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Crédits Images :DR

ALGÉRIE / HAMID ZOUBA À AFU : "Nous sommes les nostalgiques du passé".

  • Publié : 20/09/2018 - 01:06


A.Rachid, Alger.
  • C'est l'une des figures emblématiques du club phare de la capitale : le Mouloudia d’Alger. Il est également l'un des 32 joueurs de l’équipe du FLN . Il débuta sa carrière footballistique en 1946 dans la catégorie des minimes à l'O.MS (l'Olympique Musulmane St Eugène). Il est l’unique et seul entraîneur national à avoir remporté un triplé en une seule saison en 1976. Il fut avant cette date de   74 à 76 entraîneur du MCA. En 1990, il met en place une académie de prospection de jeunes talents émigres avec son ami Drif. 2001, Entraîneur de l'Equipe Nationale avec Kermali.Il avait également été sélectionneur des Fennecs de 1982 à 1984.

AFU : Comment Venir en aide au football tel qu’il est pratiqué aujourd’hui ?  

HAMID ZOUBA : C’est la question qui est au cœur d’une brûlante actualité. Parler du passé ne fera pas trop avancer les choses, encore moins le football.  Des exemples positifs ne manquent pas, ils sont chez nos « grands » dirigeants, ceux qui avaient été à la barre technique de notre temps. Des exemples sont aussi chez les   joueurs, entraineurs qui ont légué un patrimoine inépuisable, d’une valeur inestimable. Je vous dirai même que cette valeur nous    la devons à notre expérience qui garde encore toute sa jeunesse malgré notre âge d’aujourd’hui.

AFU :  Cette expérience n’est pas cachée ?                                                               

HAMID ZOUBA : Ce qui nous chagrine, aujourd’hui, c’est le fait que personne n’a pensé   à faire bénéficier les jeunes de notre expérience ce qui servirait de base pour venir en aide à notre foot. Vous me demandez de vous parler du passé, ce sera long très long, mais ce que je vous   dis ici, n’est rien par rapport à ce qui mériterait d’être raconté.  Je répète, parler du passé ne fait   pas avancer le foot puisque l‘écoute est absente.  Bien que vous ne soyez pas d’accord, les jeunes possèdent beaucoup d'énergie et de l'enthousiasme sans limites, et ils donnent souvent des avis surprenants sur toutes sortes de questions. Ils devront en conséquence   avoir ce droit de profiter de notre expérience. Et nous sommes tous disponibles à la mettre à leur disposition. Je suis très heureux que votre Site ait pensé à moi, et certainement à travers moi aux anciens camarades, dont beaucoup sont oubliés.  J’espère que cette interview, va aider les gestionnaires à bouger un peu. Je parle des dirigeants actuels du football. C’est eux qui ont les moyens. Et c’est à eux de mettre tout en œuvre pour développer la formation et d’instaurer une discipline Que voulez- vous, nous sommes les nostalgiques du passé. Je le répète, nous sommes les nostalgiques d’un passé.  J’ai le cœur gros, notre football aurait pu s’en sortir parce que les moyens existaient, ils   étaient chez des individus qui avaient le contrôle de l’instance, ils avaient les moyens d’instruire, de former les joueurs, de les éduquer et quand on parle de   moyens on parle des milliards qui sont parti en fumée. (Silence) alors qu’en réalité personne n’a pensé à la formation, à l’éducation.

 AFU :  Et si on parlait de l’équipe Nationale d’Algérie

HAMID ZOUBA : Que dire ? C’est une nouvelle page qui nous interpelle et qui nous fait obligation à défaut d’être sur le terrain de rappeler à chaque occasion, lorsque celle - ci se présente, la responsabilité de veiller à la stabilité, non seulement   de l’équipe nationale mais aussi et surtout du championnat national.  Je profite pour   dire, qu’il ne faudrait pas être   constamment braqué sur l’équipe nationale et ses résultats. C’est important d’avoir un œil sur la formation des jeunes pour les injecter demain aux côtes des professionnels.  L’arrivée du nouvel entraîneur, Djamel Belmadi, est un monsieur qui n’est étranger pour personne, il a fait ses preuves et les dirigeants qui ont fait un excellent choix, doivent l’accompagner, lui assurer les meilleures   conditions de travail, ce qui lui permettra de mieux maîtriser et préparer son effectif d’une part et être en confiance avec les dirigeants, d’autre part.Cela dit on ne peut qu’être optimiste pour notre E.N de football   qui doit éviter les crises de la passe.

AFU : La participation de nos professionnels évoluant dans des clubs étrangers.

HAMID ZOUBA : Il faut se fixer, j’entends par là s’organiser pour faire repartir la machine. Il est indispensable de faire appel à ces jeunes nationaux évoluant à l’étranger, parce qu’ils sont avant tout les nôtres. Ils ont eu une formation plus poussée et sont donc   expérimentés.  C’est pourquoi, je ne cesse de dire qu’il est impérieux  de mettre en place des structures de formation adéquates. Nous pouvons mettre un terme à cette hémorragie de devises, si des centres de formation d’entraîneurs, ou encore de formation des formateurs et des entraîneurs existaient en Algérie 

AFU : Revenons à l’actualité footballistique nationale

HAMID ZOUBA :  Le Moudia ,n’est-ce pas ? C’est...  alllah ya rahmemoualiha , c’est que l’on  peut dire , yarhame  oualidihum, c’est dommage pour le public,  ce qui se passe au MCA  c’est un peu ce qui s’est passé en Équipe Nationale. Beaucoup d’argent part en fumée, dommage pour SONATRACH qui n’arrive pas à gérer convenablement   cette géante équipe avec tout son argent.

AFU : Vous avez l’air déçu ?

HAMID ZOUBA : Le MCA, c’est le doyen, tous les Algérois  aiment et supportent cette équipe qui a un passé glorieux, intéressant et historique à la fois.  Son   public a le droit d’exiger des gestionnaires de haut niveau, capables de gérer dans la transparence, et de tout mettre en œuvre pour que ce club qui reste « amana »   pour les générations présentes et a venir ne tombe pas.   Ils ont la responsabilité de prendre en charge les ambitions du public et pour cela il faut réfléchir à sa composante, ne pas mettre n’importe qui, il faudrait que ce soit des professionnels qui portent dans le cœur le Mouloudia, des   hommes qui travailleraient pour sa stabilité. Aujourd hui, le temps du changement s’impose. Mettre fin au bricolage. Il faut arrêter ce massacre.  Personne n’a le droit de...

AFU : Et la Faf ?

HAMID ZOUBA : La FAF, a énormément de travail, c’est un chantier laissé par ses prédécesseurs, ce n’est pas facile pour elle, J’espère qu’elle pensera à faire associer les anciens footballeurs, les faire rencontrer, pour discuter, débattre et prendre leurs avis sur des questions qui   pourraient contribuer à hisser à un meilleur niveau notre football. Je pense que la FAF devrait aussi se faire connaitre au niveau des régions, elle doit se présenter aux supporteurs et expliquer à l’occasion de la journée FAF ce qu’elle fait et ce qu’elle envisage de faire. Faire du Marketing ne fait pas mal. Croyez-moi.   

AFU : Le Huis -clos, Pour ou Contre ?

HAMID ZOUBA : Je n’ai jamais connu de huis clos dans ma vie footballistique. Pour moi, le huis - clos est utilisé pour cacher les insuffisances, les huis-clos ça ne rapporte rien, au contraire il déchire et divise les supporter, mais ne rassemble jamais.   

AFU : la Solution …

HAMID ZOUBA : Vous me faites rire à mon âge, la solution passe par la formation, l’éducation et l’instruction des joueurs, leur apprendre ce qu’est le règlement, les clauses d’un contrat, leur apprendre que le football est une discipline imposée par ce sport, et cette discipline veut que le joueur ne s’attaque pas à l’arbitre, n’injure pas l’arbitre, ne se donne pas en spectacle lorsqu’une faute est sifflé, un bon joueur c’est celui qui ne conteste pas la faute.  C’est la même chose pour son entraîneur qui doit être un éducateur, un père, un formateur, c’est à lui d’interdire au joueur toutes contestations, a lui de lui enseigner le code du football, lui enseigner les fautes ...  La formation passe par le respect de l’arbitre et c’est de cette manière que l’on peut mettre un terme à la violence dans nos stades. Faudrait que tout le monde se mobilise pour former et éduquer nos joueurs qui se prennent pour des stars.  

AFU : Le mot de la fin ?

HAMID ZOUBA : Permettez-moi tout d’abord de vous remercier pour ce que vous faites pour les anciens footballeurs, leur donner la parole, et les faire connaitre aux jeunes. C’est quelque chose dont nous sommes très sensibles. D’’ailleurs la première dédicace de mon livre sera pour votre site, en signe de reconnaissance pour le travail que vous faites. Mon premier livre Intitulé : « Ma vie ma Passion ». Il  sera exposé à l’occasion du prochain salon du livre qui aura lieu en novembre ou  octobre à Alger .J’évoque dans ce livre ma vie ,ma vie footballistique ,mes 50 années d’expériences, mais aussi quelques  recettes pour réussir dans le football,  j’évoque également la formation ,  cet indispensable outil  qui fait défaut chez nous, ce que doivent faire  les entraîneurs pour réussir dans leur métiers, je souhaiterai  qu’ils prennent  quelques idées de mon livre  pour les mettre en pratique sur le terrain. J’ai commencé à jouer au football a l’âge de 12 ans et j’ai raccroché à l’âge de 36 ANS.