Riyad Mahrez et sa mère Leicester's Riyad Mahrez and his mother and brother celebrates with the trophy during the Barclays Premier League match at the King Power Stadium. Photo : PA Images / Icon Sport

Riyad Mahrez raconte ses années de galère et sa réussite

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Dans un entretien accordé à la chaine YouTube « Oui Hustle », Riyad Mahrez raconte ses années de galère et sa réussite. Le capitaine de la sélection algérienne narre les moments difficiles qu’il a traversés avant d’atteindre la gloire.

Riyad Mahrez a entamé sa discussion en soulignant les difficultés qu’il avait rencontrées à imposer son talent: « Je n’avais rien à envier à personne en termes de talent à Sarcelles. La différence se faisait sur le plan athlétique, j’avais un déficit et ça faisait que certains passaient avant moi ». Le sociétaire de Manchester City a relaté comment il est parvenu à avoir un essai à Quimper.  » Un gars du club [de Sarcelles] a appelé l’une de ses connaissances à Quimper, j’ai obtenu un essai et il m’a mis face à mes responsabilités en me disant de me débrouiller pour m’y rendre ». Riyad Mahrez explique comment il a fait pour convaincre sa mère de lui prêter l’argent pour faire le déplacement à Quimper: « J’ai travaillé la daronne pendant une semaine et tu connais, elle a fini par céder, ça s’est bien passé. Je devais signer amateur, mais finalement j’ai pu signer un contrat fédéral « . Arrive ensuite son expérience au Havre AC, où il signe à 18 ans:  » J’ai signé au Havre à 18 ans en CFA. Je signe pro à 19 ans. C’était pas facile les premiers pas, j’arrivais de la réserve où j’avais mis 14 buts. Le coach m’aimait bien, mais je n’avais jamais réussi à franchir le cap, il fallait s’affirmer au milieu du vestiaire, ça a pris du temps. J’ai toujours été comme ça, je m’adapte et je prends mon envol ». Le meneur de jeu de la sélection algérienne a reconnu qu’il voulait jouer dans l’hexagone, mais dira-t-il « personne ne voulait prendre le risque de m’acheter. Pas d’argent, pas ci, pas ça…C’était il y a 10 ans, à l’époque où c’était vraiment difficile d’aller en L1 ». Le plus surprenant dans ses déclarations est qu’il affirme qu’il ne voulait pas aller en Angleterre au début: « Quand Leicester arrive, je ne voulais pas y aller. J’éteins mon téléphone et pars en vacances en décembre. Je reviens en janvier et je vois qu’ils insistent. Ils me proposent un beau contrat, j’ouvre mon ordinateur et je me renseigne sur eux : ils étaient premiers à vingt matchs de la fin du championnat ». Il n’en demeure pas moins qu’il a révélé ce qu’il avait fait avant de se décider: « Je consulte ma mère, je fais une prière de consultation, les signes étaient favorables, j’y vais. C’est la meilleure décision que j’ai pu prendre dans ma vie ». A propos de ses débuts et sa réussite à Leicester City, l’international algérien souligne « Je fais une bonne première année avec Leicester dans le contenu, on se maintient. L’an d’après, j’ai explosé. Ranieri arrive et me donne les clés. Je montre mon talent et tout s’enchaîne. C’est pas facile mais ça fait plaisir. J’ai toujours gardé les mêmes personnes autour de moi. Quand tu gardes ta bulle, succès ou pas, ça va ».

Pour ce qui est de son transfert à Manchester City, le meilleur joueur de Premier League en 2016 avoue:  » Pep Guardiola c’est les années Barça, quand tu vois qu’il te veut, c’est flatteur. Tu as envie de jouer pour lui ». Il poursuit: « l’adaptation n’était pas facile, comme d’habitude. Pep est un très grand coach, de très haut niveau. Je ne vois pas ce qu’il y a de plus haut que Manchester City aujourd’hui. J’aime beaucoup le foot anglais, je n’ai pas envie de le quitter,  j’y ai des objectifs personnels en championnat ».

A propos de sa réussite, l’international algérien admet que c’est après la coupe du monde 2014 jouée avec l’Algérie qu’il a commencé à être connu, mais:  » Aujourd’hui j’aimerais être comme tout le monde et qu’on ne me reconnaisse pas dans la rue. Mais bon, ça fait plaisir de donner de la joie et de rendre fiers les gens, surtout les Algériens ». Quant à sa manière de vivre le football, il a estimé que  » le foot c’est une remise en question permanente. Tout ce que tu fais hier, les gens oublient. Il faut constamment avoir envie de gagner. Ce sont ceux qui sont endurants qui ont beaucoup de succès. C’est ça la mentalité des champions : il faut être tout le temps là, repousser ses limites, c’est là que tu attrapes le succès ». A propos de la religion, Riyad Mahrez est catégorique: « La religion est primordiale pour moi. C’est mon père qui me l’a inculqué. On marchait jusqu’à la mosquée ensemble, il nous apprenait les sourates. Sans la religion, sans Dieu, on n’y arrivera pas ». A propos de sa carrière avec la sélection algérienne, Riyad Mahrez admet que le début n’était pas facile « Quand on t’appelle ça fait plaisir. J’étais en Championship, j’arrive sur la pointe des pieds sans faire de bruit. À la Coupe du Monde, je ne joue qu’un match et je ne suis pas très bon. J’étais dans l’adaptation, mais désormais, on est champions d’Afrique, on a tout fait pour ».

Revenant sur les résultats de la sélection algérienne, il a salué  le rôle de Djamel Belmadi: « en Afrique, il faut un entraîneur qui connaît ce qu’il s’y passe. C’est différent, il faut le faire pour aller jouer au Malawi à 14h sur un synthétique. Djamel Belmadi sait ce qu’il se passe, il connaît les conditions. Beaucoup de locaux ont démontré qu’ils étaient compétents. Pour clore l’entretien, Riyad Mahrez a mis en exergue son rejet du racisme en affirmant: « Je pense que la FIFA doit prendre encore plus de mesures plus radicales. Il y aura toujours des idiots, mais Eto’o a raison, il faut faire plus. À titre personnel, je ne l’ai jamais subi ».