RACISME DANS LES STADES : CAGLIARI, L’ÉTERNEL RÉCIDIVISTE TOUJOURS IMPUNI

RACISME DANS LES STADES : CAGLIARI, L’ÉTERNEL RÉCIDIVISTE TOUJOURS IMPUNI

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Samuel Eto’o, Sulley Muntari et récemment Blaise Matuidi comptent parmi les victimes de ces hommes lâches. L’UEFA brille par un silence complice sur ce cas, et pourtant elle doit impérativement sévir.

Ça n’a que trop duré ! Les instances du football doivent impérativement passer à l’action si elles veulent légitimer leur combat pour l’éradication du racisme dans les stades de football. Et le cas de Cagliari, l’éternel récidiviste qui excelle dans cette pratique en Serie A italienne, mérite d’être minutieusement analysé afin que l’UEFA et la FIFA sévissent durement par des mesures qui s’imposent. La Sardegna Arena est devenue au fil du temps, le terreau fertile de ces racistes invétérés qui ne manquent pas de se produire chaque fois que l’occasion s’y prête. Mardi soir encore, lors de la réception de la Juventus Turin (0-2) en match avancé de la 30e journée, les supporters du club sarde se sont livrés à leur exercice favori, en émettant des cris de singe à l’encontre de Moise Kean et de Blaise Matuidi durant le match.

Le premier, auteur du deuxième but turinois, en guise de réponse à ses détracteurs, est allé célébrer son but devant la tribune des supporters sardes. Une célébration pas du tout appréciée par ces derniers qui y ont vu de la provocation. Par conséquent, ils ont amplifié leurs insultes racistes à l’encontre du jeune italien d’origine ivoirienne. Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il n’a pas reçu le soutien de l’ensemble de ses coéquipiers. A l’instar de Leonardo Bonucci, qui a jugé excessive la célébration de son jeune coéquipier.

Bonucci se désolidarise

«Kean sait que, quand il marque, il devrait fêter ça avec ses équipiers. Il sait qu’il aurait pu faire quelque chose de différent. Il y a eu des cris racistes après le but. Blaise [Matuidi] les a entendus et était en colère. Je pense que la faute est partagée à 50-50. Moise n’aurait pas dû faire ça et le virage n’aurait pas dû réagir comme ça», a déclaré Bonucci dans des propos relayés par Sky Italia. Une sortie qui a davantage enflé la polémique, et qui corrobore celle du président de Cagliari, Tommaso Giulini, qui n’a rien dit dans le sens d’atténuer la situation. «Si Bernardeschi avait célébré cette fête de la sorte, il aurait été traité de la même manière par nos supporters. Pareil si c’était Dybala (…) Nous ne pouvons pas désigner l’ensemble du public de Cagliari par des propos négatifs».

Une lecture plutôt surprenante de la part des acteurs qui sont des fois mis à contribution pour combattre ce fléau dans les stades. Sauf que le cas de Cagliari ne devrait plus resté impuni. Le club sarde ne fait que ça tout le temps. Il y a un an, l’international français Blaise Matuidi avait déjà été victime de propos racistes de la part des supporters de cette équipe. Et l’acte était resté impuni par la Commission de discipline de Serie A. En 2017, c’est le Ghanéen Sulley Muntari, alors sociétaire de Pescara, qui avait subi le même sort à Cagliari. En 2010, le Camerounais Samuel Eto’o avait déjà été victime des cris de singe dans le même jardin alors qu’il évoluait à l’Inter Milan.  

Le cas de Cagliari n’est qu’une partie visible de l’iceberg, dans un championnat encore hostile à la présence des hommes de couleur, et où le phénomène n’est pas suffisamment condamné. Comme quoi le racisme a encore de beaux jours devant lui en Italie. Et c’est bien dommage pour le football !