ITW: Christophe Aifimi « Sans patience et la foi, j’allais stopper »

ITW: Christophe Aifimi « Sans patience et la foi, j’allais stopper »

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Aujourd’hui pensionnaire du club Futuro Kings FC en Guinée Equatoriale, le gardien de but international béninois Christophe Aifimi a retrouvé le plaisir de rejouer au football après près de deux ans passés à soigner des blessures. Revenu en compétition au début de cette année 2020, l’ancien meilleur gardien de but du championnat ivoirien s’est confié à nous dans un entretien exclusif.

Crédité de très belles saisons ponctuées par de nombreux trophées dont celui de champion de la Côte d’Ivoire avec l’AS Tanda, Christophe Aifimi avait pris la direction de l’Afrique du Sud pour monnayer ses talents en 2016. Mais, très tôt son rêve de conquérir le pays de Nelson Mandela va se transformer en cauchemar. En effet, un an après son arrivée dans le pays Arc-en-ciel, il sera confronté à d’énorme difficultés qui vont l’obliger à partir sans atteindre son objectif. Que s’est-il passé ? Christophe Aifimi sort enfin de son mutisme et nous livre sa part de vérité.

Racontez-nous ce qui s’est vraiment passé en Afrique du Sud avec Black Léopard

‘’Avec les Black Leopard tout a bien débuté, et je me sentais bien même si c’était difficile à cause de la concurrence. Mais j’ai réussi à me faire une place au sein de l’effectif. Les choses ont commencé par se détériorer à cause du non-respect de mon contrat dès ma 2è année.  Mon talent n’était pas mis en cause car j’avais la faveur du staff technique mais pas du président car les choses se sont durcies avec mon agent. Malgré la situation, j’ai pu jouer quelques matchs en début de saison avant d’être blessé. C’est le début de mon calvaire car les soins étaient retardés. J’étais obligé de me traiter par mes propres moyens. C’est en ce moment que j’ai compris que ça allait être compliqué pour moi car si je restais. Je risquais de faire une saison blanche et avoir moins de chance pour la sélection nationale béninoise. En novembre 2018, j’ai eu des contacts avec des clubs sud-africains et étrangers. Pour ne plus perdre du temps, nous avons fini par trouver un accord pour un règlement à l’amiable. En décembre, j’ai rompu officiellement mon contrat avec les Black Leopard.’’

Avez-vous été dédommagé après cette épreuve ?

‘’Oui, j’ai été dédommagé. Nous avons pu trouver un terrain d’entente.’’

Si en décembre 2018, vous êtes déjà libre de tout engagement, pourquoi avoir attendu tout ce temps avant de vous engager ?

‘’J’étais à deux doigts de m’engager avec un club de D2 en Afrique du Sud car mes recommandations ont été acceptées. Mais hélas ! J’ai commencé par sentir des douleurs à la cuisse. Après examen, il a été révélé que je souffrais d’une hernie discale. Logiquement je n’ai pas pu signer et j’ai dû rentrer en Côte d’Ivoire pour être auprès de ma famille. En toute franchise, j’avais l’espoir d’être prêt pour janvier 2019, hélas la douleur persistait. Lorsque j’ai su que c’était impossible de rejouer à cause de ce mal, j’ai pris un coup mentalement, car je voyais mes objectifs tombés. J’étais extrêmement déçu.’’

Qu’est-ce qui vous a permis de tenir le coup ?

‘’Ma famille. J’ai pu avoir le moral et débuter mes soins avec des séances de kinésithérapie intenses grâce à elle. Je sortais moins. Je passais plus de temps avec mes proches et ma famille. Je n’ai jamais lâché. Je restais motivé afin de revenir encore plus fort. Après 4 mois de kinésithérapie, ma santé s’est améliorée mais je ne pouvais pas encore m’entrainer. C’est en ce moment précis que j’ai décidé de me faire opérer, chose que j’avais refusée en février. Je me suis fait opérer en juin et après 2 mois, j’ai repris les entraînements individuels tout en examinant les différentes offres qui se présentaient à moi. Ce fût très difficile cette période. Sans patience et la foi, j’allais stopper.’’

Après des mois de souffrance, vous avez renoué avec la compétition. Quelles sont vos sentiments ?

‘’J’avais des contacts avec des clubs en Côte d’Ivoire et à l’étranger aussi.  N’étant pas physiquement prêt, j’ai pris tout mon temps pour étudier les offres qui m’iraient mieux. C’est ainsi que j’ai été contacté par mon ancien coach Jean François Loscuito pour une pige en Guinée équatoriale. J’ai accepté sans hésiter car pour moi c’était la meilleure opportunité pour me relancer. J’étais vraiment heureux de pouvoir compétir à nouveau.’’

Pourquoi avoir choisi Futuro Kings FC ?

‘’Comme je l’ai dit plus haut, j’ai choisi le club à cause de mon coach, et j’ai réalisé que je pourrai retrouver peu à peu la plénitude de mes capacités. Être auprès d’un entraîneur qui t’a déjà entraîné te booste encore plus, car il te comprendra.’’

Comment cela se passe avec votre nouveau club ?

‘’Lorsque je suis arrivé, je n’avais pas eu le temps de faire la préparation physique avec eux, et c’était difficile. Mais j’étais déterminé à m’imposer et à être au top. Au cours de mes préparations, j’ai fait deux matchs amicaux contre des clubs de la ligue 1 gabonaise, où mes prestations ont pu convaincre le staff technique. Le championnat est d’un bon niveau et tout se passe très bien.’’

Comment gérez-vous la période de coronavirus ?

‘’C’est une période difficile pour toute la planète terre. J’essaie tant bien que mal de maintenir la forme avec des entraînements individuels, de footing, du renforcements musculaires, et je fais aussi beaucoup de lecture. J’essaie aussi d’apprendre autre chose car il faut penser également à l’après foot.’’