[RÉTRO 2018] CAN 2019 : QUAND LA CAF JOUE UN MAUVAIS TOUR AU CAMEROUN!

[RÉTRO 2018] CAN 2019 : QUAND LA CAF JOUE UN MAUVAIS TOUR AU CAMEROUN!

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La tristement célèbre date du 30 novembre 2018 est désormais un souvenir indélébile dans l’histoire du football camerounais. Ce jour-là, le Comité exécutif de la CAF, réuni à Accra au Ghana, a décidé à la surprise générale de retirer l’organisation de la CAN 2019 au Cameroun. Ce fut une journée haletante pour les Camerounais, qui avaient les regards braqués vers Accra, en attente d’une décision qu’ils savaient en leur faveur, surtout que quelques jours avant, le président de la CAF en visite au Cameroun, avait déclaré au sortir d’une audience avec le président camerounais Paul Biya, que «la CAF n’a pas de plan B» concernant l’organisation de cette compétition.

Une déclaration qui a rassuré le peuple camerounais et a laissé croire que la CAN 2019 était désormais un acquis. Les Camerounais ont très vite oublié que deux mois auparavant, lors de la réunion du Comité exécutif du 27 septembre à Sharm El-Cheikh (Egypte), la CAF n’était pas satisfaite par l’état des préparatifs au Cameroun. Elle pointait «un retard important dans la réalisation des infrastructures». C’est quasiment la même raison qui a conduit à la prise de décision au Comité exécutif du 30 novembre, conjuguée à des soucis sécuritaires.

Un sacré coup de poignard de la CAF dans le dos du Cameroun, pays des Lions indomptables, premier quart de finaliste africain dans une phase finale de la Coupe du monde (Italie 90), médaillé Olympique (Sydney 2000), quintuple champion d’Afrique et tenant du titre de la Coupe d’Afrique des nations, moule à fabriquer des talents surcotés à l’échelle mondiale à l’instar de Roger Milla, Thomas Nkono, Joseph Antoine Bell, Jean Manga Onguené, Rigobert Song, Samuel Eto’o…

CAN 2021 querellée

Le Cameroun à travers la diplomatie de Samuel Eto’o avait pourtant cru pouvoir infléchir la position d’Ahmad Ahmad, lequel avait déjà fait modifier en 2017 le calendrier de la compétition en la décalant de janvier-février à juin-juillet, avec un passage de 16 à 24 équipes. Par la suite, il se fendit des déclarations visant à mettre en doute la capacité du Cameroun à organiser ce tournoi new-look. Touché dans son orgueil, le pays mettait les bouchées doubles pour la construction et la réfection des infrastructures, afin de faire mentir le président de la CAF au «jour-dit». Ce jour qui n’arrivera jamais en 2019, malgré l’engagement pris par le Chef de l’Etat camerounais en août 2017, juste au lendemain des premières déclarations incendiaires du Malgache à l’encontre du pays des Lions indomptables.

La CAF proposera au Cameroun en guise de consolation, l’édition 2021 (attribuée à la Côte d’Ivoire), optant pour un décalage de la Côte d’Ivoire en 2023. Mais cette décision d’Ahmad Ahmad risque de créer plus de problèmes à la CAF que celle du retrait de la CAN 2019 au Cameroun lui en a résolue. Les Ivoiriens ont d’ailleurs entrepris une procédure au Tribunal Arbitral du Sport (TAS), dans l’optique de conserver leur compétition. Dans la foulée, un nouvel appel à candidatures a été lancé par la confédération, et deux pays se sont positionnés pour relayer le Cameroun, en l’occurrence l’Afrique du Sud et l’Egypte. La CAF va désigner un nouveau pays organisateur le 9 janvier prochain à Dakar au Sénégal.