D’une star à Liverpool à une seconde roue en Hongrie, le contraste est brutal. Hier soir, lors du déplacement de Ferencváros sur la pelouse de PFC Ludogorets Razgrad en Ligue Europa, Naby Keïta est resté cloué sur le banc.
Il s’agit d’un symbole fort car il fut un temps où le milieu guinéen était l’un des joueurs les plus convoités d’Europe. Recruté à prix d’or par Liverpool en 2018 après avoir explosé sous les couleurs du RB Leipzig, Keïta incarnait alors le prototype du milieu moderne : technique, explosif, capable de casser les lignes balle au pied.
En Guinée, on le comparait même à Deco, tant son élégance et sa créativité illuminaient le jeu. Aujourd’hui, le voir relégué au rang de simple remplaçant en Hongrie illustre une chute aussi lente que spectaculaire.
Une ascension fulgurante puis l’engrenage
Formé en Guinée, passé par Istres en France, révélé en Autriche avec Salzbourg puis propulsé sur la scène européenne à Leipzig, Keïta gravit les échelons à une vitesse impressionnante.
À Liverpool, il rejoint une équipe en pleine construction sous Jürgen Klopp. Sur le papier, tout est réuni pour qu’il devienne un cadre du projet. Mais très vite, les blessures s’enchaînent. Elles cassent son rythme, freinent sa progression et l’empêchent de s’imposer durablement dans un entrejeu pourtant à sa portée.
Une influence déclinante en sélection
Même avec le Équipe de Guinée de football, où il portait le brassard et incarnait l’espoir de toute une génération, la dynamique s’essouffle.
Longtemps moteur du Syli National, Keïta voit peu à peu son impact diminuer, miné par son irrégularité physique et son manque de continuité au haut niveau. L’image du patron capable de tirer son pays vers le haut laisse place à celle d’un leader en difficulté.
Le pari Ferencváros déjà fragilisé
Son arrivée à Ferencváros devait être celle d’une renaissance. Un nouveau départ. Un environnement moins exigeant pour relancer la machine.
Mais les faits sont là, rester sur le banc lors d’un rendez-vous européen majeur contre Ludogorets en dit long sur sa situation actuelle. De joueur clé à option secondaire. De maestro annoncé à rotation de luxe.
Une trajectoire qui interroge
À 31 ans, Naby Keïta n’est pas encore au crépuscule de sa carrière. Mais sa trajectoire pose une question simple : jusqu’où aurait-il pu aller sans les blessures ?
Celui qu’on présentait comme le cerveau du futur milieu de Liverpool se retrouve aujourd’hui à lutter pour du temps de jeu en Hongrie. La chute n’est peut-être pas définitive. Mais elle est, pour l’instant, incontestable.






