La décision du jury d’appel de la Confédération africaine de football (CAF) de retirer au Sénégal son titre de la Coupe d’Afrique des Nations 2025 pour l’attribuer au Maroc sur tapis vert continue de susciter incompréhension et indignation chez de nombreux observateurs du football africain. Mais au-delà de la décision elle-même, un autre élément choque particulièrement : le silence presque total des autres fédérations du continent.
Alors que cette décision constitue un précédent extrêmement grave dans l’histoire de la compétition, aucune fédération majeure n’a publiquement pris position pour dénoncer ou questionner ce verdict. Dans la zone ouest A et B de l’UFOA, pourtant directement concernée par l’équilibre du football régional, aucune réaction officielle n’a été enregistrée. Ni message de soutien, ni appel à la clarification.
Plus surprenant encore, plusieurs grandes nations du football africain se sont murées dans un mutisme total. Des pays comme l’Algérie, l’Égypte, l’Afrique du Sud ou encore le Cameroun n’ont, à ce jour, publié aucune réaction officielle après l’annonce du verdict. Ce silence collectif interroge profondément. Car au-delà du cas sénégalais, la question touche à la crédibilité et à la sécurité juridique de toutes les sélections africaines engagées dans les compétitions organisées par la CAF. Si un titre remporté sur le terrain peut être retiré plusieurs semaines après la finale, aucun pays ne peut raisonnablement se considérer à l’abri d’une telle situation. Aujourd’hui, c’est le Sénégal qui se retrouve privé de son sacre. Mais demain, à qui le tour ? Cette interrogation, de nombreux supporters et analystes la posent désormais avec insistance.
Le manque de solidarité entre fédérations africaines renforce également le sentiment d’isolement du Sénégal dans cette affaire. Dans d’autres confédérations, une décision aussi controversée aurait probablement suscité des prises de position, des débats ou au minimum des demandes d’explications. Sur le continent africain, c’est plutôt la prudence, voire la peur, qui semble dominer. Car pour beaucoup d’observateurs, ce silence n’est pas neutre. Il traduit une crainte diffuse de s’opposer à l’instance dirigeante du football africain. Critiquer la CAF reste, pour certaines fédérations, un risque institutionnel ou politique qu’elles préfèrent éviter.
Pourtant, défendre des principes d’équité sportive ne devrait pas être une prise de risque, mais une responsabilité collective. Le football africain ne peut se construire durablement sur la peur ou le silence.
En restant muettes face à ce qui apparaît pour beaucoup comme une injustice sportive majeure, les fédérations africaines envoient un message inquiétant, celui d’un continent où chacun regarde ailleurs lorsqu’un voisin est frappé.
Mais l’histoire du football l’a souvent montré. Lorsqu’une injustice n’est pas dénoncée, elle finit toujours par se répéter. Et dans ce cas précis, la question demeure plus que jamais d’actualité. Aujourd’hui le Sénégal… demain, qui ?





