Djamel Belmadi

Djamel Belmadi

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L’histoire de Djamel Belmadi à la tête de la sélection algérienne, a commencé le mercredi 1er août 2018 à Paris. Il y signe un contrat de quatre ans avec la Fédération algérienne de football (FAF). Objectif : la qualification des Fennecs à la CAN-2019 en Égypte ensuite le Mondial-2022 au Quatar. Ainsi, Belmadi succède à Rabah Madjer, lui-même successeur d’Alcaraz, à la tête d’une équipe d’Algérie en perdition depuis sa brillante participation au Mondial brésilien où elle a atteint les huitièmes de finale.

« C’est un choix intéressant de lui avoir confié la sélection. Il a les compétences et le caractère pour réussir », déclarait l’ancien sélectionneur algérien, Nasser Sandjak, dans une interview au quotidien Algérie Soir… « Seulement, il faut qu’on lui foute un peu la paix et qu’on le laisse travailler, mettre ses idées en place », prévient Sandjak. Sa voix a été entendue puisque Belmadi a travaillé dans les conditions d’un sélectionneur libre de ses choix. « Djamel a fait comprendre qu’il ne transigerait pas, avec qui que ce soit, et que tout joueur manquant de sérieux irait droit dans le mur. Il a toujours été très soucieux d’une certaine justice, et du comportement, dans les choix de joueurs. Ils sont obligés de suivre », déclarait Brahim Hemdani, son ancien partenaire à l’OM entre 2001 et 2003, sur RMC Sport.

A sa signature, Djamel Belmadi ne faisait pas l’unanimité auprès de la presse locale. Pourtant, l’ancien milieu offensif de l’Olympique de Marseille (2000-2003) fait rapidement ses preuves à la tête de la sélection algérienne, son groupe n’a concédé qu’une seule défaite, lors d’un déplacement au Bénin en Octobre 2018 (1-0). Depuis cet échec, les Verts ont remporté huit rencontres et concédé trois nuls.

Qualifié pour la CAN-2019 en Egypte comme le stipulait le contrat, Belmadi annonce les nouvelles couleurs : « Nous avons l’ambition d’aller gagner cette CAN ». Homme discret, réputé méticuleux, proche des joueurs et ambitieux, et avec un caractère à la José Mourinho, il ne marche pas ses mots en ce qui concerne les prises de décisions.

Djamel Belmadi passe son premier test à la tête de la sélection algérienne lors de la CAN-2019 en Égypte qu’il remporte avec brio et devient un héros national. Djamel Belmadi a su redonner à l’Algérie « une âme en un laps de temps si court, un temps surtout dédié à remettre de l’ordre dans une équipe qui s’est retrouvée à tourner en rond» après le Mondial-2014, « qui l’avait vu sortir avec les honneurs », estime le quotidien Le Soir d’Algérie, qui qualifie ce sacre d’« acte de renaissance ».

Pour le quotidien gouvernemental El Moudjahid, Djamel Belmadi est un « devin » car, dès sa nomination à la tête des Verts en août 2018, il avait déclaré qu’il était temps d’«apprendre à gagner la CAN à l’extérieur».

« Cinquante jours après, ce vendredi 19 juillet au stade du Caire, le coach des Verts a prouvé que son ambition n’était pas démesurée », fait remarquer le site TSA (Tout Sur l’Algérie). Fin tacticien, Belmadi a prouvé aux yeux des Algériens qu’il pouvait réussir là où tous ont échoué en moins d’un an et donner un titre à son pays.

Palmarès de Belmadi en tant qu’entraîneur

Durant sa carrière, Djamel Belmadi, formé au Paris-Saint Germain, a beaucoup voyagé. En France (PSG, Martigues, Cannes, Marseille, Valenciennes), en Espagne (Celta Vigo), au Qatar (Al-Gharafa, Al-Kharitiyath) et en Angleterre (Southampton).

L’entraîneur qu’il est devenu, dès 2010, s’est révélé plus casanier. «Il a contribué à bâtir le club de Lekhwiya, le club de l’émir du Qatar», souligne Ouaddou. Belmadi y est resté deux ans, avant de prendre en mains la sélection nationale, d’abord (2013-2014), ensuite (2015) et de revenir sur le banc de Lekhwiya, rebaptisé Al-Duhail, de juillet 2015 jusqu’à sa signature avec la Fédération algérienne.

En un peu plus de sept ans, il s’est aussi construit un palmarès fourni, tant en club (neuf titres, dont quatre de champion), qu’avec la sélection (une Coupe du Golfe et un championnat d’Asie de l’Ouest) sans oublier le titre de champion africain en 2019. Belmadi a gagné avec toutes les équipes qu’il a coachées et s’est même retrouvé dans la liste des nominés pour le titre d’entraîneur FIFA de l’année après avoir remporté celui de l’Afrique.

Interrogé sur sa prochaine ambition, il déclare : « La plupart des pays africains qui vont en Coupe du monde y vont pour la figuration mais moi, je pense qu’en 2022, l’Algérie ne sera pas là-bas pour donner des points mais plutôt arriver en finale et sur ce point j’y travaille déjà ». Une déclaration considérée en Algérie comme une parole de prophétie connaissant celles qu’il avait faites avant la CAN et qu’il a fini par remporter.