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Exclu-Comores : Said Athouman « Prêts à régaler nos supporters »

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L’un des précurseurs de ce nouveau projet de la Fédération Comorienne de Football, qui a abouti à la première qualification des Cœlacanthes à une phase finale de la CAN, Said Ali Said Athouman est un président heureux. Au début de l’histoire, il a aussi eu le bonheur de voir son rêve se réaliser, et ses idées se concrétiser. Une qualification des Comores à la Coupe d’Afrique des Nations qui est une première pour une équipe composée en majorité des joueurs moins connus sur l’échiquier footballistique. Dans un entretien exclusif accordé à notre rédaction (Africa Foot United), Said Ali Said Athouman est revenu sur cette première qualification historique des ses poulains et sur le projet de base ayant abouti à cette première.

M. le président de la Fédération, heureux de cette qualification ?

« Bien sûr que je suis heureux. Je suis un président heureux et comblé. Nous l’avons voulu et nous l’avons fait. C’est la preuve qu’avec la volonté on peut déplacer des montagnes. Ce n’était pas facile au début. Mais les résultats sont là. Je dis bravo à tout le monde. »

Pourtant ce projet a connu un premier échec. Racontez-nous un peu de quoi il s’agit.

« Je suis l’un des architectes de ce projet car j’étais là depuis le début. J’ai intégré le comité exécutif en 2007 avec comme Président Salim Tourqui qui avait pour ambition de relever le niveau du football comorien et de lui donner de la visibilité. Il a fait appel à Amir Abdou en 2014 et celui-ci a décidé de relever le défi. En 2018 quand j’ai été élu Président j’ai redoublé d’efforts et j’ai mobilisé des moyens pour que nous puissions franchir un cap ce qui nous a permis de battre le Malawi et de tenir la dragée haute au Cameroun et au Maroc. Souvenez-vous du match que nous avons perdu de manière injuste au Maroc. C’est aussi pendant cette période que les locaux ont réussi à participer pour la première fois à un quart de finale du COSAFA après avoir terminé premier de leur groupe. Il y a eu une période de 15 mois de normalisation où le comité en place à pris le relais et a réussi à mobiliser le staff et à obtenir de bons résultats dans le cadre des éliminatoires de la CAN. Les joueurs étaient convaincus du projet, ce qui nous a facilité la tâche. Puis, j’ai été réélu le 30 janvier dernier (2021, ndlr) avec mon comité exécutif et il était de notre devoir de parachever ce beau parcours des Cœlacanthes qui nous ont offert cette qualification historique à la CAN. »

A qui revient le mérite de ce travail formidable ?

« Le mérite revient à Amir Abdou (le coach des Comores, ndlr), à son staff et aux joueurs sans oublier ceux qui étaient avec eux mais qui ne sont plus là. Bravo aux médias comoriens qui nous ont soutenus et à tous les comoriens plus particulièrement les supporters des Cœlacanthes d’ici et de la diaspora. Une mention spéciale au Gouvernement et au Chef de l’Etat qui nous a accompagnés et qui a mis à notre disposition les moyens qui nous ont permis de réaliser ce rêve de tous les comoriens. »

Comment comptez-vous vous préparer ?

« Il nous faut maintenant travailler davantage pour que nous soyons à la hauteur de cet évènement phare du football africain. Nous devons aussi convaincre certains joueurs comoriens de rejoindre la sélection car nous allons faire face à certaines nations dont les joueurs évoluent dans les plus grands clubs européens. Nous devons tous nous mobiliser pour faire bonne figure à la CAN et continuer à tenir tête à de grandes nations du football africain comme nous avons su le faire par le passé et lors de ces éliminatoires. Cela passe davantage par la mobilisation de ressources entre autres financières pour que nous puissions nous préparer convenablement. Il nous faut comme je l’ai souligné, un répertorier de nos meilleurs joueurs, notamment les professionnels qui évoluent dans différents pays et les convaincre de renforcer l’équipe nationale. Nous avons joué notre dernier match contre l’Égypte au Caire mais nous devons nous attendre à affronter de grandes nations du football comme l’Algérie, le Cameroun, le Nigeria, le Maroc et d’autres et rien ne doit être laissé au hasard. Il nous faut être prêts à régaler nos supporters et leur permettre de vivre des moments qui seront gravés à jamais dans leurs mémoires et dans leurs cœurs. Nous voulons prouver que, bien qu’étant une petite nation de par la superficie, de par la population et de par les moyens, nous sommes capables d’obtenir des résultats en travaillant dur et intelligemment. Nous avons des objectifs qui peuvent paraître très ambitieux mais c’est en mettant la barre haute que nous nous obligeons à travailler d’arrache-pied et à pouvoir obtenir des résultats. Nous ne jouons pas les éliminatoires de la coupe du monde notamment au mois de juin. Le staff technique va nous proposer tout un programme de préparation qui tournera essentiellement sur l’organisation de matchs amicaux, ou la participation à des tournois comme le COSAFA ou la ligue arabe des nations qui se tiendra au Qatar au mois de décembre. Finalement, ce sont les propositions du staff technique qui seront retenues. C’est le staff qui est le mieux indiqué pour se prononcer et faire des choix. »

Après la CAN, quels sont vos autres objectifs ?

« Dans un premier temps, nous souhaiterions dans la lancée de cette qualification, viser une qualification aux jeux olympiques de 2024 et nous qualifier pour la coupe du monde 2026. Cela nous oblige alors à miser et à investir sur la formation des différents acteurs du football, à améliorer les infrastructures et donc à mobiliser les fonds nécessaires à la réalisation des différents projets. L’atteinte de ces objectifs est conditionnée par la bonne gouvernance et l’usage des bonnes pratiques. Ce ne sera pas facile mais le travail et l’effort finissent par payer. Outre que cela, je souhaiterais avant tout réussir à donner davantage de visibilité à mon pays grâce au football. En dehors des résultats sportifs, nous pouvons être aussi un modèle de gouvernance en prouvant qu’avec des moyens limités mais avec beaucoup de volonté et d’imagination, il est possible de mettre en place des programmes et des projets qui peuvent vous permettre de vous hisser, au niveau des plus grands. La solidarité, le collectif, l’esprit d’équipe, l’abnégation. Le fighting spirit est une valeur que nous véhiculons et sur laquelle nous nous appuyons pour être performants et être capables de rivaliser avec des nations dont les joueurs évoluent dans de grands clubs européens. »

Si vous avez un mot à dire aux joueurs et au staff technique, qu’allez-vous leur dire après ce pari réussi ?

« Comme je l’ai dit, le mérite leur revient car ils se sont donnés corps et âme pour réaliser leur rêve et le rêve de tous les comoriens. Ils peuvent compter sur le comité exécutif et le soutien de tous les comoriens pour qu’ils aillent de l’avant et qu’ils rendent encore plus fière la nation comorienne dans toutes ses composantes. Ils ont aussi, comme d’autres avant eux, écrit l’histoire de la nation comorienne. L’équipe nationale et le football deviennent ainsi une source d’inspiration pour beaucoup de comoriens et pour d’autres secteurs notamment de l’activité économique avec comme valeurs phares la compétence et le mérite. »