Emmanuel Eboué en compagnie de notre journaliste à Abidjan Moyabi Diabaté.

EXCLUSIF - EMMANUEL EBOUÉ À AFU ET RTI « JE SUIS UN LION, JE NE TOMBE JAMAIS!»

  • Publié : 03/02/2019 - 16:44 /
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Au bord du suicide il y’a un an, Emmanuel Eboué revit à présent. Dans sa luxueuse villa à Abidjan, il nous a reçu avec sa bonne humeur légendaire. Sans langue de bois, il raconte sa nouvelle vie, ce fameux divorce avec Aurélie, ses enfants, la Fédération Ivoirienne de Football, ses ex-coéquipiers, son départ fracas de l’équipe nationale, Sabri Lamouchi. Accrochez-vous, Manu a sorti sa dégaine… Formé à l’Académie Mimosifcom (centre de formation de l’Asec Mimosas) sans évoluer avec l’équipe professionnelle du club Jaune et Noir, Emmanuel Eboué rejoint la Belgique où il signe à KSK Beveren (2002-2004) avant de rejoindre Arsenal en Angleterre (2004-2011) puis de signer à Galatasaray (2011-2015). L’ancien latéral droit ivoirien qui aura disputé deux finales de Coupe d’Afrique (2006 et 2012) avec la sélection nationale a été contraint de mettre un terme à sa carrière à 35 ans. Car, au moment de signer son retour en Angleterre à Sunderland, Manu a été rattrapé par sa négligence puis calciné par ce divorce avec Aurélie Bertrand qui lui feront toucher le fond.

Entretien Réalisé en partenariat avec la Radiodiffusion Télévision Ivoirienne ( RTI )

 

SA NOUVELLE VIE…

À Abidjan, Emmanuel Eboué tente joyeusement de recoller les morceaux. Précisément sur le terrain de la Société Ivoirienne de Raffinerie (SIR) à Vridi, à presque 4 kilomètres de l’aéroport international Félix Houphouët Boigny où il enseigne le foot au Centre d’Apprentissage du Football. Une école de foot, crée en 2007, appartenant à un ancien international français d’origine ivoirienne, Olivier Kapo. Là-bas, Eboué prend plaisir à donner des séances d’entrainements alors que l’on l’annonçait à la tête de l’équipe des jeunes de son dernier club, Galatasaray. « (Rires) Je suis le superviseur des jeunes joueurs que Galatasaray supervise en Afrique. Si vous voulez, je suis l’œil du club en Afrique. Je suis en train de passer mes diplômes d’entraîneur en Angleterre. J’attends le signal de la Fédé anglaise pour retourner et aller terminer ma Licence B. Au terrain de la SIR, je donne un coup de main à mon ami Olivier Kapo. J’essaies de permettre aux jeunes de son Centre de formation de réaliser leur rêve, surtout de devenir des hommes », a rassuré le finaliste de la Ligue des champions 2005 avec Arsenal.

SON DIVORCE ET SES ENFANTS…

Abandonné par son ex-épouse, Aurélie Bertrand, alors qu’il purgeait une peine infligée par la FIFA, Eboué livre avec des émotions pleines les yeux et dans la voix, sa version des faits « (Il pousse un gros soupir) Pour mes fans qui veulent savoir la vérité, j’ai décidé de parler. Déjà, il faut savoir qu’ils sachent que je n’ai jamais dit que j’étais ruiné. Les différentes interprétations de certaines personnes m’ont gratuitement collé cette étiquette. J’ai juste dis que j’avais de besoin de reconfort. Puisque j’ai eu des problèmes avec mon ex-femme après notre divorce. Le verdict du jugement lui a été favorable comme c’est le cas en Angleterre pour les femmes. Elle a été poussé à bout par certaines femmes de mes anciens coéquipiers pour demander le divorce puisqu’entre elle et moi tout se passais bien. Au tribunal, elle a bénéficié de tous les biens que j’avais en Angleterre. Les deux maisons et les voitures que je possédais. J’en ai cruellement souffert en y pensant. Mais avec du recul, j’ai compris que c’était la mère de mes trois enfants et que tôt ou tard, les biens reviendrait aux enfants », a-t-il reconnu avant de taire les soupçons d’enfant adultérin qu’il aurait conçu lors de son passage en Turquie « Je n’ai absolument pas d’enfant hors mariage. Les trois enfants que j’ai eus avec mon ex-femme sont les seuls que j’ai. Tout ce qui se raconte est archi-faux ». Et concernant ses propres enfants, lui regrette le refus catégorique de son ex-femme de les voir « Je n’arrive toujours pas à voir mes enfants depuis près de deux ans. J’ai très mal. Le mardi 30 janvier, c’était l’anniv de mon fils. Elle (son ex-femme) m’a lancé un appel vidéo pour que je puisse parler avec lui. J’ai fondu en larme. C’est très douloureux. Avec mes enfants j’étais très attaché »

SES COÉQUIPIERS EN SÉLECTION, LA FIF…

Dévasté par ses épreuves, l’ancien poulain d’Arsène Wenger regrette de ne pas avoir eu le soutien escompté auprès de certains de ses amis de la sélection nationale ivoirienne mais grave de la Fédération Ivoirienne de Football (FIF) actuelle « Pendant cette douloureuse période, je n’ai eu aucun soutien de mes amis avec qui j’ai joué en équipe nationale. J’avais besoin d’un soutien moral pas financier. Tous n’ont pas compris ça. Hormis, Ndri Romaric et Baky Koné qui m’ont soutenu moralement, tous m’ont tourné le dos », a lancé Manu qui en profite pour dénoncer l’absence de la Fédé ivoirienne à ses côtés « Aucune personne de la FIF n’a décidé de me contacter pendant cette période. J’ai servi le pays à un moment donné de ma vie. J’aurais aimé recevoir un soutien affectif de ma Fédé. C’est bien dommage mais c’est la vie. Je suis un lion, je ne tombe jamais », s’est-il exprimé.

FRANCIS KACOU ET SA SUSPENSION D’UN AN PAR LA FIFA

Suspendu par la FIFA alors qu’il devait payer environ 2 millions d’euros à ses ex agents sportifs dont M. Boisseau Sébastien, Emmanuel Eboué avoue avoir été trahi par Francis Kacou, le dirigeant de l’Académie de football Amadou Diallo (Afad) à l’époque intermédiaire entre lui et son avocat « Toutes les interviews que Francis Kacou a donné à ce sujet sont fausses. Il est à l’origine de tous ses problèmes avec mes ex agents. J’ai joué la carte de l’honnêteté avec lui et en retour il m’a poignardé dans le dos. Il m’a soutiré près de 15.000 euros qu’il a refusé de payer à l’avocat en charge de régler l’affaire. Et tout ça, parce que j’ai refusé qu’il soit mon agent. J’ai eu la vraie version de l’affaire auprès de l’avocat quand je me suis rendu à la FIFA pour le litige. Malheureusement, il était trop tard pour rattraper le coup. Mais Francis, ne paie rien pour attendre. Je vais en découdre avec lui », le dirigeant ivoirien appréciera.

DÉPART EN ÉQUIPE NATIONALE, SABRI LAMOUCHI

Absent de la sélection ivoirienne depuis 2013, Eboué revient sur sa mise à l’écart en sélection, l’environnement malsain engendré par la FIF au sein du vestiaire en son temps et les causes des échecs répétées de la génération dite dorée. « En sélection je n’ai jamais manqué de respect à quiconque. À un moment donné, il fallait écarter ceux qui ne cautionnaient pas l’hypocrisie et la méchanceté. Il faut expliquer aux ivoiriens les causes de la mise à l’écart de Romaric, Kader Kéïta, Boka Arthur, Siaka Tiéné, Drogba Didier et moi. Quand tu es le père de famille, tu ne dois pas aimer un tel et dénigrer un tel. Le président de la FIF aimait certains joueurs contrairement à d’autres. Raison pour laquelle nous n’avons rien remporter. La Fédé est à l’origine de nos défaites », a-t-il lâché et de poursuivre « Personnellement, je savais qu’après notre élimination par le Nigéria (2-1) en quart de finale lors de la CAN 2012 que je n’allais plus jamais être rappelé. Lors de la réunion d’après-match, Sabri Lamouchi se permet de m’insulter devant tous mes coéquipiers protestant que c’était moi le fautif sur le 2è but du Nigéria en me disant « Si je savais je n’allais pas te faire jouer. J’allais écouter ce qu’on m’avait dit ». Pourtant, j’ai été élu Homme du match en compagnie de feu Cheick Tioté lors de ce match. Et ce qui m’a le plus mis hors de moi, c’est le fait qu’on ait voulu diminuer ma prime de match, celle de la qualification pour le tour suivant. J’ai refusé finalement de la récupérer parce que je trouvais ça injuste. Et en quittant l’hôtel, j’ai décidé de ne pas dire au revoir à qui que ce soit. Et depuis lors, plus d’Eboué en Équipe nationale. Voilà toute l’histoire ».

Nostalgique, Manu revient sur ses regrets avec le maillot national. « La finale de la CAN 2006 contre l’Égypte m’a fait moins mal que celle de 2012. On a tous été sonnés par la défaite. J’ai vu Kader Kéïta pleurer, lui ne pleure jamais pourtant. On avait à cœur d’offrir la Coupe à la Côte d’Ivoire. Ça restera gravé à jamais dans ma mémoire en plus des propos déplacés que Lamouchi a tenus à mon égard », a conclu Emmanuel Eboué avec un sourire et plusieurs anecdotes en off.  

 

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