Mahmoud El Gohary (Egypte) et Stephen Keshi (Nigéria) deux géants du football continental  

Les joueurs ayant remporté un trophée majeur des nations d’abord comme joueur puis comme entraîneur ne courent pas trop les rues. D’ailleurs, ceux qui ont réussi cette performance se comptent pour ainsi dire sur les doigts d’une seule main.  Ainsi pour la coupe du monde, ils sont trois à avoir réussi cette performance. Il s’agit du […]

Avatar de Rachid Hammoutène (Tizi-Ouzou) Par 05/12/2021 - 02:56
Mahmoud El Gohary (Egypte) et Stephen Keshi (Nigéria) deux géants du football continental   Stephen Keshi - 18.11.2013 - Italie / Nigeria - Match Amical

Les joueurs ayant remporté un trophée majeur des nations d’abord comme joueur puis comme entraîneur ne courent pas trop les rues. D’ailleurs, ceux qui ont réussi cette performance se comptent pour ainsi dire sur les doigts d’une seule main.  Ainsi pour la coupe du monde, ils sont trois à avoir réussi cette performance. Il s’agit du Brésilien Mario Zagallo qui avait remporté deux coupes du monde comme joueur (1958 et 1962) et une autre comme sélectionneur de la Seleção (1970), de l’Allemand Franz Beckenbauer en 1974 comme joueur puis en 1990 comme coach et du Français Didier Deschamps (1998 et 2018). S’agissant des coupes continentales des nations. Ils sont trois à décrocher la double distinction. En Europe, seul l’Allemand Berti Vogts y est parvenu en remportant l’EURO en 1972 comme défenseur latéral de la Mannschaft et en 1992 à la tête de cette même sélection. Un  titre qui lui d’ailleurs valu une prime à vie de 3.000 Euros par mois jusqu’à la fin de ses jours. Alors qu’en Afrique, ils sont deux joueurs à avoir réussi cette double performance coupe des nations comme joueur puis comme sélectionneur. D’abord l’Egyptien Mahmoud El Gohary en 1959 en terminant même meilleur buteur du tournoi et en 1993 comme sélectionneur puis le Nigérian Stefan Keshi  qui a remporté la CAN de 1994 chez lui à Lagos et en 2013 en Afrique du Sud.  El Gohary comme Keshi sont deux légendes qui ont marqué le football africain et dont Africa foot United retrace l’histoire footballistique qui est la leur.  

Stephen Keshi : la légende des super Eagles 

Stephan Okechukwu Keshi  surnommé le « Big Boss », Stephen Keshi  est une légende au Nigéria. Son pays natal où ila vu le jour le 23 janvier 1962 à Lagos. Sa carrière de joueur, il l’avait entamée chez lui au Nigéria d’abord à l’âge de 17 ans au sein de l’ACB Lagos puis au New Nigérian Bank. Et ce avant de traverser la frontière et se rendre en Côte d’Ivoire en 1985 au Stade d’Abidjan puis à l’Africa Sport où il avait remporté le doublé coupe championnat en 1986. Et ce avant que les sirènes du vieux continent ne l’appellent. Il se rendra dans un premier temps en Belgique au KSC Lokeren puis au RCAnderlecht  où il est resté 04 saisons avec à la clé un titre de champion de Belgique en 1991 et deux coupes nationales 1988 et 1989. Il traversera à nouveau une frontière pour se rendre en France au RCStrasbourg pendant deux saisons (1991-1993) puis un retour ducôté de Bruxelles au RWD Molenbeek pour une saison. Il s’en ira aussi aux USA pour promouvoir le Soccer d’abord au CCV Hydra puis aux  Sacrémento Scorpions et de terminer sa carrière de joueur en 1998 en Thaillande au sein du Perlis FA.  Une carrière de joueur qui lui a aussi permis de porter 64 fois la tunique des Green Eagles. Cette dernière achevée, Le « big-boss » entamera celle du coach non pas par un club comme le font la plupart mais directement en devenant tour à tour sélectionneur des « éperviers » du Togo successivement en 2004-2006, 2007 et 2011. Lors de son premier passage à Lomé, il avait réussi une qualification historique au mondial allemand de 2006 précédée d’une autre à la CAN égyptienne de 2006. Une CAN qui lui aura été fatale avec 03 défaites pour autant de matches dans la poule B. Il sera remercié et remplacé par l’Allemand Otto Pfister qui avait assuré le mondial. En 2008, il sera à la tête des Aigles du Mali qu’il réussira à qualifier à la CAN de 2010 en Angola où il ne dépassera pas la phase de poules avec 3 points. Après un bref retour au Togo, Keshi prendra en main les destinées de la sélection de son pays en 2011. Deux années plus tard, il est sacré champion d’Afrique à Johannesburg (Afrique du Sud) le 10 février 2013 en battant en finale sur le score de 1-0 (but de Sunday Mba 40’mn) la surprise du tournoi le Burkina-Faso du Belge Paul Put. Un sacre, suivi d’une qualification au mondial brésilien de 2014, qui lui permet d’avoir les honneurs de tout un pays surtout qu’il avait réussi à faire passer le Nigéria pour la 3ème fois de son histoire, en six participations, le cap des poules après 1994 et 1998. Stephen Keshi sera remercié une année plus tard par la Fédération nigériane de football en juillet 2015 pour insuffisance de résultats. Une éviction qui lui a fait beaucoup de mal surtout qu’elle est intervenue au moment où sa femme luttait contre le cancer avant de décéder le 09 décembre 2015. Deux douloureux événements queson cœur n’a pu supporter puisqu’il le lâchera le 08 juin 2016. Alors qu’il n’avait que 54 ans. Une étoile du football nigérian s’est éteinte, et une légende du football africain s’en est allée.  

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Mahmoud Al-Gohary  : le premier  à avoir inscrit son nom au panthéon du football africain.  

Mahmoud Al-Gohary (né le 20 février 1938 au Caire et mort le 3 septembre 2012 à Aman en Jordanie) est un footballeur égyptien devenu entraîneur. Il est considéré comme étant l’un des meilleurs footballeurs et entraîneurs égyptiens de tous les temps, de par sa renommée et son palmarès notamment. 

C’est en 1955 qu’il avait entamé sa carrière de joueur alors qu’il avait 17 ans au sein du Ahly SC. Il s’affirmera comme attaquant redoutable et redouté des défenses. Au point où fera l’objet de nombreuses agressions de défenseurs qui lui ont valu de mettre un terme à sa carrière de joueur précocement. Une carrière de joueur au cours de laquelle, il a été sacré 6 fois champion d’Égypte (1955, 1956, 1957,1958, 1960 et 1961) et remporta 2 coupes d’Égypte (1956 et 1961). Comme il a été derrière le sacre de la République Arabe Unie (Appellation de l’Egypte à l’époque) en 1959 en remportant la Coupe d’Afrique des Nations où il finira meilleur buteur de la compétition avec trois buts inscrits (29’-42’ et 73’) lors de la finale disputée le 22 mai 1959 Ahly Stadium du Caire face à l’Ethiopie qui s’est soldée sur le score de 4-0, le 4ème but étant l’œuvre de El Sherbani (64’).   Et ce dans un tournoi à trois (RAU, Soudan et Ethiopie).  

Sa carrière de joueur abrégée en raison de blessures à répétition. Il devient alors entraîneur adjoint d’Al-Ahly avant de vivre une expérience en Arabie Saoudite de 1977 à 1982 au sein de du club saoudien d’Al Ittihad Djeddah. Il retraversera la mer rouge pour prendre les destinées de son club de cœur Al-Ahly (82-84 puis 85-86 et 91-93).  Avec ce club, il a remporté 2 titres de champions et 3 coupes d’Egype, une ligue des champions de la CAF et une coupe des vainqueurs de coupe de la CAF. Il drivera le club rival voisin du Zamalek avec à la clé une ligue des champions de la CAF et une super coupe d’Afrique.  Son palmarès de coach sera aussi étoffé par une coupe des Emirats avec Al Wahda.  Il reste que ces deux véritables consécrations l’ont été avec son équipe nationale. D’abord en qualifiant l’Egypte au mondial de 1990 en Italie après 56 ans d’absence dans la plus prestigieuse des compétitions de football et surtout cette coupe d’Afrique des Nations en 1998 à Ouagadougou au Burkina Faso après avoir battu en final les Bafana-Bafana d’Afrique du Sud sur le score de 2-0. La performance est d’autant plus grande qu’elle est intervenue après avoir damer le pion à la nation hôte en demi-finale sur le même score de 2-0.  

Ainsi Mahmoud El Gohary venait de rentrer dans le pantéhon du football africain en étant le premier entraîneur à avoir remporté la CAN quelques années après l’avoir remporté en tant que joueur.  Gohary avait réussi à faire chavirer le cœur des millions d’Egyptiens, notamment ceux du Caire auxquels il avait procuré beaucoup de bonheur d’abord comme joueur puis comme en entraîneur avec tous les titres remportés. El Gohary terminera sa carrière en Jordanie comme entraîneur du onze national qu’il qualifiera à sa première phase finale de coupe d’Asie des nations en 2002. Il est resté en Jordanie jusqu’à sa mort   le 03 septembre 2012 à l’âge de 74 ans.  Mamoud El Gohary aimait ce qu’il faisait tant c’est un passionné. Il n’était heureux que dans un terrain de football. Lui qui avait fait sienne la citation de Albert Camus « Il n’y a pas d’endroit dans le monde où l’homme est plus heureux que dans un stade de football. ».  

 

Avatar de Rachid Hammoutène (Tizi-Ouzou)
Carrière journalistique entamée en 1984 à l’hebdomadaire sportif El Hadef jusqu’à sa disparition en 1992. Actuellement au quotidien national « Horizons » depuis 1990 à ce jour. J’ai eu à collaborer au bihebdomadaire sportif « Olympic » et au quotidien El Watan de 1999 à 2014.
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