JO 2020

JO 2020: Quand la testostérone devient un critère d’élimination

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Alors que tout le monde rêve des Jeux olympiques, certaines femmes n’y participeront malheureusement pas cette année. Ce n’est pas parce qu’elles manquent de talent, mais à cause de la testostérone. Mais qu’est-ce que la testostérone ?

La testostérone est une hormone stéroïdienne, du groupe des androgènes. Chez l’Homme, elle joue un rôle-clé dans la santé et le bien-être, en particulier dans le fonctionnement sexuel. Entre autres exemples, ces effets peuvent être une énergie accrue, une augmentation de la production de cellules sanguines et une protection contre l’ostéoporose.

Aussi bien chez l’homme que chez la femme, la testostérone permet d’accroître ses capacités physiques. C’est d’ailleurs, ce qui fait débat depuis plusieurs années dans l’athlétisme chez les femmes. Compte tenu de l’hyperandrogénie, c’est-à-dire l’excès d’androgènes circulant dans le sang, certaines femmes ont été interdites de concourir, parce que World Athletics estime qu’elles ont trop d’hormones mâles dans leur organisme.

Pour donc courir avec les filles, ces dernières doivent suivre des traitements pour faire baisser leur taux de testostérone naturellement élevé. Quelle décision de World Athletics ! Doivent-elles changer leur corps, modifier leur organisme pour satisfaire les exigences de l’instance dirigeante de l’athlétisme ? Où à défaut, les athlètes concernées doivent-elles à contre-cœur mettre un terme à leur carrière ? C’est de toutes ces questions qu’est né le bras de fer entre athlètes et World Athletics.

Caster Semenya (800 et 1500m)

La pionnière de ce bras de fer est Caster Semenya. C’est le premier nom qui vient toute suite à l’esprit quand on parle des athlètes femmes victimes de la testostérone. Privé à plusieurs reprises de compétitions, la sud-africaine conçoit cela comme une discrimination et une injustice grave. Dès lors, la double championne olympique et triple championne du monde du 800 mètres a entrepris plusieurs procédures judiciaires. Elle a même saisi ces dernières semaines la cour européenne des droits de l’homme pour faire plier World Athletics, puisqu’elle n’est pas prête à consommer des substances pour réduire son taux de testostérone. Mais jusqu’à maintenant, elle n’a pas encore eu gain de cause. Ses chances de participer aux Jeux olympiques de Tokyo sont quasiment nulles. L’athlète de 30 ans ne va donc pas défendre ses titres olympiques à Tokyo, malgré les 10 ans de combat déjà menés pour dire non à la discrimination.

Margaret Wambui (800 m)

C’est également pour les mêmes raisons liées à la testostérone que Margaret Wambui ne va pas se rendre à Tokyo. D’après World Athletics, la kényane est atteinte de différences de développement sexuel (DSD). C’est simplement triste pour le monde de l’athlétisme d’être privé d’un tel talent aux Jeux d’été prochain. Médaillée de bronze aux JO de Rio 2016, Margaret Wambui, âgée de 25 ans, espérait se rendre à Tokyo pour aller à l’assaut de l’or, mais la testostérone est venue anéantir son rêve.

Christine Mboma et Beatrice Masilingi (400m)

Contrairement à Caster Semenya et à Margaret Wambui, les namibiennes Christine Mboma et Beatrice Masilingi seront quant à elles aux jeux olympiques. Toutefois, elles ne pourront pas s’aligner sur le 400 m à Tokyo, en raison d’un taux de testostérone naturellement trop élevé. C’est un coup dur pour Christine Mboma, puisque la jeune de 18 ans comptait sur le 400 m pour frapper fort à Tokyo. Cette année, elle a fait parler d’elle à Bydgoszcz, en réalisant un chrono de 48,54 s sur le 400 m. Ce qui constitue la septième athlète de tous les temps sur la distance. Malheureusement son ambition de concourir sur le 400 m aux Jeux olympiques de Tokyo a été noyée dans la mer de la testostérone. Ce n’est que sur le 200 m qu’elle pourra s’aligner, au même titre que sa compatriote Beatrice Masilingi.

Francine  Niyonsaba (800m)

La médaillée d’or aux championnats du monde en salle 2018 à Birmingham va bel et bien prendre part aux Jeux olympiques de Tokyo. Seulement qu’elle ne pourra pas s’aligner sur le 800 m, pour raison de testostérone. C’est sur le 5000 m que la burundaise va concourir à Tokyo. Puisque l’athlète de 28 ans a refusé de suivre un traitement pouvant lui permettre de disputer le 800 m.

Aminatou Seyni (400m)

Spécialiste du 400 m, Aminatou Seyni devrait courir dans cette épreuve aux jeux olympiques de Tokyo. Malheureusement, elle ne pourra pas s’aligner sur sa distance de prédilection à Tokyo. Puisqu’elle est aussi frappée par le testostérone.  Mais la nigérienne va quand même se rendre aux jeux olympiques. Elle pourra s’aligner sur le 100 m et le 200 m.