La ligue 1 débute ce vendredi en Algérie : Une saison de toutes les incertitudes !

La nouvelle saison footballistique en Algérie sera entamée dès ce vendredi avec le coup de starter pour l’élite et la ligue 1 Mobilis. En attendant bien évidemment le reste des divisions dont certaines sont annoncées pour le mois de février 2021.  Une saison qui s’annonce incertaine à plus d’un titre. Et pour cause, avant même […]

Avatar de nassim67kouba Par 27/11/2020 - 00:11
La ligue 1 débute ce vendredi en Algérie : Une saison de toutes les incertitudes !

La nouvelle saison footballistique en Algérie sera entamée dès ce vendredi avec le coup de starter pour l’élite et la ligue 1 Mobilis. En attendant bien évidemment le reste des divisions dont certaines sont annoncées pour le mois de février 2021.  Une saison qui s’annonce incertaine à plus d’un titre. Et pour cause, avant même que le coup d’envoi ne soit donné, les clubs, comme cette cigale de Jean de la Fontaine, commencent à crier famine.

Inégalités entre les clubs

Ainsi en dehors des clubs soutenus par l’argent public à travers les entités économiques publics comme le MCAlger, le CSConstantine , la JSSaoura (Béchar) par Sonatrach et ses  filières,  l’USMAlger  par Serport, le CRBélouizdad par Madar, et à un degré moindre le PAC Hydra par une entreprise familiale celle des Zetchi dont l’aîné est aussi  le patron  de la fédération algérienne de football (FAF), le reste des équipes ne vit que par la grâce « divine » et de certains sponsors et mécènes et se plaignent déjà quant aux lendemains désenchanteurs. Cette inégalité « sociale » a toujours faussé la donne avant chaque entame de saison puisque les plus nantis financièrement raflent les meilleurs joueurs et se hissent souvent sur le podium même si des équipes comme la JSKabylie et l’ESSétif de par leurs traditions et statuts de clubs majeurs viennent bousculer cet ordre établi. A cette inégalité sociale qui les affectent énormément, s’ajoute la pandémie du corona virus vient accentuer leur désarroi. Tant les règles sanitaires énoncées par la FIFA, l’instance suprême du football, en matière de préservation des joueurs et autres personnes gravitant autour de l’équipecontre le Virus de la Covid-19 imposent de grosses dépenses. Notamment les moyens de protection (masques chirurgicaux, gel hydroalcoolique, médicaments préventifs comme le magnésium, le zinc et la vitamine C désinfectants pour vestiaires et autres outils de travail) qui, mine de rien, coûtent la peau des fesses. A cela il faudrait ajouter les tests PCR  et  sérologiques à  chaque reprise des entraînements et à la veille de chaque rencontre. Des tests qui sont loin d’être à la portée de ces clubs non parrainés par l’Etat. Des tests qui selon les estimations se situent entre 10 et 18.000 DA pour la PCR et 1600 à 3000 DA pour les tests sérologiques. Ainsi à raison d’une moyenne de 60 tests PCR par match à 10.000 DA l’unité (équipes première et réserve), se sont 10. 8000.000 DA soit plus d’un milliard de centimes que les clubs doivent débourser d’ici la fin de la phase aller prévue au mois de mars 2021 en espérant que la pandémie ne sera qu’un souvenir. Faute de quoi, il faudrait multiplier par deux ce montant de la PCR.

La crise sanitaire compliqe la situation 

Toujours pour rester dans la gestion sanitaire, ces clubs dits mineurs financièrement auront-ils les moyens nécessaires pour la gestion de cette crise qui impose un nombre limité de personnes à déplacer par bus ou fourgon à chaque sortie. Idem pour les vestiaires, lorsque l’on sait que certaines infrastructures ne disposent pas du nombre de vestiaires voulus. D’ailleurs et à ce propos, la commission médicale de la FAF a mis en garde contre ces difficultés au point où il a été même recommandé de ne pas entamer la saison. Mais qu’à cela ne tienne, les instances gestionnaires de ce football (Fédération et ligue) ont décidé d’entamer la saison professionnelle en prenant en charge les tests PCR comme annoncé par Abdelkrim  Meddouar le président de la ligue professionnelle de Football (LFP) sur les droits TV des clubs en obtenant le principe de la FAF.  

Les droits TV non perçus

Une manière de reprendre un adage populaire «  Mlahitou bakharlou »  (de sa barbe tu l’enfumes ndlr). Au lieu de soutenir ces clubs sans contrepartie en puisant sur ses fonds propres, la LFP grève encore leur budget  en les privant de leurs droits TV qui pour certains constituent une bouffée d’oxygène pour leur trésorerie. Des droits TV de la saison dernière qu’ils n’ont pas encore perçus comme l’atteste cette montée au créneau des dirigeants de  la JSK qui les réclament attestant bien qu’ils sont importants pour le fonctionnement du club qui a déjà engagé beaucoup de Dinars dans cette prévention sanitaire durant la préparation d’avant saison (voir publication du 25.11.2020 dans ces mêmes colonnes). Et ce n’est pas la sortie de Medouar chez nos confrères de l’APS (Algérie Presse Service) qui va les rassurer.  Surtout lorsqu’il déclare que le projet de prise en charge des tests PCR « est conditionné par l’entrée dans les caisses de l’argent représentant les droits TV pour les deux saisons 2018-2019 et 2019-2020 ». C’est dire que rien n’est encore clair dans la gestion de cette crise sanitaire. Et ce même si cedernier a appelé l’ensemble des acteurs de la discipline à l’”union sacrée” pour réussir une saison 2020-2021 “exceptionnelle” après un arrêt de huit mois causé par la pandémie de coronavirus (Covid-19). “Après huit mois de repos forcé, la compétition va enfin débuter, mais elle ne sera pas comme les précédentes. La conjoncture liée au Covid-19 a fait qu’un protocole sanitaire soit mis en place, dont la stricte application conduira à la réussite du championnat. Je sais que ce ne sera pas facile. J’appelle l’ensemble des acteurs du football, y compris la presse sportive, à l’union sacrée pour réussir cet exercice qui va se jouer dans des conditions exceptionnelles”, lit-on sur le fil de l’APS. Toutefois le chairman de la LFP dresse un bouclier de protection contre les attaques qui pourraient fuser de partout quant à la gestion de la crise sanitaire. “La réussite de la saison ne dépend pas uniquement de la LFP ou de la FAF, mais également des pouvoirs publics et des autorités locales, communales et de wilayas. C’est un tout à ne pas dissocier” a-t-il déclaré. Et  de poursuivre : “Je pense que le mur de la peur s’est effondré avec le déroulement de la Super-coupe d’Algérie dans d’excellentes conditions. J’espère que les matchs de championnat auront lieu dans des conditions similaires pour réussir l’entame de saison”. Mais, il oublie ou il le fait sciemment de rappeler que ce match de super-coupe ne constitue pas une référence lorsque l’on connaît les conditions dans lesquelles il s’est tenu au sein de  cette enceinte qu’est  stade le 05 juillet qui n’a pas d’égale dans  le pays. Toujours dans cet aspect sanitaire, la LFP n’a pas indiqué à quelle hauteur de contamination de joueurs à la Covid-19 qu’un match doit être  reporté comme cela se fait dans les plus grands championnats.  

Une compétition trop  longue

L’autre incertitude est à chercher dans la compétition elle-même. En s’obstinant dans sa logique de faire disputer un championnat à 38 journées, la LFP se dirige droit contre le mur. Au lieu de d’écouter la sagesse et le bon sens de certains clubs qui avaient suggéré un championnat à deux poules avec une finale des deux premiers pour l’octroi du titre  avec leurs désignation pour la ligue des champions (LDC) et une autre des deux seconds  dont le vainqueur prendra part à  la seconde place qualification  en coupe de la CAF  et le vaincu à la coupe arabe éventuellement. La LFP a fait dans la sourde oreille.  Son refus d’opter pour cette suggestion au  motif que les clubs n’ont pas adhéré à la démarche relève pour ainsi dire du  non sens. En tant qu’instances émanant de ces clubs justement la FAF et la LFP se devaient de trancher  en cherchant le bien être et la santé  des joueurs qui sont loin d’êtres pris en charge avec cette formule à 20 clubs en poule unique.  Mieux, elles n’ont même pas pris le soin de réunir les principaux  concernés que sont  les techniciens (entraîneurs et préparateurs physiques) et les médecins des clubs pour discuter de  la formule idoine en cette saison exceptionnelle.  Aussi le manque de rigueur dans la gestion de cette compétition est attesté par  ce calendrier du fait que la LFP continue à agir au coup par coup. Ainsi, les clubs  ne connaîtront leur calendrier que périodiquement et ce au bon vouloir des  décideurs. La LFP vient d’arrêter les  dates que pour les six premières journées inscrites dans l’agenda du mois de décembre. Pour le reste il faudrait attendre «  la prochaine lune » pour annoncer la suite de  phase aller qui devrait courir jusqu’à la fin mars. En fait la LFP a habitué les clubs au bricolage tant sa programmation ne tient compte d’aucune considération technico-physique. En effet  les entraîneurs dans les championnats  qui se respectent  à travers le calendrier qui leur est proposé savent à quoi s’en tenir pour la préparation à  court, moyen et long terme de la saison. Chez nous c’est  au bon vouloir et à l’humeur des uns et des autres et des conditions atmosphériques. D’ailleurs il y a quelques années de cela, un entraîneur étranger nous avait confiés «   c’est avec cette programmation que je comprends  mieux pourquoi le football algérien à du mal à élever son niveau. Il est impossible de progresser en naviguant à vue comme nous le faisons avec ces longues trêves et  ces matches à répétition.

Des lendemains incertains

Aucun organisme ne peut supporter la charge c’est pourquoi, nous enregistrons beaucoup de blessures et les joueurs finissent une phase cramés ». Les blessures  seront une autre fois la hantise des coaches et plus particulièrement ceux engagés en compétition continentales avec le calendrier qui les attend. C’est la gestion de cet aspect qui posera problème tant le calendrier sera truffé  de matches de retards à commencer par la première journée qui sera tronquée de deux rencontres USMBA-MCA et ASAM-CRB en raison de la participation le jour même du MCA et du CRB aux tours préliminaires de la LDC. Des matches de retard qui vont s’accumuler avec l’entrée en lice des deux autres représentants continentaux de la JSK et de l’ESS lors du prochain tour dans le cas où le MCA et le CRB venaient à se qualifier. Aussi la sortie de Meddouar chez nos confrères de « Liberté » où il a évoqué  une réunion  de concertation  les responsables des quatre clubs continentaux pour arrêter ensemble le calendrier des matches de retard prouve une autre fois de cette gestion au bonheur la chance. Ailleurs on établi un calendrier avec des dates fenêtres pour palier à toutes les éventualités de matches de retard pour une raison ou une autre. 

Enfin, avec cette formule de poule unique,  ces instances du football algérien n’ont pas tenu compte de la fatigue des joueurs que généreront les déplacements par route des équipes   lorsqu’on sait, conditions sanitaires oblige, que les avions sont cloués au sol. D’ailleurs la formation de la JSS  de la lointaine Béchar à l’extrême sud-ouest du pays a tiré la sonnette d’alarme elle qui doit avaler  une journée sur deux de la compétition des milliers de kms pour  rencontrer ses adversaires chez eux.       

En attendant, la nouvelle saison est celle de toutes les incertitudes.

 

                    

 

 

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