Depuis son choix de représenter l’Algérie en 2023, Houssem Aouar suscite autant d’attentes que d’interrogations. Talent indéniable, formé au plus haut niveau européen, il semblait destiné à devenir un élément central du jeu des Verts. Pourtant, à mesure que les échéances s’enchaînent, une question revient avec insistance : pourquoi continuer à miser autant sur lui ?
La dernière Coupe d’Afrique des Nations a apporté un début de réponse. En effet, l’Algérie a démontré qu’elle pouvait évoluer de manière cohérente et compétitive sans Aouar. Son absence n’a pas déséquilibré l’équipe, bien au contraire. Le sélectionneur Vladimir Petkovic a trouvé des alternatives crédibles, à commencer par Himad Abdelli, qui a su saisir sa chance et s’imposer dans la rotation, voire dans le onze de départ.
Les chiffres d’Aouar en sélection interrogent également. Depuis 2023, il a disputé 19 matchs, mais en a manqué près de 17, sans compter plusieurs rencontres passées sur le banc. Une irrégularité largement due à des blessures à répétition, qui freinent sa progression et empêchent toute continuité. À ce niveau, la constance est pourtant essentielle pour s’imposer durablement.
Sur le plan statistique, le bilan reste modeste. Avant son récent but contre le Guatemala lors des journées FIFA, il n’avait plus trouvé le chemin des filets depuis 2024, lors de la victoire 5-1 contre le Togo. Au total, Aouar affiche 6 buts et une seule passe décisive sous le maillot algérien. Des chiffres loin des attentes placées en un joueur censé dynamiser l’entrejeu et apporter une réelle plus-value offensive.
Au-delà des statistiques, c’est surtout l’impact global sur le jeu qui pose question. L’équipe semble avoir trouvé d’autres équilibres, d’autres circuits de jeu, sans dépendre de lui. L’émergence de nouveaux profils et la montée en puissance de certains cadres rendent son rôle moins évident qu’auparavant.
Dès lors, l’insistance autour d’Aouar peut surprendre. Faut-il continuer à lui accorder du temps en espérant un déclic, ou privilégier des joueurs plus réguliers et disponibles ? Le débat reste ouvert. Une chose est sûre : dans une sélection en quête de stabilité et de résultats, le mérite et la forme du moment devraient primer sur le statut.
