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ATHLÈTES AFRICAINS QUI FUGUENT : TOUT LE CONTINENT EST CONCERNÉ

  • Publié : 29/04/2018 - 19:50 /
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De plus en plus, les évasions des athlètes du continent noir lors des grandes compétitions internationales alimentent l’actualité. L’absence de véritables politiques sportives et bien d’autres raisons contribuent à l’émergence de ce phénomène qui n’a de cesse de ternir l’image des pays africains.
Du Cameroun:Wiliam Tchango

Jusqu’à ce jour, l’on est sans nouvelles des huit athlètes camerounais (les boxeurs Tchoyi Ndzie, Fotsala Simplice, Fokou Arsène, Yombo Ulrich et Ndiang Christelle et des haltérophiles Minkoumba Petit David, Fouodji Arcangeline et Olivier Matam) portés disparus lors de la 21ème édition des Jeux du Commonwealth tenue du 4 au 15 avril 2018 à Gold Coast en Australie. Les recherches de la  Police australienne auprès de laquelle ces fugues ont été signalées n’ont visiblement pas prospéré.

Le Gouvernement camerounais quant à lui, n’a jusqu’ici dit mot sur cette affaire qui a une nouvelle fois terni l’image du pays des Lions Indomptables. Larguée au tableau des médailles (Trois médailles seulement dont deux en bronze et un en argent), la délégation camerounaise a fait parler d’elle à sa manière. Comme aux Jeux olympiques de Londres de 2012 où elle enregistrait huit fugues ou aux jeux du Commonwealth 2014, à Glasgow, capitale de l’Ecosse où elle constatait la disparition d’une dizaine d’athlètes.

Si le Cameroun semble détenir le record en la matière, il n’est en revanche pas le seul pays africain à servir ce spectacle hideux lors de grandes compétitions internationales. Aux jeux de la Francophonie de Nice en 2013, la République démocratique du Congo (RDC) s’était illustrée avec la fuite de sept basketteurs, deux cyclistes et un footballeur. Ce qui avait suscité le courroux des autorités du pays de Joseph Kabila. 

les athlètes « fugitifs » sont parfois même  encouragés et félicités

En Afrique en général et au Cameroun en particulier, ce phénomène n’émerveille plus véritablement. A cause de l’environnement hostile dans lequel évoluent ces sportifs sur le continent, les athlètes « fugitifs » sont  parfois même  encouragés et félicités. « Ceux qui ont fait un tour à Yaoundé et Douala où s’entrainent les boxeurs comprendront le sens de la fugue », relevait le journaliste camerounais Martin Camus Mimb dans une interview accordée en août 2012 à un confère du continent. 

Manque d’infrastructures, absence d’une véritable politique sportive, corruption, faible encadrement et misère des sportifs, constituent entre autres les raisons qui poussent ces athlètes à prendre la poudre d’escampette. Le cas de Marie Joseph Mfegue, l’haltérophile camerounaise qui s’était fondue dans la nature malgré sa médaille d’or décrochée aux jeux du Commonwealth de Glasgow en 2014, avait défrayé la chronique en son temps.  Pour justifier son acte, celle-ci avait évoqué la galère que lui imposaient les autorités sportives de son pays. « Vous savez j’adore le Cameroun. J’adore mon pays. J’aurais fait n’importe quoi pour aller jusqu’aux jeux olympiques et remporter une médaille de plus. Mais le Cameroun m’a déçue. Malgré tout mes efforts. J’ai tout fait. Les dirigeants, les entraîneurs m’ont trompée. Déjà en 2011, j’ai eu la bourse du Comité international olympique pour la préparation des JO de 2012, mais je n’ai jamais eu à voyager. Jusqu’à présent, je n’ai toujours pas d’explications. C’est l’une des raisons principales qui me font partir du Cameroun. J’aurais pu gagner une médaille à ces jeux », dénonçait la sportive camerounaise.

Une fois dans la nature, Les athlètes « fugitifs » se débrouillent comme ils peuvent pour intégrer des structures plus professionnelles. Nombre d’entre eux, à l’instar de Hassan Ndam, Herman Ngoundjo ou encore Bikamba Sakio ont d’ailleurs ramené des titres et autres médailles glanés sous leurs nouvelles couleurs. Un succès qui encourage les autres sportifs à suivre la même voie. 

La pression de la famille n’est guère négligeable. A cause de la misère qui sévit dans les pays africains, notamment ceux au sud du Sahara, avoir un enfant en  Occident représente pour beaucoup un espoir de réussite sociale. Du coup, certains parents sont les premiers à encourager leurs enfants sportifs à « se chercher » lorsqu’ils ont l’occasion d’aller en compétition dans un pays développé. Les évasions sont généralement préparées depuis le le  pays, parfois avec la complicité des responsables de la délégation officielle. 

La solution radicale à ce problème passerait indéniablement par les politiques. Le Cameroun ou plutôt l’ensemble des pays d’Afrique touché par le phénomène doivent se doter de structures placées entre les mains de dirigeants fiables et compétents capable d’apporter des réponses fiable et sincères aux questions des athlètes africains très souvent livrés à eux-mêmes avant et pendant le déroulement des compétitions. Cette devrait est sans aucun doute la seule à permettre d’endiguer le phénomène de manière définitive