Mohamed Salah : La fédé égyptienne pointée du doigt

  • Publié : 07/09/2018 - 22:12 /
  • 1044 /
  • 0 Commentaire


 
Par DJAZIA SAFTA

Tout semble aller pour le mieux entre Mohamed Salah et la fédération égyptienne de football (EFA). Après la guéguerre du mois d’août août dernier entre les deux parties, le temps semble s’éclaircir pour les Pharaons qui affronteront le Niger samedi au stade Borg al-Arab d'Alexandrie, dans le cadre des qualifications pour la CAN-2019. Pour preuve, l’ailier de Liverpool est présent au rassemblement de sa sélection. Pour démontrer  que tout va bien, les Pharaons ont même pris soin de photographier l’accolade entre leur star et le président de l’EFA, Hany Abo Rida, mardi à l’entraînement. Reste à savoir si tout cela signifie que l’EFA a accepté les requêtes du Joueur africain de l’année 2017 en termes de marketing et de sécurité. 

Il y a lieu de noter que la star de Liverpool et son agent avaient publiquement reproché à la fédération de n'avoir pas répondu à leurs demandes de garanties en termes de sécurité, d'organisation et de droits à l'image.

La fédération a été accusée à plusieurs reprises d'avoir illégitimement exploité le visage de Salah à des fins commerciales (sans son autorisation, par exemple, sur l'avion de la sélection aux côtés du sponsor télécoms WE alors que Salah est sous contrat avec une marque rivale, Vodafone).    

 Mais sur les réseaux sociaux comme dans les rues, les Egyptiens sont aussi peu avares de louanges envers leur idole que d'invectives à l'encontre de leur fédération. "Si on faisait un référendum, nous les Egyptiens dirions que nous ne voulons pas de cette fédération", s'emporte Ahmed Assem, un chargé de relations publiques de 59 ans très volubile, devant des petites échoppes dans une rue passante du Caire.

"Tous ces gens sont des incapables"

s'exclame-t-il, sans ménager l'agent de Salah dont le ton menaçant a été, selon lui, la "cause" de la crise. Attablé à la terrasse d'un café, Mostafa Mahmoud, un étudiant de 22 ans  accuse: "Ils veulent exploiter Mohamed Salah le plus possible". "Comme elle abuse de tout, la fédération a exploité la situation pour ses propres intérêts financiers", dénonce-t-il, arborant fièrement un maillot du Real Madrid, très populaire en Egypte.Tenant un journal à la main, Youssef Mohamed, propriétaire à 65 ans d'un petit atelier de mécanique, estime que la crise a mis en lumière un problème plus général dans le milieu du football, qui ne sait pas assez préserver ses "bijoux" selon lui. - Salah bouscule les habitudes - "Le nom de l'Egypte est dans la bouche de tous à l'échelle mondiale... +Mo Salah+ est à l'origine d'une révolution, et on essaie d'en abuser", regrette-t-il. 

Face à ce torrent de critiques, la fédération égyptienne assure avoir répondu aux attentes des stars internationales, au camp d'entraînement à Alexandrie, où la sélection se prépare au match de samedi. "Nous avons appliqué le règlement qui interdit l'accès du public et des médias au camp "avec une présence sécuritaire renforcée, précise Oussama Ismaïl, directeur de la communication de la fédération.

Au-delà de la crise avec Salah, les supporters comme les spécialistes pointent plus généralement" un manque d'organisation" au sein de la fédération, à l'instar d'Amir Abdelhalim, responsable éditorial pour le célèbre site" Fil Goal",

spécialisé dans le football. "Le fait que l'Egypte ait une star de la trempe de Mohamed Salah, sa présence parmi les trois meilleurs joueurs du monde et d'Europe est une première dans l'histoire du football égyptien", souligne-t-il toutefois. "Nous devons gérer un niveau de professionnalisme auquel nous n'étions pas habitué: le plus haut niveau", conclut M. Abdelhalim.