Tunisie – Affaire CS Chebba : Kamal Deguiche sous une couverture d’émissaire et d’intermédiaire

Tunisie – Affaire CS Chebba : Kamal Deguiche sous une couverture d’émissaire et d’intermédiaire

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La situation de conflit entre le Club Sportif de la Chebba et la Fédération tunisienne de football (FTF) ne manque pas de rebondissements depuis quelques jours. Suite à son intervention demandant à la FTF de se pencher sur l’organisation d’une assemblée générale des clubs en vue de valider ou non l’exclusion du CS Chebba, le ministre Deguiche en exige plus. L’autorité ministérielle menace de suspendre à son tour l’instance nationale du football tunisien.

Kamal Deguiche est dans un manteau mi-émissaire et mi-intermédiaire. Alors qu’il s’est prononcé pour amener la FTF à faire preuve de flexibilité dans sa décision, le ministre tunisien de la jeunesse et des sports a durci le ton.

Rien ne peut lui être reproché s’il se contente d’un simple rôle de médiateur entre les deux camps. Mais de là à vouloir suspendre la Fédération tunisienne de football, une instance nationale censée agir de façon indépendante, est un peu trop poussé. Toutefois, il ne manque pas de justifier sa prise de position dans cette affaire qu’il qualifie de « situation différente » : « notre ingérence dans cette affaire ne constitue pas une menace pour le sort du football tunisien, car la Fédération internationale de football empêche l’autorité politique de s’ingérer dans les problèmes techniques des fédérations, et nous sommes aujourd’hui confrontés à une situation différente », déclare le ministre tunisien de la jeunesse et des sports. Insister à mettre en exécution sa mesure de suspension, amènera Kamal Deguiche à priver la FTF de sa liberté d’exercice. Cela offre la possibilité aux clubs sous tutelle de contourner l’instance tunisienne quand ils le voudront, car celle-ci aura perdu du crédit à leurs yeux.

Le numéro 1 du sport tunisien a raison de vouloir régler la situation, mais il faut le faire de façon pacifique et sans donner l’air de prendre partie. N’est-on pas vraiment en présence d’une ingérence de la part du ministre des sports ? Connaissant la FIFA dans ces genres de situations, la sanction pourrait surgir. Car même si le ministre évoque  »une situation différente », il n’en demeure pas moins qu’il s’ingère dans une affaire entre la fédération et un club. Est-il réellement nécessaire d’en arriver là pour amener la FTF à ramener la balle à terre ? Il ne faut pas, qu’en voulant régler un problème, on en vient à créer d’autres. « Il vaut mieux éteindre un feu avec de l’eau, que de se servir de l’huile », dira-t-on.