La Tunisie a été éliminée ce samedi par le Mali après la séance des tirs au but (1-1, tab 3-2), en huitièmes de finale de la CAN 2025. Une élimination douloureuse qui a poussé Hannibal Mejbri à livrer un discours cash et sans concession en zone mixte.
Une sortie prématurée qui laisse des traces
Opposés au Mali, les Aigles de Carthage ont cru en fin de match pouvoir poursuivre leur aventure dans cette CAN 2025. Mais après un match âprement disputé et conclu sur un score de parité (1-1), les Tunisiens ont fini par céder lors de la séance des tirs au but.
Une élimination de plus à ce stade de la compétition, qui prolonge une série de désillusions pour une sélection en quête de repères et de constance sur la scène africaine.
Hannibal Mejbri dit tout sans détour
Au sortir de la rencontre, Hannibal Mejbri, meneur technique de la sélection tunisienne, n’a pas cherché à masquer sa frustration. En zone mixte, le milieu de terrain a livré un constat sévère mais assumé : « En fait, je n’ai pas envie d’être détesté pour ce que je vais dire. Peut-être que mes propos seront mal compris, mais nous sommes en retard. Aujourd’hui, je peux le dire clairement : on est vraiment en retard dans le football. Et cela fait dix ans que ça dure. On ne peut pas continuer comme ça. Il faut s’asseoir et se poser vraiment des questions. » Un discours rare par sa franchise, dans lequel le joueur appelle à une remise en question profonde du football tunisien.
Un appel à reconstruire tout le football tunisien
Hannibal Mejbri ne limite pas son analyse aux résultats sportifs. Pour lui, c’est l’ensemble de l’écosystème qui doit être repensé : « Il faut qu’on réapprenne, vraiment tout. Tous les métiers du football : du premier travaille qui peut être dans le football, du garde de matériel, du garde des terrains, des médias… Tout. On est un pays. C’est le pays qui est en retard, c’est le football tunisien qui est en retard par rapport aux autres nations. »
Le joueur rappelle également le contraste avec le passé glorieux de la Tunisie : « Il y a vingt ans, on organisait une CAN en Tunisie. Il n’en reste plus rien. On n’en parle même pas dans les médias. »
Malgré la déception, Hannibal Mejbri conclut toutefois sur une note d’espoir : « Mais nous pouvons faire mieux. En réalité, nous avons beaucoup de choses positives. »
Une prise de parole forte, qui pourrait marquer un tournant si elle trouve un écho auprès des décideurs du football tunisien.






