Championnats du Monde d’athlétisme 2019 : Neuf africains à suivre dans ces Mondiaux

  • Publié : 26/09/2019 - 21:00 /
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Les Championnats du monde d’athlétisme débuteront ce vendredi au Qatar pour ne prendront fin que le 6 octobre prochain. Mais, contrairement à toutes les autres précédentes éditions de ces Mondiaux d’athlétisme, ceux de cette année ont la particularité de poser plusieurs inquiétudes dont la plus importante, pour les athlètes surtout, car ce sont les véritables « acteurs » en terme de la problématique de la chaleur. Avant d’aborder les athlètes attendus dans ces mondiaux, il est utile de noter quelques problèmes qui risquent de nuire à cette compétition mondiale.

A Doha, on y annonce des chaleurs excessives, des tribunes vides et de possibles annulations d'épreuves. En plus, arrière-plan, il y a cette enquête judiciaire sur l'attribution de l'événement et le spectre de l'affaire Semenya. Ainsi, on note qu’il fait environ 40 degrés en journée, avec un taux d'humidité de 85%, en dépit du fait qu’on se trouve dans ce pays au début de l'automne. Et c’est ce qui inquiète justement les athlètes car dans ces conditions la pratique de l'athlétisme surhumaine. 

Il est vrai que pour parer à cette situation, le Qatar a rénové l’ancien stade Khalifa, inauguré  en 1976), en y installant un système de climatisation, déjà testé lors des meetings  de Ligue de diamant, bien que l'édifice soit semi-ouvert. En tous les cas, même si lors des compétitions il y a la climatisation, mais les stades entraînements n’ont pas cette assurance alors… ? Et comme cette problématique est bien nuisible aux épreuves sur route du jour à savoir le marathons, 20 et 50 km marche, les organisateurs pont opté pour décaler le programme a afin de les disputer en pleine nuit sur le front de mer de "la Corniche", lorsque la température est la plus "fraîche", soit environ 30 degrés annoncés tout de même !

Les organisateurs avaient acceptés de déplacer exceptionnellement l'événement au mois d'octobre pour éviter le plein été. Mais, si la précaution est prise pour préserver la santé des athlètes, il n’est pas sûr que la pilule passe auprès des intéressés. D’ailleurs, on était à moins d’une semaine de l'ouverture de la compétition, les 35°C attendus en nocturne ont poussé les organisateurs à prévenir les diffuseurs d'une hypothétique annulation. Ceci, peut-être pour  éviter un scandale de dernière minute ? Il est en tout cas impossible d'imaginer planer une seule seconde cette menace sur l'épreuve du 100 mètres. Et c’est ce qui fait dire aux observateurs qu’en donnant leur voix à la candidature de Doha, les 15 membres du Comité de l'IAAF avaient d'autres choses en tête que le bien-être des athlètes. Et dans cet ordre d’idée,  interrogé par l'AFP, le président de l'IAAF Sebastian Coe qui vient d’être réélu d’ailleurs, s'est ainsi voulu  très rassurant, évoquant un procédé "à couper le souffle".     

"Vous êtes assis dans le stade, il fait 38-40° à l'extérieur et il fait 23°  dans l'enceinte. En réalité, la gestion de la chaleur sera plus lourde à Tokyo  aux JO-2020 qu'à Doha où les athlètes vont probablement concourir dans des  conditions parfaites", a-t-il expliqué.

Les soupçons de corruption

En parallèle, il y a lieu de noter que la justice française enquête sur des soupçons de corruption liés aux candidatures du Qatar pour l'accueil des Mondiaux 2017, finalement attribués à Londres, puis 2019 lorsque Doha avait été préféré à Eugene (Oregon). Les juges enquêtaient au départ seulement sur un pacte de corruption entre la Russie et le sommet de la Fédération internationale d'athlétisme (IAAF), notamment son ex-président Lamine Diack, afin d'étouffer des cas de dopage. Mais l'écheveau de virements suspects a fini par éclabousser l'attribution des Jeux de Rio (2016) et de Tokyo (2020), en plus des Mondiaux d'athlétisme.

Là, il est important de rappeler que depuis novembre 2014, date de l'attribution de l'événement, courent des doutes, des suspicions et autres critiques. Et le 22 mai dernier, le président de Bein Sports Youssef Al-Obaidly a été mis en examen pour corruption active. Il lui est tout simplement reproché d'avoir acheté les Mondiaux de Doha, ou plus précisément d'avoir procédé à des virements bancaires (3.5 millions d'euros estimés) à destination du fils de Lamine Diack, ex-président de l'IAFF, homme d'influence aujourd'hui dans la tourmente. Il y a fort à parier que ces déboires judiciaires n'en soient encore qu'au stade des balbutiements. Le président du PSG et de la chaîne BeIn Sport conteste lui toute malversation. 

De l’affluence

Les derniers Championnats d'Asie d'athlétisme disputés à Doha en Avril dernier, ont montré que le Khalifa Stadium n’a vraiment pas fait le plein. Ce qui fait redouter le manque de spectateurs dans cette compétition qui débutera ce vendredi en dépit du fait qu’il s’agisse des Championnats du monde ? D’ailleurs, récemment, le quotidien britannique The Guardian indique que seulement 50.000 billets ont été vendus pour l'ensemble des 10 jours, pour un stade d'une capacité de 46.000 places. Les tickets "se vendent bien" assurent de leur côté les organisateurs qui espèrent la venue des expatriés, notamment américains et kényans. 

Autre contretemps, les citoyens de l'Arabie saoudite, les Emirats arabes uni Bahreïn et l'Egypte, ne peuvent normalement se rendre au Qatar, ce qui n'arrange pas les problèmes de billetterie.  La raison est « politique » puisque depuis juin 2017, ces pays imposent un blocus diplomatique et économique au Qatar, accusant Doha de ne pas prendre assez de distance avec l'Iran, puissance régionale rivale de l'Arabie saoudite, et de soutenir des groupes islamistes radicaux, ce que Doha nie. Mais en dépit de cela, le Bahreïn a prévu d'envoyer vingt-et-un athlètes à Doha, l'Egypte cinq, l'Arabie Saoudite trois et les Emirats Arabes Unis un.  

Des stars attendues à Doha

Il est évident qu’une telle compétition d’envergure mondiale, les yeux seront bel et bien braqués sur les stars qui animeront ces championnats du monde d’athlétisme. Du côté africain, on aura à suivre, au moins neuf athlètes suivants : l’Ivoirienne Murielle Ahouré, qui, depuis 2014, n’a gagné aucune étape de la Ligue de diamant. Et la première championne du monde africaine du 60 mètres (course en salle) a été discrète, cette saison. Beaucoup plus que sa compatriote Marie-Josée Ta Lou. L’important est qu’elle a fait de ces Mondiaux de Doha son grand objectif de l’année.

Et justement sa compatriote, Marie-Josée Ta Lou, la championne d’Afrique du 100 m s’est fait une frayeur après avoir remporté la médaille d’or sur cette distance aux Jeux Africains, fin août. À Doha, elle sera en concurrence rude face aux Jamaïcaines Elaine Thompson et Shelly-Ann Fraser-Pryce ainsi que de la Bahamienne Shaunae Miller-Uibo (200 m).

L’ancien crack du 800 mètres, le Botswanais Nijel Amos, médaillé d’argent aux JO 2012, à 18 ans seulement, a multiplié les courses de haut-niveau, cette saison, même si l’Américain Donovan Brazier a parfois pris l’ascendant lors de leurs confrontations. 

Il y a aussi, Ese Brume, 5ème aux Jeux olympiques 2016, à 20 ans seulement auteurs des médailles d’or à son palmarès, l’héritière présomptive de Chioma Ajunwa et Blessing Okagbare – les deux seules Africaines à avoir fait un podium aux JO et/ou aux Mondiaux – espère bien perpétuer la tradition nigériane, en saut en longueur, à Doha.

Le Marocain, Soufiane El Bakkali, performeur mondial de l’année qui doit concurrencer pour devant les redoutables Kényans sur le 3000 mètres steeple. Mais attention, il y a le roi de la discipline et tenant du titre, Conseslus Kipruto.

De son côté, l’Algérien, Taoufik Makhloufi, champion olympique du1.500 mètres, plusieurs fois médaillé sur cette distance et le 800 mètres aux JO, Championnats d’Afrique et Jeux Africains, le demi-fondeur n’a paradoxalement jamais terminé sur un podium, aux Mondiaux. Il veut donc se rattraper sur 1500m après ses forfaits pour les éditions 2013 et 2017 et par une ennuyeuse 4e place en 2015.

Avec l’Ivoirien Arthur Cissé, le Nigerian Divine Oduduru incarne la nouvelle vague du sprint africain. Contrairement à son rival, le Nigérian semble toutefois un peu plus à l’aise sur 200 mètres. Il est attendu pour battre le record du demi-tour de piste établi par le Namibien Frankie Fredericks en 1996.

De son côté, Aminatou Seyni, sera la première représentante du Niger qualifiée pour les Jeux olympiques 2020. On attendra donc une belle surprise de sa part de cette troisième meilleure performance mondiale de l’année, sur 400 mètres, en juillet dernier, dans  ces Mondiaux 2019, pour l’Afrique. 

Enfin, Hugues Zango, un des meilleurs performeurs de la saison, le triple sauteur Burkinabè lorgne sur l’or dans ces Championnats du monde d’athlétisme.  Il a battu le record d’Afrique de la discipline, avec une marque à 17 mètres 50. Privé des Mondiaux 2017 à cause de problèmes administratifs, le champion d’Afrique compte donc bien prendre sa revanche et marquer l’histoire, au Qatar.