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EXCLUSIF - ALGÉRIE / DJAMEL MENAD À AFU : " Le dernier mot revenait à Madjer, c’était lui le boss "

  • Publié : 29/09/2018 - 20:19


Africa Foot United : Dans quel contexte vous aviez appris votre limogeage à la tête de l’Équipe nationale d’Algérie et que faites-vous actuellement ?    

Djamel Menad :  Avec la Fédération Algérienne de Football (FAF) ce fut une séparation volontaire à l’amiable. J’avoue avoir reçu des propositions de la part de plusieurs de clubs algériens, mais la tentation n’est pas aussi forte que vous pouvez le penser.     

AFU : Pourquoi ? 

DM :  Pour des raisons personnelles. Sincèrement ma préférence et d’aller coacher loin de notre territoire. Un pays du Golf, par exemple. Parce que là-bas, vous pouvez travailler tranquillement et aisément.

AFU : Et si vous recevez une offre venant d’un pays maghrébin? 

DM :  Je pense qu’ils traversent les mêmes situations avec le football local. Donc pourquoi y aller. Sauf si je reçois une proposition d’un club sérieux, très bien organisé et ambitieux. En plus la crise est partout même dans les grands clubs du Maghreb.

AFU : Que retenez-vous de votre passage chez les Fennecs ?

DM: J’ai eu le plaisir de côtoyer un groupe de joueurs expérimentés et de renommée mondiale, Mahrez, Brahimi, Bentaleb et les autres...  C’est de véritables professionnels, des bosseurs, des joueurs qui méritent des remerciements pour leur esprit combatif, leur engagement et leur détermination à jouer en équipe nationale. Ce qui n’a pas marché ? Le malheur, notre malheur, c’est juste après la signature de mon contrat. J’ai constaté à titre personnel que les dirigeants fédéraux ne s’intéressaient pas trop à nous. Je n’ai pas senti ce soutien, cette présence et ce désir de nous soutenir. Je n’ai pas ressenti cette présence des cadres de la FAF, on avait cette impression d’avoir été tout simplement abandonnés, sans parler de la cabale ou du harcèlement que subissait Rabah Madjer et par ricochet tout le staff. En deux mots le staff était visé. C’était très dur de travailler, c’était franchement pénible de travailler dans ces conditions. À chaque sortie, à chaque regroupement, il fallait gérer une situation très critique. Aucun entraîneur au monde ne pouvait réussir avec de pareilles conditions. J’ai pris un plaisir sincère à mettre toute mon expérience au service de notre équipe nationale. Je ne suis pas le seul à l’avoir fait, les autres aussi. Aujourd’hui. Je comprends mieux avec du recul pourquoi nous avions traversés une situation pénible.

AFU : Vous avez tenu le coup, malgré une telle situation ?

DM : J’avais cette envie d’arrêter, de faire marche arrière. Mais Je ne pouvais pas laisser seul Madjer subir toute cette pression de dingue. Je me passionne pour ce que je fais et en général, je fédère les joueurs qui m’entourent, ce que je fais lors de toutes mes expériences.

AFU :  Mais les résultats n’étaient pas aussi bons...

DM :   Vous êtes sérieux ?  Qui pouvait analyser une équipe nationale sur des rencontres amicales ?  Il y’avait du travail à faire(...) Ils nous ont jugé sur ces matchs amicaux. Nous avions voulu imposer un style de jeu bien particulier et à redonner confiance à une équipe encore traumatisée par les derniers chamboulements. Mais cela n’a pu se concrétiser comme vous le savez. C’est du jamais vu.  Il faut être sérieux. Et encore notre contrat n’était que d’une année. En tout cas, j’ai assumé mon rôle sans difficulté lorsque j’étais sur le terrain.

AFU : En plus des résultats qui étaient décevants c’est plutôt les choix tactiques qui inquiétaient le plus les supporters. Qui était l’architecte au niveau du dispositif de jeu mis en place ?   

DM : Le choix tactique (silence), j’avoue que chacun donnait ses avis. Le dernier mot revenait à Madjer, c’etait lui le boss. C’etait  sa décision finale qui primait. Vous savez ce n’est pas toujours évident de gagner la partie avec les meilleurs joueurs. Pour obtenir un résultat, il faut avoir beaucoup de cohérence et il n’y a pas moyen de faire autrement. Il y’avait la défaite face au Cap Vert qui avait affecté le moral des joueurs. En revoyant les images, on arrive à la conclusion suivante. Notre équipe souffre sérieusement d’un bloc défensif.

AFU :  On s’interroge encore sur la sortie de Ryad Mahrez, lors du fameux match amical joué contre l’équipe nationale Iranienne à Graz en Autriche. C’était l’intronisation de Rabah Madjer à la tête des Fennecs, et sa première défaite (1-2) à la fois.

DM : La sortie de Mahrez était amplement justifiée. Au départ, il y’avait un choix tactique, mais durant la partie on avait remarqué qu’il reculait, manifestait des signes de fatigue, son rendement baissait et il fallait donc procéder à son remplacement afin de garder l’équilibre du jeu et booster l’attaque qui ne donnait pas. On s’est créée des occasions pour inscrire, mais cela était impossible. Il y’avait en attaque énormément de déchets.                                                  

AFU : Comment justifiez-vous la non convocation de Rais M’Bolhi lors des différents regroupements ?

DM : M’Bolhi, n’avait pas de club. Fallait-il le convoquer ou le laisser trouver un club ?  Ensuite en cette période, il n’avait aucune minute de jeu au compteur. On avait jugé utile de le laisser tranquille jusqu’à ce qu’il trouve un club et avoir ensuite une santé morale. Il avait fini par trouver un point de chute, nous avions l’intention de le convoquer pour les deux matchs amicaux face au Cap Vert et au Portugal. Mais il y’avait en plus de M’Bolhi, un refus de Sofiane Feghouli de vêtir le maillot Vert. Ce que je n’arrive pas à expliquer.

AFU : Madjer voulait et avait même fait des joueurs locaux les sauveurs des Verts. Puis il abandonna cette option.

DM : Personnellement, j’ai trouvé cette initiative excellente. Mais peut-on former une équipé nationale uniquement avec des joueurs locaux ? Je l’avais déclaré et je ne changerai pas d’avis. C’est quasiment impossible.  On pouvait intégrer un ou deux joueurs mais sans plus. On ne peut s’engager avec des locaux dans les grandes compétitions. Ce n’est pas possible. Je n’en veux pour preuve que les scores réalisés face à la Libye, avec les joueurs locaux. Madjer a constaté par la suite qu’ils étaient irréguliers au niveau de leur club, donc ils ne pouvaient que l’être en équipe nationale. Ce sont ces deux facteurs qui nous ont dissuadés.     

AFU : On dit que Madjer ne consultait personne dans son staff lors des prises de décisions. 

DM :  Cela dépend. Il y’a des moments ou sans le vouloir, il s’oubliait. Cela ne veut pas dire qu’il refusait de nous consulter. Lorsqu’il est dans le match oui, Il lui arrive de procéder à des changements sans nous demander notre avis. J’admets que c’est des erreurs qu’il commettait.

AFU : Djamel Belmadi est aujourd’hui aux commandes des Fennecs

DM : C’est quelqu’un de très bien. Après son intronisation, le président de la Fédé, Kheireddine Zetchi, ne cessait de ses éloges. Je lui souhaite beaucoup de chance dans sa nouvelle fonction, sans arrière-pensée. Mais ça va être dur pour réussir. Construire une équipe complémentaire, performante, solide qui puisse s’imposer sur le continent et en dehors ne sera pas une mince affaire, surtout avec l’environnement qui règne à la tête des Fennecs.

AFU : Êtes-vous optimiste ou pessimiste pour l’Algérie concernant les éliminatoires de la CAN 2019 ?        

DM : Tout dépend des matchs à venir; de l'évolution du groupe. Si Belmadi arrive à stabiliser l’effectif, ce serait déjà une première réussite. Pour le moment elle est en construction. Il faut trouver les bons éléments qui puissent composer le compartiment défensif qui nous fait défaut.

AFU : Et si la FAF vous tendait à nouveau la perche ?

DM:   Quelle FAF ? Celle –là ? Jamais, pour tout l’or du monde. C’est mon choix.

AFU :  Pensez-vous qu’il est temps d’instaurer la VAR dans les stades algériens?

DM: Très bonne chose. Elle permettra d’assainir, de moraliser les supporters et les gestionnaires des clubs.  Elle calmera les esprits. On apprendra alors à avoir un autre regard sur le règlement du football, on ne criera plus au scandale.  L’arbitre prendra son temps pour examiner avec professionnalisme la répétition et annoncera la décision qui sera indiscutable. Il ne fera plus l’objet de critiques acerbes comme c’est le cas aujourd’hui à travers nos stades.   

AFU : La corruption, ce fléau qui sévit de plus en plus au sein du foot algérien

DM : La corruption dans le sport ne peut que prendre une ampleur considérable si une action vigoureuse n’est pas entreprise. Il y’a nécessité d’une action coordonnée entre le mouvement sportif et les autorités concernées. Le mouvement sportif a intérêt à jouer la transparence. La masse d'argent brassée par tous ces trafics est indéchiffrable. Il faut que cela cesse, mais avec la vigilance de tous on y arrivera.       

AFU : L’arbitrage est aussi au cœur d’un vaste scandale

DM : L’argent provoque et intéresse tout le monde. Si ce n’était pas l’argent, il n’y aurait pas cette corruption. C’est cette finance qui déstabilise et qui salit gestionnaires, joueurs et arbitres. N’a-t-on pas décidé de plafonner les salaires des joueurs a ''x'' montant ? Tout le monde est d'accord pour dire qu’il était temps de plafonner les salaires et après une Assemblée générale, c’est tout le monde qui condamne cette décision. L’arbitrage en Algérie?  Il est médiocre, peut-être même nul.  Pas uniquement le nôtre, l’arbitrage Africain l’est aussi.  C’est à Zetchi de décider de l’avenir de l’arbitrage et il doit le faire très vite avant que les choses ne s’empirent.   

AFU:  La formation est au centre de nombreuses rencontres, mais ....                           

DM : On a l’impression que personne ne s’y intéresse. Le professionnalisme, pour certain se limite à gérer de l’argent. Aujourd’hui, le professionnalisme recule avant qu’il ne démarre et s’efface sous les yeux des gestionnaires de ce football. Osez poser la question à un joueur, ce qu’est le professionnalisme ?  Vous comprendriez que c’est un terme qui fait bégayer. On ne fait rien pour former la nouvelle génération. Pourquoi ne pas recruter des entraîneurs formateurs, pour donner une culture professionnelle aux jeunes dès l’âge de 10 ans ? C’est un autre débat.

AFU : La Jeunesse Sportive de Kabylie (JSK) vous y étiez ?

DM: Ça me fait énormément plaisir de voir cette équipe renaître de ses cendres, après une longue traversée du désert. Avec Cherif Mellal, c’est toute la Kabylie qui se retrouve sur un même espace et avec ses nouveaux sponsors, c’est un excellent départ. Je suis très optimiste pour cette équipe.

AFU : Le Mouloudia d’Alger fait l’actualité ses derniers mois

DM: C’est plus qu'une entreprise de football, c'est un patrimoine que je respecte. Personne n’a le droit de lui faire subir une telle situation. Pour moi, c’est la guerre des clans et c’est regrettable. Il y’a une équipe qui arrive, elle prend goût, puis se fait remplacer par la précédente équipe, puis, la revoilà qui revient pour chasser celle qui l’avait auparavant remplacée. C’est un peu le grand 8, qui fait drainer ces familles dans les espaces verts. Toute cette situation est provoquée par les sommes faramineuses qui circulent au sein de ce grand club. La Finance, ce n’est pas tout, il faut savoir la gérer, la dépenser, tout le monde sait que là où il y’a trop d’argent, il y’a trop de problèmes. La SONATRACH, devra gérer à elle seule ce club, par ses cadres. Les anciens doivent partir et laisser la place aux jeunes.  Le MCA a des qualités tant par ses joueurs que par ses supporters.       

AFU : Pour terminer, on vous laisse le stylo rouge afin d’attribuer une note sur 20 au championnat local à l’équipe nationale et à la Fédération dirigée par Kheireddine Zetchi.

DM : Le championnat local : 9/20, l’équipe nationale : 10/20 et la FAF, c’est 9/20.