Handisport et discrimination

Handisport et discrimination: Tous les Etats africains sont interpelés

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En Afrique, les athlètes handisport ne sont pas élevés au même rang que les sportifs valides. Ils ne bénéficient ni des mêmes moyens, ni de récompenses similaires, pourtant, ils rapportent au continent Africain énormément de médailles.

Contrairement à certains pays, comme les États-Unis ou la France, où les athlètes des jeux paralympiques bénéficient de moyens adéquats et perçoivent les mêmes récompenses que ceux des jeux olympiques, les pays africains n’ont pas cette politique de valorisation de l’effort de cette catégorie de citoyens. C’est une discrimination, qui ne dit pas son nom, même si elle n’est pas voulue. Elle est le fruit de l’absence de considération et de respect à ces personnes. La preuve, bon nombre des pays africains ne participent pas à ces jeux paralympiques. Ils ne mettent pas à la disposition des athlètes handisport les moyens de base pour leur préparation, faute d’infrastructures sportives adéquates. Ces dernières ne sont pas équipées de façon à ce que les sportifs d’handisport puissent les utiliser.

Quant aux bourses de préparation, elles sont quasi-inexistantes en Afrique, à l’exception de quelques rares pays, où elles sont très limitées. En dépit de ces insuffisances, les athlètes handisport africains ont remporté des médailles et aussi battu des records du monde dans certaines spécialités. Mais, cela se limite à quelques pays seulement comme on peut le constater à la lecture du tableau des médailles des jeux paralympiques de Tokyo 2020, ou ne figurent que onze Nations africaines, sur les 54 que compte le continent. C’est trop peu par rapport aux potentialités de l’Afrique, qui peut faire mieux aux jeux olympiques et aux jeux paralympiques. Il faut changer les mentalités et donner à chacun ses droits. Les athlètes handisport doivent être mis sur un pied d’égalité avec les autres, et ne plus être considérés comme des citoyens de seconde zone, envers lesquels on agit par compassion ou pitié. Un effort doit être fait par les pouvoirs publics dans chaque pays en direction notamment des athlètes handisport à travers plus de moyens de préparation et davantage de respect.

En effet, des scènes telles que celles de l’aéroport d’Alger montrant des membres de la délégation des sportifs handisport de retour des jeux paralympiques de Tokyo subissant des souffrances pour monter dans un autobus inadapté doivent être bannies. Ce n’est qu’après coup, que le mal est fait, que des décisions de circonstances sont prises, comme c’est le cas en Algérie. Des cadres supérieurs du ministère de la jeunesse et des sports ont été limogés pour leur responsabilité dans l’affaire de l’aéroport d’Alger. Dans la foulée, le ministre de la jeunesse et des sports algerien annonce qu’un bloc spécial avec toutes commodités pour les sportifs handisport sera réalisé au niveau du centre national de regroupement des sélections nationales de Souidania, situé dans la périphérie d’Alger. Ce genre d’opérations ne devrait pas être de  circonstances et se limiter à quelques pays seulement. Tous les États africains sont interpellés, car c’est une question d’équité dans les droits des citoyens.