La vidéo ou le sifflet : quel avenir pour l’arbitrage ?

  • Publié : 11/07/2019 - 11:55 /
  • 90 /
  • 0 Commentaire


Le match entre le Sénégal et le Bénin (1 - 0) comptant pour les quarts de finale de la CAN 2019 a été marqué par l’entrée en jeu de l’assistance vidéo à l’arbitrage (VAR). Une innovation qui suscite moult les interrogations.

 

Un but accordé ou refusé, une faute sifflée, un hors-jeu signalé par un arbitre de touche. Tous sont des décisions du maître du jeu et de ses assistants sensés lui indiquer les actions qu’il n’aurait pas vues. Toutes des décisions motivées par une intime conviction pour ne pas dire une certitude. 

Pourtant, la VAR vient souvent remettre en cause certaines de ces décisions prises par les arbitres. Mettre en doute la parole du maître du jeu, entacher la crédibilité même des juges les plus expérimentés, pour faire appel à un œil externe. Une nouvelle innovation de la FIFA pour moderniser le football, mais qui jusque-là a fait plus de polémique qu’il en a pas fait taire sur les stades d’Afrique. 

Dès lors, pourrait-on se demander si la solution n’est-elle pas une source de problème. La FIFA répondra certainement par la négative convaincue que le jeu en vaut la chandelle. La CAF elle a opté pour la prudence en décidant de ne faire recourt à la VAR qu’à partir des quarts pour éviter la polémique. 

Mais nombreux sont ceux qui doutent de la Solution VAR. Massimo Bousacca, le chef des arbitres de la FIFA bien que défenseur de cette nouvelle trouvaille pour « nettoyer le jeu », trouve à redire notamment en ce qui concerne le temps qu’elle fait perdre. « La communication entre l’arbitre et l’assistant VAR est essentiel. Elle doit être courte et claire, pas très long comme on a vu hier », disait-il déjà en juin 2017, faisant allusion au match du groupe B entre l’Allemagne et Cameroun lors de la Coupe des confédérations de la FIFA en Russie. 

Le scénario s’est répété récemment et de manière plus accentuée. La finale retour de la Ligue des champions africaine opposant l'Espérance Tunis au Wydad Casablanca interrompue pendant 90 minutes pour raison de Var. Une première dans l’histoire du football africain. Et pour son entrée en jeu lors de cette CAN 2019, la nouveauté ne pouvait passer inaperçue. Mustapha Ghorbal est suspendu à son oreillette sans réponses aux interrogations des joueurs pour raison de VAR. L’arbitre est à l’écoute des juges invisibles pour valider ou invalider le but de Sadio Mané signalé comme hors-jeu. On aura même vu des matchs prolongés à 5 minutes, et même 8 minutes (France Nigeria à la coupe du monde féminin) pour raison de Var.

Même si pour sa première expérimentation lors de la coupe du Monde 2018, un bilan satisfaisant en a été tiré compte tenu de la réduction des erreurs (réduction de 8,8 % des fautes, réduction de 14,7 % des cartons jaunes et réduction de 6,4 des cartons rouges, réduction de 19,3 des contestations, et de 43 % des simulations), la VAR n’est pas irréprochable. 

Au vu des situations crée par cet arbitrage assisté, positivement ou négativement appréciées, il y a matière à réfléchir sur l’avenir des arbitres. « Il faut que l’arbitre reste le maître du jeu », disait Massimo Bousaca, chef des arbitres de la FIFA en janvier dernier en marge du congrès de l’AIPS à Lausanne, où il faisait le bilan de la VAR à la Coupe du monde 2018. Cela, pourrait-il demeurer le cas quand le dernier mot revient à l’assistant virtuel?