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ALGÉRIE - NORDINE KORICHI À AFU : " on n’est pas prêt pour le professionnalisme"

  • Publié : 13/08/2018 - 23:10


Footballeur international Algérien.30 sélections en équipe nationale entre 1980 et 1986. 250 matchs professionnels en France pour 18 buts. Titulaire du diplôme d'entraîneur depuis 2002,Le 1er juillet 2011, il devient l'adjoint de Vahid Halilhodžić à la tête de la sélection algérienne.Nordine Kourichi, s’est prêté a un jeu de questions –réponses qui nous mena sur les traces de ses différentes étapes footballistiques. Il y’a eu celle de 82, 86 et 90 qui illuminent encore les espaces médiatiques pour servir de références aux débats du football national. La discussion commença par cette fameuse coupe du monde de 82.

Interview réalisée par H.Rachid

AFU :  A ma place par quelle question commenceriez-vous ?

Nordine Kourichi : Le mondial 82, bien sûr... Pourquoi ? Tout simplement c’était l’une des compétitions qui a placé notre pays au nombril du monde. L'équipe Allemande s'en est sortie sur le fil, ce fut un match qui s’est joué sur des détails, on aurait pu concrétiser, inscrire plus de deux buts. Il y’avait de la démonstration dans le jeu, de la stratégie, de la cohésion et de la technique que nous avons développée. C’était l’ogre contre le petit poucet. Et c’est ce qui a fait souffrir l’équipe allemande. Ce match avait fait connaitre le football Algérien et je suis convaincu qu’il restera encore des siècles durant comme l’une des plus belles marques de notre football national après cette victoire de 2-1 contre la Nationalmannschaft

 AFU :  A ma place par quelle question commenceriez-vous ?

Nordine Kourichi : Le mondial 82, bien sûr... Pourquoi ? Tout simplement c’était l’une des compétitions qui a placé notre pays au nombril du monde. L'équipe Allemande s'en est sortie sur le fil, ce fut un match qui s’est joué sur des détails, on aurait pu concrétiser, inscrire plus de deux buts. Il y’avait de la démonstration dans le jeu, de la stratégie, de la cohésion et de la technique que nous avons développée. C’était l’ogre contre le petit poucet. Et c’est ce qui a fait souffrir l’équipe allemande. Ce match avait fait connaitre le football Algérien et je suis convaincu qu’il restera encore des siècles durant comme l’une des plus belles marques de notre football national après cette victoire de 2-1 contre la Nationalmannschaft

Nordine Korichi en 1982 face au Chili à Oviédo en Espagne

 

AFU Nous voila en 2014

Nordine Kourichi  C’était une année ou on était comme des lions, prêts à marquer notre passage dans cette coupe des grandes nations.  Le 1- 0 contre la Belgique, était le véritable coup de manivelle dans cette compétition planétaire. Le 4-2 contre la Corée, faisait de nous une équipe à abattre, puis ce nul contre la Russie nous faisait dire ‘’ça y’est, on n’est les champions.  Ça me fait penser un peu à 1982 lorsqu’on a joué contre l’Allemagne...  Rivaliser avec le champion d’Europe 80, mais aussi avec le Champion du monde, qu’on a d’ailleurs faillit battre ; ce n’était pas rien, vous vous imaginez l’effet que cela aurait pu avoir sur le moral ....Je me rappel,  le gardien de buts allemands Neuer, était sortie 17 fois de sa zone des 18m pour essayer de trouver des  décalages pour nous mettre en difficulté et chose ce que l’Allemagne n’a pas réussie durant les 90’. Et je peux vous dire sans hésiter que nous avions réalisé une grosse performance.  On les a poussés jusqu’à la prolongation, on les a fait douter, mis en difficulté. Nous avons réalisé un beau Mondial.  Ce jour-là, j’ai appris beaucoup de choses. Jamais, lors de nos trois précédentes participations (1982, 1986 et 2010), n’avions été poussés par le vent aussi loin dans une Coupe du monde. Le match Algérie- Allemagne, était l’une des meilleures rencontres de 2014, un match qui s’est inscrit de lui-même dans les annales de l’histoire de notre football. Il y’avait ensuite ce match décisif face aux russes qu’il fallait gagner pour se qualifier aux huitièmes. On était mené par 1-o, puis. il y’avait cette égalisation 1- 1 qui nous plaça à la deuxième place du groupe Het qui nous offrait la qualification historique aux huitièmes de finale du Mondial. C’était pour nous tous incroyable, inespéré même, on a mis notre pays sur le meilleur podium. On aurait pu aller plus loin, sur ce match...Nous n’avions pas à rougir, on est rentré comme des sultans au pays. On était super heureux. On a une génération qui peut faire mal à ces grandes nations du football, mais a la fois, je me posai une question, est-ce que cette génération le savait ? A-t-elle décelée en elle, cette force extraordinaire. Puis quelque chose s’est brisée. Sincèrement, je pensai qu’on allait évoluer et progresser après quatre années. Mais à cause de l’instabilité des entraineurs et des mauvaises décisions   des dirigeants de la FAF ça ce n’est pas réalisé. On est arrivé à Alger, le 3 juillet, ou un bus royalement aménagé nous attendait. L’Algérie, extrêmement contente accueillait ses mondialistes, contente de nous voir arriver, l’equipe était accueillie par une véritable marée humaine qui a investi l´aéroport international Houari-Boumediene.  Tous les accès étaient bondés de supporters. Des applaudissements nourris, you –you « One, two, three, viva l’Algérie », c’était une journée mémorable, une fierté pour le pays et pour le football algérien    

AFU :  La vielle des huitièmes de finale, face aux allemands ou les fennecs avaient     fait douter les hommes de Joachim Löw, qui sont tombés sur un Raïs Mbolhi en état de grâce, quelles étaient les consignes du sélectionneur   avant et après le zéro -  zéro à la mi-temps et des 9O’ ?  

Nordine Kourichi : Pendant tout le match et les 30’ de prolongations, on les a fait faire jouer. Les consignes étaient de jouer   en contre-attaque, rester bien groupé   au milieu du terrain, après avoir récupéré le ballon, jouer vite dans le dos des allemands pour nos attaquants.       

AFU : Nous voilà au cœur de l’actualité : Belmadi 6 ème Sélectionneur des fennecs

Nordine Kourichi : Oui ; oui c’est très bien, vous savez, on s’est trompé cinq fois, ça a déstabilisé Les  joueurs à cause de l’instabilité que l’Algérie avait connue durant les quatre années .Cela se répercute sur les joueurs, le staff et  l’environnement immédiat d’une manière générale. Trop, trop d’instabilité, la cause était les mauvais choix, je dirai plutôt sans visibilité, pas de réussite. Que peut bien donner un entraineur qui n’a pas été au bout de son contrat si ce n’est un échec. Que pouvez-vous attendre de lui ? Vous ne lui laissez pas le temps de s’exprimer, je dis que la responsabilité est à la FAF. Vous savez il y’a actuellement du potentiel, ces joueurs de la génération de 2014 sont toujours présents, mais impuissants face à ce qui se passe et cela joue énormément sur leur moral.

AFU : Noureddine vous êtes heureux, on le sent, dites nous sur quel critère placeriez vous le professionnalisme, chez nous .

Nordine Kourichi : Mais cher ami, de quel professionnalisme parlez-vous ?  Ils ne sont, dans leur ensemble, ni clubs amateurs ni sociétés par actions. Pour ce que je retiens ’on n’est pas prêt pour le professionnalisme. Ses fondements et ses bases n’ont jamais été discutés par les experts.  Il a fait oublier à nos clubs leur principal objectif.  Leur seul souci est de courir derrière les sous quelles que soient les conséquences, il y’a des dégâts que personne ne peut nier. 2018, c’est toujours pareil, manque de stades, de terrains, d’infrastructures sportives adéquates, de centres de formation. Alors que l’avenir du football est en Algérie par ailleurs, on peut former de grands joueurs, alors que c’est dans la masse que née l’élite.

C’est dommage, depuis 30 ans on ne fait que du surplace. L’homme le plus important, c’est le DTN, c’est lui qui doit mettre en place un plan de formation, c’est là-dessus que doit se bâtir l’avenir du football national. J’ajouterai qu’il va falloir distinguer le club Amateur du professionnel. La responsabilité du foot amateur est des équipes nationales et sous la responsabilité de la FAF et le professionnalisme des clubs et sous la responsabilité de la ligue nationale de football et on devrait obliger les clubs de 1ere division a être responsable de leur centre de formation. J’ajouterai l’avenir du football algérien est en Algérie, C’est au DTN de veiller sur la formation, et j’ajouterai qu’il devrait et pourquoi pas s’imprégner de la programmation de la formation des futurs joueurs professionnels qui se fait en France et qui est d’ailleurs une référence mondiale dans ce domaine. Le DTN doit se faire entendre, pour créer des centres de formation.  Il faut investir dans ce domaine, si l’on veut réussir, c’est un passage obligé. Regardez depuis 2006, année de l’entrée du professionnalisme dans le football, qu’avons-nous fait ? Rien, s’occupe-t-on de la formation ? Non, on devrait obliger les clubs avoir des centres de formation, Je vous dis sans formation il ne peut y avoir d’avenir du foot en Algérie. A-t-on d’abord des formateurs ? Les clubs ne sèment rien pour pouvoir récolter récolter demain ».  Dites-moi quel est le gamin qui ne souhaiterait être formé pour qu’il endosse demain le maillot d’un club ou de l’équipe nationale. On ne prend pas conscience, depuis 2006 ,on est au même stade ;rien n’a évolué, on n’a pas de formateurs, le travail des clubs, ce n’est pas le boulot de la fédération .

AFUJe voudrai rapidement revenir sur Djamel Belmadi, vous  applaudissez sa venue ?

Nordine Kourichi : Je me suis dis, oui pourquoi pas lui. Il faut arrêter cette saignée....  45 millions d’algériens ont été mis à mal. Aujourd’hui, Djamel, est là, c’est quelqu’un qui a un vécu, en tant que joueur –sélectionneur. Il est sévère dit-on, et alors, s’il est comme Vahid, tant mieux, il a des joueurs de qualité, il faudrait maintenant que la FAF le laisse travailler, quant à moi je suis optimisme, je suis persuadé qu’il fera rebondir les fennecs sur les terrains des compétitions africaines et mondiales. Lui faire confiance, il faut lui donner sa chance professionnelle La FAF et les médias doivent l’encourager en étant à ses côtés. Parce que tous les signaux sont aux verts. Cela veut dire être dans l’optimisme avec une génération de qualité il ne peut que réussir, il a encore un peu de temps, pour polir et faire briller le diamant. Je voudrai terminer par dire Je pense qu’il est temps de mettre fin a cette instabilité qui a fait que l’Algérie n’a pas gagné un seul match durant la campagne qualificative de la Coupe du monde 2018. Cela me désole énormément. Personnellement je le soutien et je lui souhaite de très bons résultats et prendre du plaisir à travailler avec l’effectif de 2014 et de réussir comme nous l’avons fait au brésil. C’est la nouvelle génération des entraineurs qui prend place, arrêtons cette Instabilité qui a fait mal au football algérien ; ce qui est une des conséquences de la non-participation de l’Algérie au mondial de Russie ; Qui a fait gagner la coupe du monde a la France en Russie, c’est les centres de formations, tous les joueurs sortent des cantres de formations ils ont commencé le football a l’Age de 6 ans, les gamins rentrent en formation à l’Age de 16 ans.

AFU : le Mot de la fin 

Nordine Kourichi : Je souhaite que dans les années à venir le football algérien se professionnalisme dans tous les domaines aussi bien au niveau des jeunes que du championnat d’Algérie. Je termine par dire :  Il faut arrêter les critiques nous devons plutôt apprendre à donner des idées ou a proposer des solutions.