Sadaf Khadem va devenir la première femme Iranienne à combattre officiellement sur un ring ce samedi en France

  • Publié : 12/04/2019 - 15:48 /
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Tout le monde sait que la boxe est interdite pour les femmes en compétition en Iran. Il faut savoir aussi que les femmes s’entraînent dans des clubs et des salles privées. Elles ont le droit de s’entraîner, mais pas par des hommes. D’autant qu’il n’y a pas d’entraîneurs pour les femmes. La boxeuses Iranienne, Sadaf Khadem qui s’entraîne avec un homme « Iranien » dans la clandestinité.

 

Cette professeure de fitnes de 24 ans, va disputer le premier combat officiel de sa vie à Royan, en Charente-Maritime en France ce samedi en trois reprises pour tenter de battre la Française Anne Chauvin.

Ce samedi, Sadaf va, non seulement réaliser son rêve de boxer devant un public, mais de rentrer dans l’histoire pour être la première femme iranienne à disputer un match de boxe « officiellement ».
« C'est le premier combat d'une Iranienne qui est validé, enregistré avec des vrais arbitres par une fédération nationale. C'est le premier combat officiel d'une Iranienne" en boxe anglaise, assure Mahyar Monshipour, en charge de l'organisation.

Son coach n’est d’autre qu’un autre boxeur, Français d'origine iranienne, Mahyar Monshipour. Le champion du monde des super-coqs entre 2003 et 2006 a rencontré Sadaf Khadem il y a deux ans à Téhéran, lors d'un entraînement en plein air qu'il animait.

L'histoire de la jeune femme remonte à 5 ans avant qu'elle n'enfile pour la première fois les gants de boxe, elle pesait plus de 100 kilos et elle le dit, c'est la boxe qui lui a permis de s'épanouir. Alors le combat, le vrai, c'est celui pour l'amélioration de la condition des femmes dans son pays. La jeune boxeuse recontacte Monshipour il y a quelques mois, en indiquant qu’elle en a assez de s'entraîner et qu’elle veut boxer.

"L'idée est venue quand le CIO (Comité international olympique), a sommé les pays, qui ne rendaient pas tous les sports mixtes, à les rendre mixtes dans leur pays sous peine d'exclusion des équipes masculines des Jeux olympiques", explique Monshipour.

La Fédération française de boxe et le ministère des Sports ont alors joué le jeu en donnant les autorisations nécessaires "car elle n'est pas résidente en France et elle n'est pas française", précise ce conseiller technique au ministère des Sports, impressionné par le mental de la jeune femme.

"C'est une guerrière. Elle a progressé techniquement depuis qu'elle est arrivée" le 6 avril, observe l'ancien champion franco-iranien.

En France, elle découvre "des gens très chaleureux". "Je ne m'attendais vraiment pas à ça, je suis agréablement surprise", remarque la jeune femme qui enchaîne entraînements et interviews, un emballement médiatique.

Cheveux relevés avec des mèches un peu rouges, le regard concentré, la nouvelle licenciée du club de Royan tape des poings, en short et débardeur, bien décidée à gagner.

"Je veux m'améliorer le plus possible, aller le plus loin possible et montrer la voie aux autres Iraniennes pour qu'elles puissent goûter à ce sport", dans un pays où il y a "un énorme engouement pour les sports de combat", souligne la jeune débutante. A tel point qu'Iran International TV va retransmettre ce match en direct.

Ce Samedi, Sadaf va réaliser son rêve et rentrer dans l’histoire de la boxe iranienne en boxant en public.

 

C'est le premier combat d'une Iranienne qui est validé, enregistré avec des vrais arbitres par une fédération nationale. C'est le premier combat officiel d'une Iranienne" en boxe anglaise, assure Mahyar Monshipour, en charge de l'organisation.