) causaient l’arrêt de la rencontre au stade d’Ismaïlia après jets de pierres et bouteilles contre le trio arbitral. Pour ça, la peine de la CAF n’a pas mis du temps à tomber. Elle a été sans appel pour le club égyptien qui a été banni de la compétition de cette saison.

À priori complaisante les années précédentes sur la question des violences sur les stades, l’instance continentale du foot africain semble ne plus vouloir encourager les brebis galeuses à ternir l’image du sport roi africain. Surtout sur un stade qui accueillera la prochaine Coupe d’Afrique des Nations (15 juin au 13 juillet).  

Certes la sanction est une solution pour enrailler la violence sur les stades du continent mais il en existe plusieurs autres moyens dont le renforcement de la sécurité autour des rencontres. Comment ses pseudo-supporters ont pu avoir accès au stade avec ses projectiles ? Soit le laxisme avale la CAF qui a la charge de l’organisation du match par l’intermédiaire des Fédérations soit les forces de l’ordre décident de fermer les yeux à l’entrée du stade après s’être fait corrompre.

En tout cas, la sanction de l’Esperance de Tunis surtout celle de l’Ismaïly est un message fort que la Commission de discipline de la CAF vient d’envoyer aux faiseurs de troubles, désormais prévenus. Car il faudra sortir les cahiers d’histoire pour trouver les traces d’une formation suspendue par la CAF au cours d’une compétition interclubs.