PRÉPARATIF CAN 2019 : GRÉVE DES OUVRIERS SUR LE CHANTIER DU STADE PAUL BIYA A YAOUNDÉ

Du Cameroun: Yannick Kenné   A un an de la Coupe d’Afrique des nations, «Can Total Cameroun 2019», les travaux de construction des infrastructures sportives avancent bon an mal an, en dépit de quelques grincements de dents observés ça et là. Le site d’Olembé à Yaoundé, l’un des sept sites devant abriter les matchs de […]

Avatar de nassim67kouba Par 12/06/2018 - 23:47
PRÉPARATIF CAN 2019 : GRÉVE DES OUVRIERS SUR LE CHANTIER DU STADE PAUL BIYA A YAOUNDÉ

Du Cameroun: Yannick Kenné

 

A un an de la Coupe d’Afrique des nations, «Can Total Cameroun 2019», les travaux de construction des infrastructures sportives avancent bon an mal an, en dépit de quelques grincements de dents observés ça et là. Le site d’Olembé à Yaoundé, l’un des sept sites devant abriter les matchs de la CAN l’année prochaine, est en proie à quelques bruits de bottes des ouvriers, qui ont observé un débrayage le mardi 12 juin 2018. Ils protestent contre leur prise en charge approximative et des conditions socioprofessionnelles dantesques, par leur employeur, la société HSD-Melt Group, l’une des deux (avec 2IM) qui sous-traitent avec Gruppo Piccini, le maitre d’œuvre, en matière de gestion des ressources humaines.

Police répressive

Après avoir adressé le 4 juin dernier un préavis de grève à leur hiérarchie sans obtenir un feed-back après la huitaine prescrite, les ouvriers, une cinquantaine, ont entrepris très tôt ce mardi matin d’assiéger le site, obstruant l’accès au chantier à toute autre personne. Sauf qu’ils ne tiendront pas longtemps dans cette manœuvre, et seront dispersés par les forces de maintien de l’ordre camerounaises, massivement déployées pour tenter d’étouffer cette grève sur ce site qui abrite tout de même le grand Stade Paul Biya, du nom du Président de la République, d’une capacité de 60 000 places.

Dans la foulée, la police procède à l’arrestation de deux délégués du personnel, solidaires des ouvriers grévistes, mais les relaxe plus tard. En dépit de ce stratagème d’intimidation des hommes en tenues, les manifestants ne démordent pas de leurs revendications. «Si nos revendications ne sont pas résolues, on va continuer. Le drame est que l’employeur principal pouvait encore nous rassembler afin qu’on trouve des solutions avec l’Inspection du travail. On devait lever le mot d’ordre de grève. Il ne l’a pas fait», vitupère André Zoa, l’un des délégués arrêtés.

Revendications

Ils revendiquent entre autres, la signature des contrats de travail en «bonne et due forme», le reversement des cotisations à la Caisse nationale de Prévoyance sociale (Cnps) camerounaise, l’établissement d’un calendrier de paie selon les dispositions en vigueur, le paiement des indemnités de logement à tous les travailleurs sans discrimination, le paiement des primes de risque, des primes de rendement, des primes de responsabilité, ou encore la révision de la prime de ration journalière à la hausse selon le cahier des charges.

Saisi de cette crise, le Directeur général de l’entreprise italienne Piccini a apporté quelques clarifications visant à discréditer les employés en grève. «En principe, les employés de Piccini ne sont pas en grève. Mais, il y a des employés absents aujourd’hui, d’une entreprise (Hsd-Melt Group, NDLR) qui travaille avec nous pour les derniers jours. Leur mission ici va se terminer le 15 juin, mais la plupart de leurs ouvriers sont transférés dans l’autre entreprise. Ce sont peut-être 15 ou 20 personnes qui ont certains problèmes», a-t-il réagi. Cependant, les ouvriers de 2IM, et quelques-uns de la société HSD-Melt-Group, lesquels se sont désolidarisés des grévistes, continuaient à vaquer à leurs occupations sur le chantier.

 

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