Exclusif – Sébastien Siani : «La CAN 2017 reste mon plus beau souvenir en sélection  »

Exclusif – Sébastien Siani : «La CAN 2017 reste mon plus beau souvenir en sélection »

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Malgré un séjour éclair en sélection nationale du Cameroun, Sébastien Siani a marqué son passage en étant l’un des grands artisans du succès des Lions Indomptables à la Coupe d’Afrique des Nations Gabon 2017. Âgé de 35 ans, l’international camerounais passe probablement ses derniers moments sur les terrains.  Cet été, il a obtenu un contrat de deux ans au Royal Knokke Football Club, un club de troisième division en Belgique. Mais ce qui semble le plus le préoccuper en ce moment, c’est bien sa reconversion. Sébastien Siani s’est déjà fixé un plan et y travaille sérieusement. Dans une interview exclusive accordée à Africa Foot United, le milieu camerounais revient sur son riche parcours mais aussi, se prononce sur les prochains challenges des Lions indomptables et sur la Coupe d’Afrique des Nations que son pays s’apprête à organiser du 9 janvier au 6 février 2022.

Comment se porte Siani en ce moment ?

Ça va, de mon côté, je vais très bien, petit à petit, je commence à trouver un peu de rythme et de punch. Donc, physiquement, ça commence à aller.

Comment se passe votre première saison au Royal Knokke Football Club ?

Avec mon nouveau club, le Royal Knokke Football Club, tout commence à aller de mieux en mieux. On a eu un début de saison difficile mais depuis deux, trois matches, les choses commencent à s’améliorer. On a des victoires et moi aussi, je fais partie de l’effectif, ça promet plus, surtout que j’ai mis une longue période sans jouer, depuis le début du Covid. Donc, je suis quand même un peu satisfait de mon évolution.

Qu’est-ce qui vous a motivé à rejoindre ce club ?

Ma motivation pour rejoindre ce club, c’était surtout pour ne pas arrêter comme ça ma carrière, je veux dire, sur le Corona. Ce n’était pas vraiment dans mes plans de lâcher comme ça. Et aussi, le club m’a convaincu avec le projet qui était là pour pouvoir revenir sur mes paroles. Je suis quand même assez content de pouvoir rejouer à nouveau. Il n’y a rien de mieux que ça.

Sachant que vous approchez déjà la fin de votre carrière, pensez- vous  déjà à une reconversion ?

Oui, c’est vrai que je suis plus proche de la fin que du début de ma carrière. Tout doucement, j’essaie de prendre des cours pour devenir coach pour devenir aussi encadreur parce que ce n’est pas seulement coacher qui est important mais aussi être encadreur. Et derrière cela, il y a d’autres projets qui, avec le temps, seront révélés au public. Pour l’instant, c’est d’abord les cours d’entraîneur qui suivent et après, le reste, ça ne saurait tarder.

Avez-vous eu le sentiment, comme plusieurs personnes, que votre arrivée chez les Lions Indomptables a été tardive ?

Concernant les Lions, c’est vrai que je suis arrivé tardivement dans la tanière mais qu’est-ce que vous voulez que je vous dise, on a tellement de bons joueurs dans notre pays. Il y a des joueurs qui sont sélectionnés, il y en a d’autres qui attendent. Est-ce que je me plains de cela ? Non ! Est-ce que j’aurais aimé être là plus tôt ? Oui ! Mais comme je vous dis, chacun a son temps et je pense que  lorsque le lien est arrivé, je l’ai saisi et je n’ai aucun regret pour ce qui s’est passé. Je fais partie des privilégiés qui ont eu aussi à porter ce maillot vert-rouge-jaune. Je suis tout à fait content de tout ça. Si j’avais eu la potion magique avant, je serais arrivé plus tôt…

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Qu’est-ce qui, selon vous, pourrait expliquer cette situation quand on sait que vous évoluez déjà en professionnel en club ?

Je ne sais pas comment je vais expliquer ça, j’étais déjà en club mais comme je vous l’ai dit, il y avait des sélectionneurs. T’es sélectionné surtout par rapport à certains critères. Je ne sais pas ce qu’il fallait. Je pense que je jouais dans mon coin et je pense que ce n’est pas moi qui qui devais me proposer aux sélectionneurs. Ils ont quand même des gens un peu partout dans le monde qui regardent. Je n’ai pas d’explication pour mon arrivée tardive, je n’en ai pas du tout.

Quel est votre plus beau souvenir chez les Lions ?

Mon plus beau souvenir en sélection ? Il n’y a même pas à douter, c’est la finale remportée face à l’Egypte au Gabon en 2017. Je ne pense pas que je puisse en trouver un autre au-dessus de celui-là. C’est quelque chose qui arrive vraiment comme je l’ai dit, aux privilégiés. Je ne peux pas choisir d’autres, c’est mon plus beau souvenir, la finale de la CAN 2017.

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Sébastien Siani lors de la réception à la Présidence de la République après le sacre à la CAN 2017

Votre passe décisive en finale de la CAN 2017, pouvez-vous nous la faire revivre ?

Concernant ma passe en finale de la CAN, je vais même dire quoi ! C’est juste qu’Abou, il m’avait dit : quand tu as le ballon et que tu me vois dans une position, n’hésite pas. C’est quelque chose dont on avait déjà parlé auparavant et je suis un milieu de terrain et on est censé alimenter les attaquants.  Donc, dès que j’ai vu qu’il était dans une situation de un contre deux, c’est un attaquant, je me dis : voilà, psychologiquement et mentalement, il est fort et il a du talent. Donc, je n’ai pas hésité un instant. Sur les images, vous pouvez voir, je lève la tête, je le vois et je n’hésite même pas un instant. La plupart du temps, j’aurais pu faire une passe à côté et attendre et là, je n’ai pas hésité parce que je lui faisais confiance, je lui fais toujours confiance même maintenant, même si je ne suis plus en sélection. Et le reste, il a fait de la magie, il nous a fait rêver par rapport à ça, il nous a donné du plaisir.

S’il fallait retenir un match dont vous avez aimé en sélection Nationale, ce serait lequel ? Et un match dont  vous avez été déçu ?

Un match à retenir ? Je dirais ma première sélection face au Nigéria, en match amical en Belgique en 2015. Je ne m’attendais plus à être appelé en équipe nationale et ce jour-là, me retrouver en train de chanter l’hymne national avec le maillot des séniors, c’est quelque chose que je ne pourrai jamais oublier.  C’est ce match-là.

Et concernant un match à oublier, c’est évidement face au Nigéria pour la qualification de la Coupe du Monde 2018 où on s’est fait balayer là-bas, 4 buts à 0. Dans un match où on n’a pas du tout été bons. On sait très bien que les matches face au Nigéria, c’est des gros matches, et là,  on n’a pas du tout été présents et ça a couté en grande partie notre non qualification pour la Coupe du Monde 2018 qui était quand même un rêve pour nous et pour tous les camerounais.

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Sébastien Siani, célébrant un but lors de la CAN Gabon 2017

Qu’est-ce qui peut expliquer qu’avec votre talent, vous n’ayez joué qu’en Belgique ?

Je ne sais pas ce que je dirais par rapport au fait que j’ai essentiellement joué en Belgique durant ma carrière, j’ai eu des contacts pour aller jouer à l’étranger mais ça ne s’est pas fait parce que le club demandait peut-être un peu plus et à la fin, le deal ne s’est pas fait. Parce qu’au-delà du talent, il faut aussi avoir  de la chance dans tout ce qu’on fait aussi et je pense que la chance, je l’ai un peu manquée tout au long de ma carrière sur certains points. Je n’ai en revanche pas de regret par rapport à ça parce qu’il y en a qui étaient plus talentueux que moi et qui n’ont pas eu la chance d’évoluer en pro. C’est pourquoi je suis resté en Belgique, il y a eu des contacts pour d’autres clubs mais ça ne s’est pas fait.

Quel souvenir gardez-vous d’Ostende ?

Le KV Ostende restera à jamais le club de mon cœur parce que j’ai tout connu là-bas en tant qu’être humain, en tant que professionnel, au niveau de l’épanouissement de l’Homme, pour moi, ça restera à jamais.

Ce club vous tient particulièrement à cœur. Vous êtes venus en aide au club lors de la pandémie du COVID 19…

C’est vrai que le club a connu une période difficile à la fin de la saison 2019-2020 et il fallait vraiment faire quelque chose pour lui. Et avec un coéquipier décédé malheureusement il y a quelques mois, paix à son âme, on avait décidé de faire une collecte de fonds pour pouvoir venir à la rescousse du club même si c’était vraiment énorme le montant. Mais le geste était déjà pour prouver l’amour qu’on avait pour le club, le KV OSTENDE. On a essayé et le public, les fans ont adhéré au projet et on a quand même récolté pas mal d’argent. Heureusement aussi qu’il y a eu un repreneur et cet argent qu’on avait collecté, ça a pu servir pour des aides sociales un peu dans la ville, ça veut dire aussi que ce n’était pas mal l’initiative et je profite aussi pour souhaiter à mon ex coéquipier de reposer en paix. Franck Berrier, repose en paix frère.

Votre nom a circulé pour un retour à Ostende. Pourquoi finalement cela ne s’est plus fait ?

C’est vrai que mon nom a été cité, les supporters et les fans voulaient absolument que je revienne, moi aussi, j’étais prêt pour revenir mais il y a eu une nouvelle philosophie qui s’est placée au club, il fallait miser sur les jeunes et  ça ne s’est pas fait. Mais, je ne l’ai pas mal pris, je suis toujours supporter du club  et ça, ce sera à vie. Mais comme je dis, le club a une nouvelle philosophie, c’est de pouvoir compter sur les jeunes pour les revendre à la longue…

Quel regard portez-vous sur la sélection nationale actuelle ?

Comme tout camerounais, je suis les lions indomptables parce qu’on est d’abord supporter et on ne peut pas s’empêcher de regarder toujours. C’est les Lions indomptables, c’est notre fierté. Donc, j’ai toujours un œil sur les Lions, surtout que j’ai encore pas mal de coéquipiers là-dedans. C’est toujours cool de les voir jouer.

Pensez-vous qu’elle pourra remporter la CAN à domicile ?

Ce n’est jamais facile au pays organisateur de remporter un tournoi parce que la pression est énorme et ce sera le cas au Cameroun aussi surtout que l’attente est énorme et tellement énorme que j’espère que ça ne va pas peser sur les gars. Mais il faut aussi beaucoup de chance, le tournoi se joue chez nous, les gars seront motivés et je pense qu’ils ont les armes pour pouvoir aller au bout mais les autres aussi sont aussi prêts pour venir défendre leurs chances au Cameroun. Donc, ça va être un tournoi vraiment énorme et en tant que camerounais, j’espère qu’on pourra remporter notre sixième étoile.

Un match important attend les Lions Indomptables du Cameroun le mois prochain. Ce sera la Côte d’Ivoire, pour la dernière journée des matches en poule des éliminatoires de la coupe du monde. Que doit faire le Cameroun pour remporter de match ?

Non, je n’ai pas de conseil à donner aux lions. Ce match face à la Côte d’Ivoire, c’est le match pour se qualifier aux barrages pour la Coupe du Monde, donc, je ne vois pas une autre motivation supplémentaire  que celle-là. Les gars savent ce qu’ils doivent faire. Au staff technique de trouver les bons hommes aux bons postes pour pouvoir jouer ce match parce que ce sera un match d’hommes. Et comme je dis, ils ont deux pieds, on en a deux aussi, on joue à la maison, il n’y a pas une autre motivation supplémentaire. Les camerounais n’attendent que ça, les supporters seront derrière et j’espère que tout le monde, toute la nation seront derrière les Lions indomptables pour pouvoir les pousser plus haut et pour qu’ils puissent gagner ce match. Ils savent ce qu’ils doivent faire et moi, je n’ai pas de doute, ils le feront et à la fin, on verra.  Je n’ai pas de conseil supplémentaire à faire, pas du tout, ce sont les Lions indomptables et ils doivent rugir.

Comment appréciez-vous la préparation globale du Cameroun pour cette compétition?

Je pense que pour une fois, pour une préparation globale de cette compétition, le Cameroun a mis les moyens pour avoir les infrastructures adéquates. Je pense que depuis qu’on est camerounais, on n’a jamais vu de tels stades, c’est une fierté pour nous. J’espère juste qu’après la compétition, on saura mieux les entretenir et que dans la conscience de chaque camerounais, on essaie aussi de s’adapter par rapport à ces infrastructures qui ont été mises en place parce qu’il faut aussi une question de bonne civilité parce que c’est important que des gars savent que c’est des joyaux et qu’l faut savoir les entretenir et chacun doit le faire à son niveau. Je pense que vous savez de quoi je parle, c’est la propreté et je pense que tous les camerounais vont vraiment se mettre dans la même direction par rapport à ça. Sinon, on espère une bonne compétition en tout cas.

Sébastien Siani, Merci !

C’est moi qui vous remercie.