Copa América 2019 : L’Argentine hantée par les fantômes du passé

Copa América 2019 : L’Argentine hantée par les fantômes du passé

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Seuls deux joueurs qui avaient foulé la pelouse du Maracana ce 13 juillet 2014 sont dans le groupe de Lionel Scaloni pour la Copa América: Messi et Sergio Agüero, entré à la mi-temps à la place de Lavezzi. 

Angel Di Maria avait aussi joué ce Mondial, mais une blessure l’avait privé de la finale.

Une chose est sûre: même si le stade ne lui rappelle pas forcément de bons souvenirs, Messi y sera accueilli à bras ouverts. 

Lundi, jour où le numéro 10 a fêté ses 32 ans, les gérants du Maracana lui ont offert un joli cadeau d’anniversaire: une invitation pour laisser ses empreintes de pieds au panthéon du foot, aux côtés de celles d’une centaine de légendes, comme Pelé, Ronaldo ou Ronaldinho.

Seuls six joueurs non Brésiliens ont reçu cet honneur, parmi eux l’Allemand Beckenbauer ou l’Uruguayen Alcides Ghiggia, auteur du but décisif du célèbre « Maracanazo » du Mondial-1950.

Le pire traumatisme de l’histoire de la Seleçao, avec le 7-1 de la demi-finale contre l’Allemagne au Mondial-2014, au stade Mineirao de Belo Horizonte.

 Retrouvailles avec Maturana 

Pour l’Argentine, un cataclysme similaire a eu lieu le 5 septembre 1993, lors des éliminatoires de la Coupe du Monde de l’année suivante. 

Une raclée 5-0 face à la Colombie, devant plus de 53.000 spectateurs médusés au stade Monumental de Buenos Aires, forçant l’Argentine à disputer les barrages pour valider son billet pour les Etats-Unis.

Le sélectionneur colombien de l’époque, Francisco Maturana, se retrouvera à nouveau sur le chemin de l’Albiceleste vendredi: il vient tout juste d’intégrer le staff du Venezuela.

Juste avant la Copa América, le légendaire ‘Pacho » a été nommé assistant de Rafael Dudamel. Maturana, 70 ans, a été embauché pour apporter une touche d’expérience à une sélection Vinotinto en pleine évolution ces dernières années. 

« Nous savons que c’est un homme très expérimenté, qui respire le football et nous apportera un vrai plus, notamment en termes d’état d’esprit », a affirmé avant le tournoi le défenseur vénézuélien Ronald Hernandez.

Avant même l’arrivée de Maturana, le Venezuela avait créé la surprise en battant l’Argentine de Messi 3-1 en match amical, en mars dernier, à Madrid.

De quoi relativiser le statut de favori d’une Albiceleste qui a connu les pires difficultés pour se qualifier pour les quarts de finale. 

Les hommes de Lionel Scaloni ont subi une rude défaite 2-0 face à la Colombie, avant de faire match nul contre le Paraguay (1-1) et de battre le Qatar 2-0 sans convaincre, terminant la phase de groupes avec quatre points. 

Le Venezuela, lui, en a décroché cinq, en n’encaissant qu’un but lors de la victoire 3-1 contre la Bolivie, après avoir tenu en échec le Pérou, et surtout le Brésil (deux 0-0).

Mais ‘Pacho’ Maturana n’est pas seulement synonyme de malheur pour les Argentins. Le 26 juin 1993, moins de trois mois avant la débâcle du Monumental, sa Colombie avait été battue aux tirs aux buts par l’Argentine de Batistuta en demi-finale de la Copa América, en Equateur.

Huit jours plus tard, l’Albiceleste allait soulever son 14e et dernier trophée continental. Messi avait six ans et une grande partie des joueurs actuels n’étaient pas encore nés.