La Coupe d’Afrique des Nations 2025, remportée sur le terrain par le Sénégal au terme d’une finale électrique face au Maroc, continue d’être au cœur de la controverse. Battue 1-0, la Fédération Royale Marocaine de Football (FRMF) conteste désormais l’issue de la rencontre et estime avoir été lésée. Une contestation qui place la Confédération Africaine de Football (CAF) dans une situation délicate, coincée entre pressions politiques, considérations réglementaires et respect de l’histoire du football africain.
Pour étoffer sa requête, le Maroc s’appuie sur l’article 82 du règlement de la compétition. Selon la FRMF, le fait que les joueurs sénégalais aient quitté la pelouse pendant plusieurs minutes pour protester contre le penalty sifflé en faveur du Maroc constitue un abandon de terrain. Une situation qui, d’après leur interprétation, aurait dû entraîner la fin immédiate du match et la sanction prévue par le règlement. L’article 82 stipule en effet que « Si, pour n’importe quelle raison, une équipe se retire de la compétition ou ne se présente pas à un match, ou refuse de jouer ou quitte le terrain avant la fin réglementaire du match sans l’autorisation de l’arbitre, elle sera considérée perdante et sera définitivement éliminée de la compétition en cours. Il en est de même pour les équipes préalablement disqualifiées par décision de la CAF ». Sur cette base, le Maroc réclamerait purement et simplement que le trophée soit retiré au Sénégal pour être attribué aux Lions de l’Atlas. Une demande lourde de conséquences.
Motsepe face à un choix explosif
Cette contestation place le président de la CAF, Patrice Motsepe, face à un dilemme majeur. Refuser la requête marocaine pourrait tendre ses relations avec Fouzi Lekjaa, président de la FRMF, avec qui Motsepe entretient des liens étroits. Accepter, en revanche, reviendrait à créer un précédent extrêmement dangereux. Attribuer un trophée sur tapis vert après une finale jouée jusqu’à son terme, validée par l’arbitre et entérinée par les instances sur le moment, serait perçu comme une trahison de l’histoire de la CAN. Ce serait aussi jeter un discrédit profond sur la crédibilité des compétitions africaines, déjà souvent critiquées pour leur gouvernance et leur arbitrage.
La responsabilité de l’arbitre avant tout
S’il devait y avoir des sanctions, la logique voudrait qu’elles soient dirigées vers l’arbitrage, et non vers le Sénégal. Ce sont les décisions, ou indécisions, de l’arbitre qui ont conduit à cette situation chaotique. Malgré le départ momentané des joueurs sénégalais, il n’a jamais sifflé la fin de la rencontre ni acté une décision d’abandon. Le jeu a repris, le match est allé à son terme et le Sénégal l’a remporté sur le terrain. Dans ces conditions, tenir les Lions de la Teranga pour responsables serait injuste. Ils ont protesté, certes, mais dans un contexte de frustration extrême face à des décisions arbitrales controversées, frustrations partagées par plusieurs sélections tout au long de la compétition.
Une CAN 2025 sous tension jusqu’au bout
La CAN 2025, déjà marquée par de nombreuses polémiques, semble condamnée à se terminer dans un climat de tension institutionnelle. La CAF joue désormais gros. Il y a sa crédibilité, son autorité et l’image du football africain qui sont en jeu. Entre le marteau des pressions politiques et l’enclume du respect des règles et de l’équité sportive, l’instance continentale devra trancher avec lucidité. Une chose est sûre : quelle que soit la décision finale, elle laissera des traces durables dans l’histoire de la Coupe d’Afrique des Nations.






