Bukayo Saka, de l'Angleterre, est dépité après avoir manqué le penalty lors de la séance de tirs au but après la finale de l'UEFA Euro 2020 au stade de Wembley, à Londres Bukayo SAKA | Crédit photo: Icon Sport

Sélections européennes: La discrimination raciale, le mal à éradiquer

Publié le : / Par

Auteur du dernier tir au but qui a scellé le sort de l’Angleterre ce dimanche en finale de l’Euro 2020, Bukayo Saka n’a pas été épargné par des propos discriminatoires. Un acte ignoble récurrent dont tous les joueurs noirs qui jouent pour des pays européens sont victimes.

Adulé par la majorité des Français, Kylian Mbappé a été lui aussi écharpé sur les réseaux sociaux pour avoir raté le pénalty contre la Suisse en huitièmes de finale. On n’a pas manqué de rappeler de façon ignominieuse ses origines africaines. Ceci n’est pas valable uniquement pour la France, mais pour nombre de pays européens.

Les footballeurs d’origines africaines sont nombreux, voire même très nombreux, en Europe. Ces dernières années, il n’y a presque plus de sélections européennes n’ayant pas dans son effectif au moins un joueur d’origine africaine. Tous les moyens sont bons pour convaincre ces footballeurs d’endosser le pays, soit où ils sont nés , soit où ils évoluent depuis plusieurs années. Dès qu’on décèle chez eux un talent au-dessus de la moyenne, à un poste où on a pas meilleur que lui, ils sont sollicités avec le miroitement de privilèges et d’avantages pour qu’ils acceptent de jouer pour le pays où ils travaillent. On arrive à les convaincre qu’en jouant pour eux sa carrière professionnelle n’en sera que meilleure. Pourtant, c’est loin d’être le cas. Il suffit de voir les carrières de Sadio Mané (Sénégal), Riyad Mahrez (Algérie) ou Mohamed Salah (Egypte), qui évoluent au plus haut niveau tout en jouant pour leur pays d’origine. Mieux, on peut citer Samuel Eto’o, ou encore Didier Drogba.

Le revers de la médaille dans le fait d’accepter de jouer pour les sélections européennes est de se faire insulter dès qu’on est considéré comme responsable d’un échec. Quel que soit le statut du joueur d’origine africaine, l’on ne se prive pas de lui tomber dessus en lui rappelant d’où il vient. Zinedine Zidane, « le Zizou national de la France » n’a pas échappé au lynchage en 2006, lorsqu’il s’est fait expulser en finale de coupe du monde contre l’Italie. Kylian Mbappé, de mère algérienne et de père camerounais, en a été la victime aussi après l’élimination de la France à l’Euro.

Pour avoir raté le dernier tir au but de l’Angleterre contre l’Italie ce dimanche, Bukayo Saka l’a aussi appris à ses dépens. Il ne fait qu’allonger la longue liste de joueurs d’origine africaine à avoir été descendus en flammes pour avoir été la cause d’une élimination de la sélection, ou de la perte d’un titre. D’un revers de main on efface tout ce que ces joueurs ont apporté à la sélection et ils deviennent des pestiférés. Tout cela parce qu’ils sont d’une autre race ! Peut-on y changer quelque chose ? Toutes les lois promulguées contre la discrimination raciale dans le monde n’ont pas réussi à éradiquer ce mal profond.

Seule une éducation à la base, pour faire comprendre que tous les êtres humains sont égaux, pourrait modifier le comportement des hommes et des femmes envers une personne, qui n’est pas de la même race.