USM Alger: L’ancien international Abdelhamid Bernaoui est décédé

Calme, gentillesse et franchise sont autant de qualité qui reviennent souvent chez ceux qui ont connu l’ex-attaquant de l’USM Alger, Abdelhamid Bernaoui qui vient de nous quitter ce mercredi 6 mai 2020 à l’âge de 83 ans.   De tous les joueurs de l’USMA, celle qui affectionnait « le jeu académique », Bernaoui est sans doute celui […]

Avatar de nassim67kouba Par 07/05/2020 - 02:39
USM Alger: L’ancien international Abdelhamid Bernaoui est décédé

Calme, gentillesse et franchise sont autant de qualité qui reviennent souvent chez ceux qui ont connu l’ex-attaquant de l’USM Alger, Abdelhamid Bernaoui qui vient de nous quitter ce mercredi 6 mai 2020 à l’âge de 83 ans.

 

De tous les joueurs de l’USMA, celle qui affectionnait « le jeu académique », Bernaoui est sans doute celui qui a marqué sa génération, non seulement par son sens du but, mais aussi par son côté bon vivant, car sa compagnie agréable.

 

Abdelhamid Bernaoui est né le 3 décembre 1937 à la Casbah d’Alger. Ironie du sort, l’année de sa naissance était justement l’année e la création de l’USM Alger, qui deviendra son équipe de cœur.

 

Comme tous les jeunes, Abdelhamid Bernaoui a joué au football dans son quartier de la Casbah. C’était du côté de « Dar Erraiba ».

 

Il avait juste 14 ans lorsqu’il avait rejoint son équipe de toujours, l’USM Alger.

 

En cette année 1951, Beraoui faisait partie de des cadets 1er année avec six ou sept amis du même quartier. En 1956, il jouait en juniors tout en se voyant intégré chez les séniors où il avait alors participé à deux matchs avec l’équipe alors dirigée par l’entraîneur Hamid Toto.

 

Puis ce fut, la cessation des activités sportives décrétée par le FLN.

 

En 1957, Abdelhamid Bernaoui est interné au camp de Tiffechoune à Tipaza et c’est après le cessez le feu de 1961, qu’il est libéré pour jouer l’AS Saint-Eugène (actuellement Bologhine), avant de rejoindre le fameux Stade Algérien, équipe composé des autres stars dont Djemaa, Guitoune et les autres participants à plusieurs tournois sur le territoire national sous l’égide du FLN.

 

Bernaoui racontre un des tournois qui l’a marqué en ce temps là : « Je me rappelle d’un fameux tournoi à Bejaia ou il y’avait une entente des joueurs de la même ville, l’USM Blida et l’Entente de Sétif. Cette dernière était invaincue depuis une année. Nous les avons battu 2-1 devant un stade comble, au grand bonheur de nos accompagnateurs, tel que Hahat, Djazouli, Dahmoune et autre ».

 

Après l’indépendance, on voulait reprendre l’AS Saint Eugène, mais la fédération provisoire de l’époque nous avait indiqué qu’on ne pouvait le faire que si on jouait en dernière division. Alors les dirigeants des deux clubs phares d’Alger (USMA et MCA) ont tout fait pour nous récupérer. Et c’est ainsi que finalement Abdelhamid Bernaoui a rejoint les Rouge et Noir de l’USM Alger.

 

C’est alors qu’il formait avec, entre autres, Meziani (son ami intime), Aissaoui, l’ex-ministre de la jeunesse et des sports, Tchalabi et bien d’autres dont les célèbres gardiens de but, Boubekeur, El Okbi et Zebairi.

 

D’ailleurs à propos de Meziani, Bernaoui a précisé dans une de ses interviews au site officiel de l’USMA qu’ « Incontestablement mon ami Meziani est celui avec lequel je m’entendais parfaitement. On pouvait jouer les yeux fermés tellement on s’entendait à merveille sur le terrain et en dehors ».

 

Bernaoui et « la main fatale »

 

Bien avant la « main de Dieu » de Maradona, il y avait bien celle de Bernaoui. Lui même la raconte en ces termes : « Moi je l’appelle la « main fatale ». C’était lors d’un quart de finale de coupe OM Saint Eugène-USMA. En face Boubekeur faisait des miracles dans les buts. On devait jouer la 115 eme minute quand sur un centre de la droite qui ne demandait qu’à mourir dans les bras du gardien, j’ai sauté et boxé le ballon sans trop y croire. Voyant que l’arbitre validait le but je me suis enfui de peur que Boubekeur me torde le cou (rire) » racontait-il avant d’ajouter qu’ « il y a eu quelques minutes de palabres, durant lesquelles j’avouais la vérité à Boubekeur, alors que je disais à l’arbitre que ce dernier est énervé en ayant encaissé un but à la fin et qu’il faisait du cinéma ». Sacré Bernaoui !

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D’ailleurs à la question de savoir combien de buts il a marqué ? Bernaoui répond avec de un grand sourire « Je n’ai vraiment aucune idée. Par contre j’en ai raté beaucoup ». Et comme toujours, pas du tout avare pour ironiser, Bernaoui ajoute « Je me rappelle d’une anecdote qui s’est déroulée lors d’une séance d’entraînement. Ce jour là j’avais raté une balle facile, un dirigeant de l’époque (Alouache) me fit la remarque et je lui ai répondu que Pelé venait de marquer son millième but et Bernaoui vient de rater son millième but (Rire) ».

 

Ses meilleurs joueurs, coaches et présidents

 

Pour Bernaoui « on avait une très bonne équipe cosmopolite, ouverte aux talents, même ceux qui sont venus d’horizons divers, mais qui se sentaient chez eux comme les Aïssaoui, Rabet, Ali Messaoud, Atoui, Rahou, Zeghdoud, Dziri, pour ne citer que ceux-là. C’était une famille. Mais le meilleur d’entre nous, c’était Abderrahmane Meziani, à qui je souhaite une prompte guérison et qui reste un ami auquel je suis très attaché, a confié l’attaquant racé de l’USMA.

 

Hamid, qui ne cache pas sa fierté et son bonheur d’avoir joué à l’USMA aux côtés de Abdelaziz Bentifour, « un immense joueur », estime qu’il n’a pas eu en face de lui un adversaire spécifique qui l’a muselé ou empêché de donner libre cours à son talent. Ceci côté joueur et entraineur, pour meilleur président qu’il a connu, Bernaoui déclare que « Je dirais Said Meddad, et surtout notre « père » Amrani ».

 

D’ailleurs Hamid a su communiquer cette passion à son entourage, dont son fils Krimo, sans doute le meilleur volleyeur que l’Algérie a enfanté qui est devenu coach.

 

Et à ce propos, Abdelhamdi Bernaoui évoque ce metier d’entraineur en ces termes : « J’ai tous les diplômes nécessaires, et j’étais entraîneur au sein des minimes et cadets de l’USMA car je préfère le travail au sein des jeunes et j’ai eu sous ma coupe les Guedioura (Nacer, le ppère de Adlène), Djamel Zidane entre autres.

 

Pour Bernaoui, les meilleurs joueurs sont « Lalmas et Beloumi en Algérie, Pelé mondialement. Pour l’actuel génération Ronaldhinio, un vrai régal. Chez nous, aujourd’hui.. silence. Sanc commentaire.

 

L’esprit usmiste

 

Prié de donner des explication sur « L’esprit usmiste », Bernoui dira : « Il est clair que l’esprit Usmiste n’est pas une légende, mais faut être Usmiste pour le comprendre et le ressentir. C’est un mélange d’éducation, de savoir vivre, classe et ou si vous voulez : tout ce qui est bon est Usmiste. C’est un truc inné et on le ressent en soit… » avait-il alors conclu.

 

Evoquant le public de l’USMA, Bernaoui déclare que « C’était un exemple, le meilleur qui puisse exister….mais actuellement décevant en général. Quand il n’est pas absent, il est vulgaire ».

 

Au début de ce siècle, un gros malaise cardiaque l’a affecté, ce qui a nécessité son transfert en Ecosse où il a subi un triple pontage. « Le médecin m’a dit : le cœur, c’est comme le moteur d’une voiture, racontait-il, quand il se grippe il faut tout simplement le dégripper. »

 

Hamid a pris ces paroles avec philosophie et a vaqué à ses occupations de retraité bien dans sa peau, entouré de l’affection de sa famille et de ses amis avant den ous quitter, ce mercredi 6 mai 2020 à l’âge de 83 ans.

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