Elim CAN 2021 (Sierra Leone – Bénin) : La FIFA et la CAF doivent éclaircir la situation selon Michel Dussuyer

La page de la situation rocambolesque qui s’est produite à Freetown entre le Bénin et la Sierra Leone est loin d’être tournée. C’est l’image de tout le football africain qui est ternie et il urge que la CAF et la FIFA y fassent la lumière selon Michel Dussuyer. Il raconte le film d’un voyage qui […]

Avatar de Jules S. Tovodounon Par 02/04/2021 - 23:15
Elim CAN 2021 (Sierra Leone – Bénin) : La FIFA et la CAF doivent éclaircir la situation selon Michel Dussuyer

La page de la situation rocambolesque qui s’est produite à Freetown entre le Bénin et la Sierra Leone est loin d’être tournée. C’est l’image de tout le football africain qui est ternie et il urge que la CAF et la FIFA y fassent la lumière selon Michel Dussuyer. Il raconte le film d’un voyage qui a tourné en une guerre psychologique à Freetown.
Partie de Cotonou avec 80 personnes, la délégation béninoise se serait retrouvée à Freetown avec cinq cas positifs au Covid-19 à Freetown selon les Sierra Léonais. Cinq joueurs qui ne sont que des titulaires du 11 entrant des Ecureuils pour la rencontre contre les Leone Stars, dans le cadre de la 6è journée des éliminatoires de la CAN 2021. Au-delà de l’annonce, c’est la réalisation et la présentation des tests Covid-19 pour les visiteurs qui posent problème. C’est la suite logique d’une succession de faits suspects, raconte Michel Dussuyer.
« Nous n’avons pas subi de test à l’arrivée, ce qui est assez étonnant dans ce contexte de pandémie. Nous sommes allés directement à l’hôtel. Notre installation s’est faite sans problème. Mais déjà, je trouvais bizarre que nous n’ayons pas eu de test à l’aéroport », explique le sélectionneur des Ecureuils. C’est le début d’une histoire louche qui va poursuivre son cours le lendemain quand une équipe médicale se présente finalement pour les tests Covid.
« Une équipe médicale est venue à l’hôtel (lundi matin) à 11 heures. Ils nous ont demandé de fournir des paperasses, de remplir des formulaires, tout ça pour chaque joueur. Cela a pris du temps. On a dû commencer à faire les tests à 12h30 ou 13 heures. On part ensuite s’entraîner et effectuer la reconnaissance du terrain. Tout se passe normalement », raconte-t-il. Jusque-là, les Béninois étaient encore loin d’imaginer la supercherie à laquelle ils seront confrontés le jour du match.
« Nous n’avons aucune nouvelle des autorités médicales. Je fais ma causerie, on s’en va au stade. Nous montons dans le bus à 13h50 pour démarrer à 14 heures. Le trajet vers le stade prend un peu de temps, d’autant que nous sommes arrêtés deux fois sur le chemin. Nous arrivons au stade à 14h25, en même temps que les Sierra Léonais. Dans les temps donc, puisque j’aime bien arriver une heure et demie avant le match. J’apprends alors qu’une fois le bus parti, le docteur s’est pointé à l’hôtel pour informer le président de la FBF, Mathurin De Chacus, et le ministre des sports, Oswald Homeky, que nous avions cinq joueurs positifs », se rappelle t-il.
C’est la stupeur ! Des ambulances arrivent avec pour objectif d’emmener les cinq joueurs supposés positifs. Ce qui reçoit l’opposition catégorique du ministre des sports béninois qui demande aux joueurs et au staff de rester dans le bus en attendant un éventuel dénouement. Pour Dussuyer, il n’y a aucun doute. C’était un coup monté. « Le fait qu’ils ne nous testent pas à l’arrivée était bizarre. Ils avaient, je pense, prévu leur coup en nous testant la veille pour pouvoir justifier de sortir les tests très peu de temps avant le match », déclare-t-il dans une interview accordée à Football365.
Commencent alors pour les Ecureuils, des heures de galère et de torture psychologique. « C’était l’incertitude totale. Dans ces moments-là, il faut rester calme et patient. C’est le message que j’ai délivré. Laissons les dirigeants discuter et attendons un hypothétique dénouement. Nous avons reçu un message de la CAF annonçant que le coup d’envoi serait donné trois heures après l’horaire initialement prévu. Mais le temps de retourner à l’hôtel et de refaire le trajet, c’était trop court. On sera resté plus de quatre heures dans le bus pour rien à l’arrivée », a lâché Michel Dussuyer.
Le match, finalement annulé, sera reporté par la CAF au mois de juin. Une période qui s’annonce déjà chargée pour l’équipe béninoise avec les éliminatoires de la Coupe du Monde 2022. Mais pour le sélectionneur du Bénin, cette situation ne saurait être réglée par un simple report du match. « La CAF et la FIFA doivent éclaircir la situation. Les choses sont simples : ou bien les joueurs étaient vraiment positifs, ou bien, s’il s’agissait de « faux positifs », c’est qu’il y a eu tricherie sur les tests, et les tricheurs doivent être sanctionnés. Cette affaire mérite une enquête », réclame le technicien français des Ecureuils du Bénin.
Pour mettre fin à la pratique malsaine faite des tests Covid, Michel Dussuyer se demande « Pourquoi ne pas envoyer un médecin avec l’équipement mobile nécessaire pour tester les deux effectifs ? Si besoin en prenant des responsables médicaux d’autres fédérations », préconise t-il dans les colonnes de Football365.

 

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Je suis Jules Sessiwèdé Tovodounon, journaliste reporter sportif béninois spécialiste des questions du football à Africa Foot United. Je suis aussi passionné du basketball, du tennis et du handball.
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