Gabon: Le football autrement vu par Casimir Oye Mba

Gabon: Le football autrement vu par Casimir Oye Mba

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Casimir Oye Mba est un passionné du football gabonais et un fan inconditionnel de la sélection nationale des Panthères. L’ancien Gouverneur de la BEAC, ancien Premier ministre et vice-président de l’Union nationale relève les manquements grave qui bloquent l’essor du football gabonais sur le continent africain. 
 
Malgré d’importants moyens financiers mis à disposition par l’État, le football gabonais a du plomb dans l’aile. Depuis Sogara, seul club gabonais en finale d’une compétition continentale (Coupe d’Afrique des vainqueurs de coupe 1986), le Gabon n’est plus arrivé à placer de clubs à ce niveau. Cette carence nécessite d’énormes interrogations sur les zones d’ombres de cet éternel échec au plan africain. Casimir Oye Mba, ancien Premier ministre et grand fan des Panthères du Gabon relève, avant tout, les obstacles à l’impact du football gabonais au plan international. 
 
« Notre football a beaucoup évolué. L’État y met énormément d’argent, bien plus que dans d’autres sports. Mais force est de reconnaître que les résultats espérés ne sont pas au bout. Il y a certainement des tas de choses à faire pour que nos compatriotes eux aussi, connaissent un jour l’ivresse d’une victoire à la CAN », a déclaré l’ancien premier ministre à Gabon Review avant d’évoquer trois questions qui lui paraissent déterminantes pour booster le football. 
 
« Depuis le Stade Kérélé devenu ensuite Stade du R-P LEFEBVRE (du nom d’un prêtre spiritain qui a beaucoup œuvré à la promotion du football au Gabon), nous avons créé plusieurs installations, à Libreville comme en province. Mais sans être atrabilaire, on est obligé de dénoncer l’incohérence de certaines réalisations. Je ne suis pas convaincu que Libreville avait besoin de deux stades de 40.000 places chacun, que Port-Gentil avait besoin aussi de deux stades (le Pierre-Claver DIVUNGUI et le Michel ESSONGHE). À quoi servent aujourd’hui les stades d’entrainement et les hôtels que nous avons construits ici et là pour la CAN ? », s’interroge-t-il. 
 
Casimir Oye Mba propose ensuite des pistes de solutions aux dirigeants sportifs pour redorer le blason du football gabonais. 
 
« En dehors de ces grandes installations, l’État devrait s’attacher à créer des mini-stades de proximité dans les principaux quartiers. Je vois parfois des jeunes qui sont contraints de jouer sur les accotements de la voie express à Libreville ; cela est très dangereux. Auparavant, les écoles avaient une cour de récréation aujourd’hui nous construisons des écoles sans cour de récréation, des cités immobilières sans aire de jeu. Or, ces installations de proximité permettent aux jeunes de s’occuper sainement, de se distraire, et à certains d’entre eux peut-être de se distinguer ».
 
De la nécessité pour chaque club gabonais de disposer d’un encadrement technique et médical, installations appropriées, deux formations (1ère et 2e division), une équipe de juniors et une section féminine pour voir émerger de jeunes talents gabonais. 
 
« Au total, nous devons retenir qu’en sport comme en toutes choses, les résultats ne sont que le fruit de l’organisation, du sérieux, du travail, et non de l’improvisation, de la chance, ou du frottement de telle feuille exceptionnelle », a conclu Casimir Oye Mba.