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SÉNÉGAL-INSTITUT DIAMBARS / LE TRIPTYQUE : JEUNESSE , ETUDE ET SPORT

  • Publié : 10/06/2018 - 19:44 /
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La structure de formation de type Sport et Etudes, construit sur un terrain de 15 ha à Saly, a pour simple vocation d’insérer les jeunes dans la vie active par le sport. Ils les aident également à briller dans les études afin qu’ils deviennent des hommes aguerris.
DU Sénégal: Djiby Diop Ndiaye

NAISSANCE DU PROJET

De leurs années au Losc et au RC Lens, Bernard Lama et Jimmy Adjovi Boco ont gardé plus qu’une grande amitié. Au fil des déplacements, des matches, des rencontres sportives et amicales, de leurs échanges, ils ont gardé une envie commune : "rendre au foot ce qu’il leur a donné", c’est à dire partager... Assez vite, ils pensent à une école de foot, mais une école pas comme les autres. Si Bernard joue encore, Jimmy a pris du recul, et avec Saer Seck, ami de longue date et ex-international junior, très impliqué dans le foot au Sénégal, ils perçoivent l’impact que le football a sur les jeunes.

Le projet prend bientôt de la dimension : "Faire du foot passion un moteur d’éducation. Bâtir une école de champions qui forme aussi des hommes et contribuer ainsi à l’éducation des enfants, au développement des pays et du continent africain". Un soir de l’année 1997 sur la plage de Saly au Sénégal, Jimmy Adjovi Boco et Saer Seck baptisent le projet Diambars. En France, soutenu par Bernard Lama, rejoint par Patrick Vieira, Jimmy présente à la Région Nord-Pas de Calais le projet Diambars. La Région témoigne de son intérêt et finance l’étude de faisabilité. Quelques mois plus tard, elle deviendra le premier partenaire de l’association, bientôt rejoint par le ministère de la coopération. Au Sénégal, le Président Wade témoigne également son intérêt au projet et mettra à disposition un terrain de 15 hectares sur lequel se construira le premier Institut Diambars. 

LE RECRUTEMENT

Il s’effectue sur l’ensemble du territoire national sur la base de critères purement sportifs pour les jeunes âgés de 13 à 18 ans. L’objectif n’est pas d’avoir un produit fini du football mais de déceler des jeunes qui ont du talent et qui, mis dans d’excellentes conditions de réussite, peuvent arriver à un résultat satisfaisant. Le dernier critère, c’est l’âge. Il faut certifier que le jeune recruté ne fraude pas. Une fois le recrutement fini, tous les jeunes pensionnaires sont sous la supervision du centre. • Les promotions Elles sont mises en place en fonction de l’âge des pensionnaires. Une des promotions porte le nom d’Ibrahima Thiam, un jeune qui avait réussi les tests de présélection des gardiens de buts avec brio et qui décéda malheureusement avant la rentrée. La toute dernière promotion porte le nom de Thomas Ryan Vigs, qui était un jeune britannique fan d’Arsenal du temps où Patrick Vieira évoluait sous les couleurs de cette équipe. Il s’intéressait beaucoup au projet Diambar, n’hésitant pas à mettre de l’argent pour subvenir aux besoins de l’institut. Il décéda des suites d’une maladie. Pour lui rendre hommage, la direction de l’institut, sous la houlette de son président Saër Seck, a décidé de donner son nom à la cadette des promotions.

Un institut aux multiples ambitions 

Tout individu a besoin d’éducation, quel que soit son domaine d’activité. Soucieux de cela, l’établissement met l’accent sur la scolarisation de ces pensionnaires. Matar Fall, très jeune, a bien compris cette leçon et a décidé de bosser très dur à l’école. « Un milieu de terrain très teigneux » comme l’a noté Iba Diagne le chargé de communication de l’institut, Matar a contracté une blessure au genou en juin durant les vacances d’été. Il travaille dur en classe, car déjà conscient qu’on peut réussir au foot comme ailleurs dans la vie. Un joueur ayant déjà atteint le haut niveau on peut quitter les terrains sur un simple accident. Pour anticiper de pareilles éventualités, l’institut a mis en oeuvre un programme débouchant sur différents métiers de la vie. L’objectif, c’est d’asseoir une autonomie L’institut fonctionne sur un mode administratif associatif avec cinq promotions de jeunes internés.

C’est par un mode hôtelier, en plus de la scolarité et de l’encadrement sportif, que l’institut fonctionne. Plus de soixante employés assurent les services d’hébergement, de restauration, de scolarité et d’administration. Les premières ressources proviennent des membres. Au-delà, la contribution des différents partenaires permettent de prendre en charge certaines dépenses liées au fonctionnement de l’institut. « On travaille sur un mode basé sur le triptyque : jeunesse - études - sport » confie le président de l’institut. Les stages-foot Diambars comme ceux de Jean Michel Larquet en France et les colonies de vacances sont également des activités rémunératrices pendant les périodes de vacances, sans oublier la location d’infrastructures. « Avec la piscine et les terrains synthétiques gazonnés prévus, nous serons en mesure d’accueillir des équipes nationales et des clubs professionnels » projette M. Seck ; autant d’activités qui permettront de subvenir aux charges de fonctionnement du centre. Les jeunes joueurs ont séduit le public européen. Certains recruteurs ont été séduits par les pensionnaires de l’Institut Diambars et ont eu l’oeil sur eux durant leurs déplacements en Europe. Certains l’ont dit ouvertement tandis que d’autres ont préféré rester discret. Des agents se sont même déplacés pour les voir aux entraînements à Saly.