L’expérience vécue par l’Algérie et ses supporters lors de la Coupe d’Afrique des Nations 2025 organisée au Maroc pose une question de neutralité et de sécurité. À l’horizon de la Coupe du monde 2030, co-organisée par le Maroc, l’Espagne et le Portugal, la FIFA ne peut ignorer les signaux d’alerte.
La CAN 2025 au Maroc a laissé un goût amer à l’Algérie. Dès l’amont de la compétition, de nombreux supporters algériens ont éprouvé de réelles difficultés à se rendre au Maroc, entre contraintes logistiques, obstacles administratifs et incertitudes sécuritaires. Une fois sur place, l’accès aux stades s’est parfois révélé compliqué, ce qui renforce le sentiment d’exclusion.
Dans les tribunes, l’ambiance n’a jamais été neutre. À plusieurs reprises, les supporters algériens ont été chambrés, ciblés, parfois marginalisés. Plus encore, lors des rencontres de l’Algérie, une frange notable du public marocain a systématiquement soutenu les adversaires des Fennecs dans une atmosphère lourde, loin de l’esprit de fraternité que le football africain est censé incarner.
Quand le sport devient un prolongement des tensions politiques
Il serait naïf de dissocier totalement le football du contexte géopolitique régional. Les relations tendues entre le Maroc et l’Algérie se sont invitées dans les stades et transformer certaines rencontres sportives en espaces de rivalité exacerbée.
Or, une compétition internationale majeure ne peut prospérer dans un climat où une sélection et ses supporters se sentent indésirables, observés ou sous pression. Le football ne doit pas devenir un terrain d’expression des antagonismes politiques.
Mondial 2030 : la FIFA face à ses responsabilités
La Coupe du monde 2030 représente un défi organisationnel et symbolique immense. Le Maroc accueillera plusieurs matchs sur son sol. Dans ce contexte, la FIFA a le devoir d’anticiper. Pour préserver l’équité sportive, la sécurité des supporters et la sérénité des joueurs, il apparaît nécessaire que l’Algérie ne dispute pas ses matchs au Maroc si elle se qualifie. Cette mesure ne serait ni une sanction, ni une faveur, mais une décision préventive, dictée par l’expérience récente et le principe de neutralité.
Au-delà de l’équipe nationale, c’est la question des supporters algériens qui se pose. Les encourager à se déplacer dans un environnement perçu comme hostile serait irresponsable. Aucun fan ne devrait assister à une Coupe du monde avec la peur d’être mal accueilli, stigmatisé ou exposé à des tensions inutiles.





